DEUXIÈME PARTIE. — II. Imiij
rimr envoyé de Paris à h Mùclio , on le rcli-gac de ce coHge important dans Tobsciir collège d'Ilesdin en Artois ; de Ik il passe à Amiens, et d'Amiens à Rouen. Pour toe^ustet il but dire que sa circons|iection n*était |)as toajoan très-grande, et qu'il dissimulait assez mal le miment des injustices dont on l'acrablaiL Ainsi, d'après les irais lettres écrites k Malebranche qu'on vient de lire, il semble que, dans les premiers mois de l'année 1707, il était amei tranquille à la Flèche. Tout à coup il apprend tfpBf parmi les membres du conseil du père provincial, qui, en 1700 , avaient été d'avis * de Tenvover de Paris a la Flècfae, se trouvait un homme qui lui a^ait autrefois témoigné beaucoup d*aniitié et qui , dans celte occasion , se lenit tourné contre luL André s'anime à cette idée et hi écrit pour lui demander une explication. Ce père jésuite, si sévère envers André, s'appelait Hervé Guymond, homme alors considérable dans sa compagnie , et qui joignait à des vertus réelles trcs-i>eu de lumières et ua lèle outré \
' lytptéË la contliUiUon de U lociété , comme il y avait à Home, auprès da |6néral,des représentants des dîTerses nations sous le nomd'cU' aistanlt, de même, au centre de chaque province, il y avait aupn^s da fèn proTtnclal des conseillers, cofi«M/rore«^ dont il devait prendre l'avis dm toiiieqoettion importante. Uctjutœ stwietatis Je8u,Rfmur, in CoUegh tiutdtm êoeietaiU, 1583, p. 37. « Rigcla paovijiaAUs. CtmtiUtùres quatuor habebit a generali designutos in iin loeis ubi frcqucnlius residtit,
qmtÊAfietipoierit,cumqitilMa rea graviores eommtmiealfit quorum
mmi afr eodem générale constiiutui erit ejus admonltor et iociuê, »
' Exlnil des manuscrits de M. de Quens. « Le P. Guimon (aie), d'Or- Mans» aToU été le maître des novices du P. André, qui en parloit avec
glande «sUitie d'une singulière piété; très-austère dans sa vie; il en
partit le bout du nei , n'ayant pas voulu se cbaufTer dans un hiver trèsrude.... aToii professé la théologie A Paris ; penchoil vers le thomisme, persuadé que, dans Tautre système, on donnoit trop à la prévision ei trop peu A la prémotioo , ce qui ne plut pas trop à la compagnie : on
IxXXiv INTRODUCTION. .
« J'ai su depuis peu, lui écrit André, que le procès qu'on me fît l'année dernière avoit passé à la consulte de la province , et que vôtre révérence a été un des juges qui m'ont condamné. Tandis que je n'en ai eu que des soupçons, je me suis tu , quelque bien fondés qu'ils me parussent ; maintenant que j'en ai des preuves certaines, je vous prie , mon révérend père , de me tirer de peine sur une chose que l'on ne m'a jamais voulu bien éclaircir. De quoi est-ce que j'ai été accusé, et «ur quoi m'avêz-vous condamné? Il est assez étrange que j'aie été si rigoureusement puni, et que je ne sache pas encore pourquoi ; cependant il n'est rien de plus vrai. Je ne sçai pas encore les accusations qui ont été formées contre ma doctrine; je sçai seulement, en général, que l'on m'a fait un grand crime d'un peu de bonne opinion que j'ai toujours eue de M. Descartes et du P: Malebranche ; mais, comme je ne crois pas que ce soit là une hérésie ni une nouveauté dangereuse , je ne crois pas non plus que ce soit la seule cause de mon exil. On peut estimer ces auteurs sans suivre leurs opinions. Je ne crois pas qu'il y ait en France un homme assez stupide pour ne point convenir qu'il s'y en trouve de fort raisonnables. D'ailleurs , mon révérend père , mes accusateurs sont trop habiles pour m' avoir accusé seulement en général , et mes juges trop équitables pour m'avoir condamné sur une accusation si peu sensée. Sans doute on aura marqué en détail mes erreurs , cité mes propositions et cité -contre moi les faits les plus circonstanciés; c'est ce que la charité m'oblige de croire : mais, mon révérend père , au
lui ôla la régence de théologie. Envoyé à Nantes , il y fut de grande édification dans les retraites appelé à Caen par M. de Nesmond, évéque,
il rétablit le calme dans une communauté de religieuses qui avoit
éprouvé quelques troubles par rapport à leurs directeurs étant
vieux, à la Flèche, à l'hôtel des invalides, fait un voyage à pied, et s'asseoit dans le chemin sans pouvoir marcher. Un homme charitable le rapporte sur ses épaules avec grande peine : Eh! mon père , lui dit-il , ne vaudroit-il pas- bien mieux vous faire porter par unebéte que par un homme ? >»