DEUXIÈME PARTIE. — I. Ixxj
•c  Uomc, ce 29 mart i707.
« Mon révérend père ,
« Fax Christi.
« Jo n*ai pas mérité le remerciement que votre révérence a la bonté de me faire, si ce n'est qu*elle compte pour quoique chose la volonté que j*ai eue de lui rendre service. Jo TOUS conseille , mon révérend père , de vous en tenir ù votre dernière lettre , et de passer tranquillement quelques mois qui vous restent do votre théologie. La meilleure apologie est la bonne conduite que je suis assuré que vous tiendrez. Je doute que notre père réponde à votre lettre, qui a paru ici aussi vive qu'elle est spirituelle. Ne pouvant vous servir dans la conjoncture présente, je souhaite de trouver d'autres occasions où je puisse vous mieux marquer l'estime particulière avec laquelle je suis , dans l'union do vos SS. SS.,
mon révérend père , votre , etc.
« G. Daube>ton, s. J. »
André répond immédiatement au P. Daubenton : il suivra les conseils qu'on lui donne ; il renonce à Tappel qa'il avait adressé à Romct il renonce à la philosophie et à la théolc^ic, il renonce même aux matliématiques et aux sciences; il se propose d'entrer dans la carrière de la prédication. En même temps il écrit h son ami le P. Deschamps pour lui annoncer les mêmes résolutions; mais le ton de cette dernière lettre n'est pas tout à fait celui d'une résignatimi abscriue : il pardonne à ses ennemis , mais il s'en moqne un peat et, dans son exil de La Flèche, il conserve les sentiments qm l'animaient an collée de Germent à Paris.
LETTBE AIT P. DAUBENTON.
a Mon très^révérend père, » Je suivrai le conseil que votre révérence me fait Thon* neur de me donner ; et , quoique le silence du révérend père généra) me paroisse encore plus choquant que sa précé-^
l&ij INTRODUCTION.
grâce; il vous seroit libre de me refuser; je vous demande justice , justice pure, telle qu'on l'accorde aux plus scélérats dans la plus inhumaine barbarie ; mais que je sois justifié si je ne suis point criminel. C'est ce que j'attens de votre révérence avant que de partir, etc. »
« A MON RÉVBREND PJERl, LE R. P. ANDRÉ DR LA COMPAGNIE
DE JÉSUS
« Mon révérend père ,
« Pax Christi.
« Je n*ay rien fait sur ce qui regarde votre révérence qu*après une meure délibération et avec conseil de gens fort sages; c'est tout ce. que je puis vous dire quant à présent. Je croyois que le révérend père recteur avoit dit à votre révérence que c'estoit à la Flèche où elle dovoit achever sa théologie. C'est avec regret que je la voy dans une disposition si contraire à la parfaite obéissance. Je la prie d'y faire une sérieuse réflexion. Je me recommando à ses SS. SS. ot je suis plus que personne , avec beaucoup d'estime , de votre
révérence, le très-humble, etc.
« Delaistre. »
Dans cette extrémité , André prend le parti de porter plus haut sa plainte et de s'adresser à Rome , au général même des jésuites. Il lui écrit en latin , le 29 septembre 1706 » une lettre où il demande hardiment justice de la conduite du P. provincial à son égard , et, en Taccusant de partialité , déclare an père général et nous apprend à nous-mêmes qu'il y avait, dans la société de Jésus , plus d'un membre qui , comme André, inclinait aux nouveUcs opinions et les professait même. Il indique un de ses confrères qui avait encouru la même accasati(m et une plus forte encore , mais qui s'en était tiré à l'aide de puissants protecteurs. Quel était ce jésuite encore plus cartésien