DEUXIÈME PARTIE. ^ IV. flj
liom dm'iioniU'H du P. Mal(»braiirho, qui, pour autori.'^cr son dangereux fanât isim*, o:^) l(>faiiv (li>bit(*r par lo Verbe éternel lui-niùmo ({u il introduit sur lascènef el à (lui'il fait diit3 tout ce que son imai;ination déi*é^léo lui fournit d'cxtravapianccs et d'erreurs? a-t-on pu n'iMre pas indij^ni» en voyant le P. André remanier comme pieux et saint ce ({ui doit causer de Thorreur à tout clirolien bien instruit di? sîi rt»lision?
a 5®.- Au reste, on apporte en mémo Uîmiw la raison qu'on nvoit de ne pas conter ( sic ) absolument sur la présomption (en faveur de ma catholicité) en ajoutant que le P. André étoit plus que suspect pour d(»s opinions en partie héU'TOdoxcs, et en partie entièrement contraires aux ri^fçlements de la compap;nie , su])posé que le malebranchismo soit un fiina» tisme hétérodoxe, ce qu'on croit pouvoir démontrer et co qu'on a démontré en elfct dans ce dernier écrit.
a G*'. 11 conte que le P. André contre sa promesse n enjoigne à Rouen au moins une des propositions malebninchlstes * à la censure desquelles il avoit souscrit. Au reste on n'avance rien ici dont on n'ait la preuve en main , tin^ d(îs lettres du R. P. provincial. Tous les jours, sur de bonnoît et certaines preuves *, on juge que des gens sont fort entétéà sans qu'on ait aucun dessein ni aucune obligation de les convaincre. On avait ordre des supérieurs, non pas de convaincre le P. André, mais de juger s'il tenoit pour le malebranchismo.
a 7^ Lo R. P. provincial assure en une doses lettres qu'on a entre les mains que la proposition avancée à Rouen par le P. André, touchant la béatitude surnaturelle, ([u'il fait consister dans une simple passion ', est une de celles à la censure desquelles il avoit souscrit en promettant de ne les plus enseigner.
* Pîole d'André : « faussclc^. »
• M Belles preuves : »
> «< .le liai poiul dil ici que co TiU une pure passion on excluant l'acte vital, mais en excluant l'acte libre, ce qui est cviiient. Ainsi je ne sais si leurs injures ne doivent pas retomber sur ceux qui les disent si liardiinent. »
Clij INTRODUCTION.
« 8®. Si ce n'est pas une illusion de croire trouver des preuves du sentiment qu'il a (sur l'essence de la matière ), fondées sur l'autorité de l'Écriture en général et en particulier sur les paroles de J.-C, dont le P. André fait mention en cet endroit de sa lettre , on avoue qu'on ne sait pas ce que c'est que vision. On en trouve une autre dans la ligne précédente, où le P. André avance que la géométrie est fondée sur la notion claire de l'extension comme la véritable essence des corps. Voilà, ce me semble, des visions assez bien démontrées.
« 9®. L'erreur les suit de près dans la conclusion que le P. André tire de l'essence prétendue des corps en niant que la pénétration proprement dite soit possible même par miracle. On va lui démontrer que tous les anciens Pères on ont pensé bien autrement, fondés, non sur des visions, mais sur l'autorité de la parole de Dieu.
« 4 0®. Point de solidité ni d'étendue dans le P. Malebranche. Il a philosophé toute sa vie : après tan^t d'années qu'atA\ trouvé de raisonnable qu'on puisse regarder comme une découverte ? Tout ce qu'il a de bon est tiré de Descartos (»t des autres nouveaux philosophes. Dès qu'il a voulu chani2;(»r quehpie chose en ce qu'il a pris, il l'a gâté s'il était bon , et s'il étoit mauvais, il ne l'a pu bien corriger. Par exemple, ses règles du mouvement universellement méprisées sur lesquelles il a tant varié , etc.
«44°. En matière de théologie c'est bien pis ; on ne le peut excuser d'avoir voulu s'en mêler, lui qui n'eut jamais la moindre teinture d'érudition ecclésiastique.
« 42®. Deux défauts essentiels dans le Traité de la yalure et de la Grâce : le premier est que sur une qucstiofi qui ne se peut décider que par la seule autorité de l Écriture et de la tradition contenue dans les ouvrages des Pères , le P. ]Malebranche ne cite pas un seul passage pour appuyer son système; le second défaut est beaucoup plus jjjrand que 1«^ premier. Cet ouvraiie n'est fait fjue pour l)i<^n e\pli([uor comment
DtXXlhME PARTIE. — IV. rliij
la sincèro volonté qu'a Dion (iii salut do tous los hommos, ot Iosan>: di» J.-('. ivpandu pour tous sans cxcoption, st» |)euvo(it a<Tordor avec lo salut d'un si {lolit nombtv dVlus pt la damnation d^un si ^rand nonibn* do ivprouvrs. Or il n*a fait qu embarrasser la (pu»stinn. Pn-uvo. Selon le P. MalebranHie, J.-(«. ne ])ensepas toujours actuellement àeha(iue(»i)jet partieulier. Mais du moins il a toujoui-s présentes à l'esprit toutes les vérit(»s jrénérales dont la lliéolo«»ie est r(»m|K)sée. Il \oit donc toujours, si le système du P. Malebranche <st vrai, (pie tous les Iiommes a (pii il n(^ voudra pas se donniT la ]KMn(* do jM»ns(»r en partieulier, et souvent, et dans les eireonstanees d'où dépend leur salut , en désirant «pie lo prix de son sani^ leur soit appli<pié, seront infailliblement damnés. Si done il mampie à penser souvent . et de la manière (pi'on vient de dinv à tant de ^ensqui se damnent, et dcmt, si'lon le P. Maiebranche, la damnation ne vient originairement que de là, IMiut-on dire «pie ce soit en .l.-(l. une simple omission involontaire , vX i\\w 00 no soit ])as au contraire une nolition positive où la réprobation de ces mistVables est attachée?
