DEUXIÈME PAITIE. — II. XCV
que de Vindiee, Je sais que quelques-uns de leurs ouvrages y ont été mis , et pourquoi , et comment. Mais , mon révérend père , pensez-vous quil faille combattre la doctrine de tous les auteurs qui sont dans cette liste comme celle de Calvin? n faut donc dire anathème au P. Langlois * , au P. Letdlier * , à combien d'autres bons catholiques ' 1 Et , si quelqu'un est aèsex hardi pour avancer qu'il les estime, et que parmi kure ofiiÊÙms U y en a de fort raieonnabiês, il faudra s'étonner de ce terrible langage , et lui faire entendre sérieusement que c'est comme qui diroit : J*ai de Vesiime pour Caivin , et il a des ùpinions bien raisonnables ! Dites-mol , mon révérend père, quel seroit dans le monde Teffet d'un pareil zèle? N'exdteroit-il point d'abord la risée publique , la pitié ensuite, et enfin l'indignation de tous les honnêtes gens? Et., dans la vérité , qui sera jamais à couvert du reproche d'hé-résie , s'il est permis à chaque particulier , sur des censé* qaenoes bien ou mal tirées , d'accuser de ces crimes le pre* mier qui s'avisera do contredire ses opinions ? thomistes , scotîstes, molinistes, nous serons tous hérétiques, et pis en* oore , s'il platt au caprice de nos adversaires.
' 8*111141 ici du p. Jean-Baptiste T^nglois , né à NeYen en 1663 , entré éMù» la société en 16T9, et mort en i706, aatow de qnelquet écrite asiea iosigniflante, la Journée spirituelle à Vu$age des viUajfis, du Respect humain. Histoire des Croisades contre les AlbigeoiSj 1703, in-U, et des difers onfrages composés par les jésuites contre l'édition de saint Angostin des bénédictins? Moréri ne dit point qo'aoGan de ées écrill att été mis à Vinéex.
* Ceruinement celui dont il a été question plus haut Sa Défense des nouveaux chrétiens et des missionnaires de la Chine, du Japon et des Êndes,PenSj 1687, tant attaquée par Arnauld, fut sauTée à grand'peine d'une condamnation formelle à Rome j et plusieurs fois blâmée. Yoyei Horéri , art. Tellier,
' Cest à peu prés la môme réponse que fiiitan P. Yedt«n(ile m»* thodop^Ulosophandi,l^oma^, i828. Dissert. préUm., S* s^t P- U S* 64) M. Tabbé Gosselin , dans son excellente dissertation : Fénelon considéré comme métaphysicien, p. 82, dernier volume des OEuvres de Fénelon, édit.deyersailie8.
XCVJ INTRODUCTION. .
« Au reste , mon révérend père , je ne suis point sectateur aveugle de M. Descartes et du P. Malebranche. Si j'embrasse les vérités qu'ils démontrent , je tâche de suspendre mon jugement sur celles de leurs opinions qui ne sont que vraisemblables , et je suis prêt de combattre les erreurs qu'ils avancent, non pas*, je l'avoue , pomme des hérésies , mais comme des^éprises qui échappent à la foiblesse de l'esprit hmnain. C'est le nom que la justice m'oblige de leur donner, et que la charité , qui adoucit tout, devroit , ce me semble , vous faire approuver. Vous sçavez que sans cette vertu ni la foi qui transporte les montagnes , ni l'aumône qui rachette les péchés, ni le martyre qui les efface , ne servent de rien pour le salut. Vous sçavez que l'esprit de Jésus-Christ est un esprit de douceur. Est-ce cet esprit, mon révérend père, qui vous a dicté les atroces injures dont vous accablez .deux pauvres auteurs qui vous sont assurément inconnus ? Croyez-vous que ce zèle soit fort agréable à notre charitable maître? Plût à Dieu que vous ne les eussiez pas encore condamnés I Je vous dirois de sa part : Ndile condemnare et non condemnabimini ; mais, puisque vous avez déjà porté leur arrêt , souffrez que je vous dise avec lui-même : Si sciretis quod misericordiam volo et non sacrificium , nunquam condemnassetis innocentes. Pardonnnez-moi , mon révérend père , ces réflexions en faveur d'une infinité d'autres que je vous épargne ; car je pourrois encore vous montrer que , dans votre lettre, vous prêtez à la compagnie des vues qu'elle n'a pas ; que les termes que vous reprenez dans la mienne sont les plus soumis et les plus modérés qui soient en usage pour exprimer les choses dont j'avois à parler , que les accusations que vous citez contre moi sont toutes fausses ou ridicules, (Jue la formule de rétractation que vous m'envoyez est tout à fait contraire à la charité , etc. Mais , parce que je crains de blesser cette vertu en plaidant pour elle , je m'abandonne volontiers pour ne songer qu'à votre salut. Peut-être ce zèle ne me convient pas : mais, quand il