‹ Œuvres philosophiques du père AndréChapitre 62 sur 136 · DEUXIÈME PARTIE. — IV. CXllij · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — IV. CXllij

« Icleaî sunt formic quacdam principales et rationes rerum « stabiics atquc incommutabiles , qutT ipsœ formata; non « sunt ac per hoc a}ternaî ac ^mper eodcm modo sese haa bentes , qucC in divina intelligentia continentur , et cum « ipsœ neque oriantur ncque intereant, secundum eas tamen « formari dicitur omne quod orilur et intcrit.

« Anima vero negatur eas intueri posse nisi rationalis , « ea sui parte qiia excellit , id est ipsa mente ac ratione , a quasi quodam oculo suo interiore atquo intelligibili. Nec (r omnis et quxlibet anima rationalis, sed quœ sancta et a pura fuerit , ha}c asseritur illi visioni esse idonëa , id est « quœ illum ipsum oculum, quo videntur ista, sanum et sinff cerum, serenum et similem iis rébus quas vîdere intendit, a habuerit.

a Quis autem religiosus aut vera religione imbutus, quam- <( vis nondum possit ha?c intueri , negare tamen audeat om- « nia quœ sunt, id est qua^cumque in suo génère propria « quadam natura continentur , Deo auctore esse procreata ? « Quo semel constituto atque concesso , quis audeat dicere a Deum irrationabiliter omnia condidisse? Quod si recte « dici et credi non potest , restât ut omnia ratione sint con- « dita. Nec eadem ratione homo qua equus ; hoc cnim ab- « surdum est existimare ; singula igitur propriis creata sunt « rationibus. Has autem rationes ubi arbitrandum est esse ce nisi in mente Creatoris ? Non enim extra se quidquam in- « tuebatur , ut secundum id constitueret quod constituebat ; « nam hoc opinari sacrilegum est.

<( Quod si hœ rerum creandarumcreatarumque rationes in <c divina mente continentur ; neque in divina mente quid- « quam nisi seternum atque incommutabile potest esse , at- « que has rerum rationes principales appellat ideas Plato , « non solum sunt ideae , sed ipsae verae sunt , quia setemae « sunt atquc immutabiles manent, quarum particlpatione fit « ut sit quidquid est, quoquo modo est.

« Quas rationes sive ideas , sive formas , sive species, sive

CXliv INTRODUCTION.

« rationes licet vocare et multis conceditur appellare nomi- « nibus, sed paucissimis licet videre quod verum est... etc.» « Il est donc clair , mon révérend père , que , selon saint Augustin : 4^. il y a des idées en Dieu, 2**. l'âme raisonnable voit ces idées quand elle se détache l'esprit et le cœur des choses terrestres qui pourroient obscurcir son œil intérieur ; 3®. que chaque chose a son idée en Dieu, formellement distinguée de toute autre idée, et par conséquent que l'on peut voir Tune sans voir l'autre , l'idée de l'homme sans voir l'idée du cheval , et par conséquent voir l'idée des corps sans voir ridée des esprits , et par conséquent encore voir les idées des créatures sans voir formellement l'essence divine , si ce n'est de la manière qu'il est écrit : omnes vident eum, unusquisque intuetur procul : c'est-à-dire , en un mot , que Ton peut voir Dieu en tant que participable par les créatures, sans le voir proprement et formellement en tant qu'il est incommunicable , et , si j'ose ainsi dire , imparticipable. Tout cela, mon révérend père, est évidemment de saint Augustin, qui n'étoit pourtant pas un fanatique, ni un hétérodoxe, comme vous permettez que l'on m'appelle sans que j'y aie donné la moindre occasion. Ce grand docteur de l'Église no crut pas êtro un visionnaire pour être dans ces sentiments ; et , quoiqu'il assurât que l'âme raisonnable vit en Dieu les idées éternelles , nulla inierposita natura , c'est-à-dire , si je ne me trompe, immédiatement, il ne crut pas pour cela que l'on en pût conclure que nous voyons clairement l'essence de Dieu dès ce monde , ni que son opinion pût jamais être confondue ridiculement avec des hérésies qu'il a lui-môme combattues (les Anoméens). M. de Cambray, depuis la page 171 jusqu'à 226.

« VII. Sur les idées claires.

« Je conviens que nous avons bien des idées obscures, les unes parce qu'elles sont vagues, indéterminées, et comme dans un éloignement infini , et les autres parce que les

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