‹ Œuvres philosophiques du père AndréChapitre 34 sur 136 · DEUXIÈME PARTIE. — IL IzZXTij · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — IL IzZXTij

injnsteB vous mettra deux personnes as^iii^ment des plus Miges et des plus vertueuses. Vous dites aussi que le R. P. provincial vous a fait des excuses de vous avoir maUniiU* ; tout cela est-il de ce divin maistre qui nous dit : Prenez de moy que je suis doux et humble (le arur? Dt* plus , à pn*ndre SB fond le sujet de votre chagrin , il ne s*ap:it que d'un changement de collège. Hé quoi ! faut-il tant de mystM* iKHir vous envoyer d'un lieu dans un autre? où est cette volonté toajoore preste à obéir en tout ce (pii n*est ix)inl p<'*ché ? où est, comme {)arle saint Ii>;nace, lelniston du vieillanl? où en sont les (supérieurs), si, ù chaque disposition , il faut rendre tant de raisons et entendre tant do justifications? Il suffît qoe les pensionnaires no soient pas contents de vos soins envers les enfants ni de la manière de les conduire.

« Vous direz que c'est encore une autre cause qui vous fait de la peine , savoir rattachement qu'on croit que vous avez àœs denx auteurs, Descartes et Maiebranche. Ce point est de conséquence , et c'est sur quoy il faut tâcher, avec la grâce de Dieu , do vous persuader que vous avez tort plus qpe vous ne pensez, et que vous n'avez point sujet de vous ' plaindre.

c Premièrement, il est certain que très-souvent, en pleine récréation , devant tous les préfets, vous avez fait leur éloge, qoe vous avez soutenu avec chaleur plusieurs de leurs sentiments; que vous avez parlé avec mépris d'Âristote et des théologiens qui le suivent avec saint Tliomas ; que tous ceux qui n'admirent pas ces gens-là vous font pitié, et qu'ils n'ont, à vous entendre , point d'esprit en comparaison des autres ; que vous avez donné à plusieurs oschoiiers tant de dégoust de leurs écrits qu'ils ne daignoient les lire et les étudier. Ces fait&-là sont notoires , et tous les préfets avec d'autres pères âgez en donnent témoignage. Ce bruit et cette réputation ne sufltet-elle pas à un supérieur pour éloigner un homme , et pour montrer qu'on ne veut pas souffrir chez nous cette nouvdle doctrine?

IxxXViij INTRODUCTION.

« En second lieu , si vous prenez garde à la lettre que vous m'écrivez pour vous justifier, vous verrez vous-même qu'elle vous condamne. Vous avouez que, de tout temps , vous avez eu de V estime pour ces deux au^urs, que leur doctrine n'est point une hérésie et une nouveauté dangereuse, qu'il n'y a point d'homme en France assez stupide pour ne pas convenir que parmi leurs opinions il y en ait de fort raisonnables. Ce langage m'étonne extrêmement; car la vérité est que cette doctrine est en toute sa substance opposée à la bonne théologie, et même en plusieurs articles à la foy. Vous savez qu'elle a été réprouvée à Rome, par M. dé Paris et par quelques universitez. Vous ne pouvez ignorer que le père général et les supérieurs la défendent , que la compagnie prétend non-seu'lement qu'on ne l'approuve point , mais encore qu'on la combatte , ainsi qu'on combattoit celle de Calvin avant le concile. Après cela, mon cher père, comment vous séparez-vous du sentiment de Rome, de tous les théologiens bons catholiques et de notre compagnie? Comprenez, je vous prie, que dire que vous les estimez et qu'ils ont des opinions bien raisonnables, c'est comme qui dipoit : J'ay de l'estime pour Calvin, et il a des opinions très-raisonnables.

« Au reste l'affaire est sérieuse ; car on est résolu de ne point souffrir dans la compagnie, non-seulement ceux qui suivent ces auteurs ou qui les louent, mais ceux qui ne les blâment pas et qui n'ont pas de zèle contre leur doctrine. C'est pourquoy, je vous prie, mon cher père, désabusez-vous^ et reconnoissez que vous avez eu grand tort de louer ces gens-là , et de passer pour un de leurs disciples. Si j'étois à votre place , je dirois au révérend père recteur et j'écrirois au révérend père provincial : Il est vray que j'ay eu de l'estime pour Descartes et pour Malebranche, et que je n'ay point cru leur doctrine dangereuse; mais, puisque la compagnie les condamne , je vois maintenant que je me suis trompé ; j'ai eu tort de les louer et j'en demande pardon à votro révérence et à tous nos pères. Je proteste que, loin de

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