SAS SUE LA NATUBE BB L'ENTENDEMENT DIVIN
noywii de les ooiidiiire à son but immanquablement , malgré toutes les résistances qu'il leur laisse le pouvoir d*oppoier à ses desseins : le moyen de les déterminer au bien doooemeilt, mais fortement, de les y animer par l'espérance, de les y attacher par le goût, de les y fixer par la «rainte du mal , ets'ilsrMstent àsesvues, delesy ramé- Ber par les remmds, cib de les en punir par les supplices ; la moyen d'unir les hommes entre eux par une raison oommnaa, par des inclinations mutuelles, et par des beemns réciproques; le moyen de les subordonner les uns aux aatrsa en mille façons diflérentes, en leur imposant des dbèlê naturels ou éiectife pour gouverner sous ses ordres : des cheUi naturels , en les faisant naître les uns des aubw , des chefe éiectife, en les obligeant par leurs propres intérêts à se donner des maîtres pour être plus libres et plus heureux ; le moyen de les séparer en divers corps de nation , pour faciliter le gouvernement politique par les bornes des États; le moyen de les réunir, après cette espèce de rupture, par le commerce, par les traités, par les alliances, par tout ce qu'on appelle droit des gens; le moyen de maintenir entre les divers peuples , qui composent la société humaine , comme entre les divers tourbillons qui composent le monde purement matériel , un certain équilibre de force qui se conserve ou qui se rétablit toujours par le contre-poids secret de sa providence , malgré les révolutions qui le viennent quelquefois troubler par l'ambition des hommes; le moyen de régler, par rapport à ses fins générales ou particulières , des événements qui dépendent d'un concours d'un si grand nombre de volontés libres; le moyen de prévenir ou de réparer les désordres inévitables dans un état de liberté , qui , vu la corniption de la nature , ne peut manquer d'avoir beaucoup de pente vers la licence ; le moyen même de réparer ces désordres avec avantage, en tirant le bien du mal, ce qui est le chef-d'œuvre de la sagesse du Créateur; le moyen d'armer les uns contre les autres les peuples trans-
grosseurs de ses lois, pour être les uns à l'égard des autres les exécuteurs de sa justice , pendant qu'ils ne songent qu'à exercer leurs propres fureurs ; le moyen de faire entrer dans l'ordre de ses desseins les desseins mêmes que les impies ont si souvent l'audace de former contre sa gloire , leurs conspirations éternelles contre sou vrai culte , leurs combats opiniâtres contre ses mystères , l'incrédulité des uns , la superstition des autres, la persécution des tyrans, les cabales des hypocrites, le décri de ses fidèles serviteurs, et le triomphe apparent de ses ennemis. Je veux dire, en un mot, que c'est dans le trésor infini de la connaissance qu'il a du fond des cœurs que Dieu trouve tous les ressorts, tous les secrets, toutes les lois , toutes les règles , toutes les ressources de sa providence , pour conduire à leur fin et à la sienne les agents libres avec autant de certitude que les agents nécessaires.
Ce sont, Messieurs, les pensées que la méditation de l'idée de l'Être suprême a présentées à mon esprit. Je les ai exprimées comme j'ai pu. Mais je parle devant un prélat éclairé *, dont les lumières qui embrassent tout suppléeront aisément au défaut de mes expressions; devant des géomètres, qui, accoutumés aux plus sublimes théories , en concevront sans doute plus que je n'en ai pu dire ; devant des philosophes profonds, qui savent que dans les matières de la haute métaphysique on découvre plus de choses qu'il n'y a de termes pour les expliquer ; enfin , devant des savants de toute espèce, dont la pénétration me console du peu d'énergie que je trouve dans le langage humain pour parler dignement de la divine intelligence qui nous gouverne.
* Monseigneur le cardinal de LuyneSf alors évéque de Bayeux.