«I.'i'*. De la manière dont le P. A ndri'* s'exprime dans sa lettre, il seml)le supjHjser (ju'on exi«:e de lui un acte de foi divine sur tous les points de l'écrit «pfon lui a envoyé, où cependant il est ])arlé de bien des choses qui n'ont aucun rapport à la reli^non *. Ce n'est i)oint do cela qu'il s'agit, mais d'une simple persuasion intérieure, sans lacpielle il mentirait en faisant profession de croire vriii ce qu'il no croirait pas. S'il ne Ta point sur CAMtains points (ju'on va lui nuinpier, on ne pourra s'emiu'cher do le rej;arder comme attaché à des opinions liéU'rodoxes et danj^ereuses ; mais aussi on nv nuirquera de cette manière tpio les choses dv la \érité des<iuell<s on jujijo que tout tlu'H)logien catholique doit être pei-suadé. Ce n'est pas néanmoins qu'on prétende que les opinions contraires qu'on l'oblijJïJ» à rejeter soient toutt»s des hérésies for-
' « De quel droil dcmnniirz-voiis donc une persuasion iiuërieuro .' -
diV INTRODUCTION.
melles. On regarde la plupart comme des erreurs ; mais pour les qualifier d'hérésies formelles, il faut un jugement plus exprès de l'Église que ne le pourroient paraître au P. André quelques-uns de eeux qu'elle a déjà portés. Il y a même quelques-unes de ces opinions que Ton ne qualifieroit que de dangereuses en matière de foi, si l'on en vouloit porter une censure exacte.
a 44^. Ridicule distinction entre hétérodoxe et hérétique , pour montrer que j'avois. eu tort de prier mes censeurs de ne me point traiter d'hétérodoxe sans avoir découvert mes hérésies.
«45°. Il m'accuse d'avoir rapporté un passage de saint Augustin assez peu fidèlement, ce sont ses termes ; rien n'est plus faux ni plus calomnieux.
«46®. Si le P. André avoit commencé à s'instruire des choses avant que d'en parler, il auroit reconnu : 4°. que le platonisme de saint Augustin sur les idées n'est point du tout le malebranchisme ; 2°. que ce platonisme môme n'eut jamais aucun cours dans. l'Église ni avant ni depuis le concile de Nicée; 3**. que c'est une opinion très-particulière à saint Augustin et rejetée par tous les autres Pères de l'Église,
(cSar les accidents absolus.
47°. Les théologiens défenseurs des accidents absolus conviennent que l'opinion qui les rejette n'est pas expressément condamnée par le concile de Trente , si l'on s'en tient à la seule force des mots pris en eux-mêmes : mais ils ajoutent que les Pères de ce concile ne s'étant servis du mot d'espèce ou de celui d'accident que pour ne se pas éloigner du langage des anciens Pères de l'Église , ils n'ont pas laissé do vouloir exprimer la même chose. On en api)orte deux preuves : la première est prise du sentiment unanime tant dos héologiens employés à dresser les décrets du concile, ([ue Jes Pères du concile qui ont approuvé ces décrets , entro lesquels on n'en sauroit trouver un seul qui n'ail cru que les
ï)tL.\li:ME PARTIE. — IV. civ
nu*ino9 iirridcnU (jui (MuiiMit avaiil la fonst'HTation dans le pain oi dans l«» \in . j-cstoiit apivs la consc'cration dans l'KucUuristio. La spcundi» pnîiive est liiro do la manière dont toutes les «toIcs fatlioliqins ont «'xpliiiiH' d(»puis ce tomps-là les di'»crels du concile, ont(»ndant par le mot (r<»siH'cos employédans ces dccn»ts di* vcrilablcs accidents al>solus.
« 18". Lo sentiment contraire du P. Mai^nan que le 1\ Andn'î cite, ne pnni\e rien ici , tant parce que Topinion d'un seul, et nn^me de deux ou trois tliéoIo}^iens, ne jMMit siTvir en ces occasions «pi'à les faire accuser eux-mi^nu»s de U'mérité, <pie parce (ju'il est aisé de prou\er tpio Fopinion particulière du P." Ma^uan touchant les espèc(»s sacramentelles n'est i)oint recevaljle à cause «pi'il expUipu» mal le si;j;no î^nsiblo (pii doit toujoins se trou\er dans un sacr(»menl iM»nnancnt dosa nature, lors même «pi'il n'y a pei'sonne «jui soit passent.
9 19®. Mais voici fpiehpio chose qui pourra paroîtro plus fort au P. André ; sans doute qu'il sera surpris (piand on lui dira qu'à s'en tenir précisi'ment à la profession do foi contenue dans sa lettre, il ne paroît pasj>ouvoir éviter d'encourir ranathème i>orté par Iv concile de ('onstance , sess. 8, contre les quarante-cin(i articles de Wiclef. Le P. André, dans sa profession de foi, rejette* le premier et le troisièmo article comme hérétiipie, mais il soutient le second séparé dw tlcux autres dans tous les sons qu'y eût pu donner Wiclef, supposé qu'il se fût départi des deux luilures. Ce second article porte : Entia panis et rhu' nuii mancnt sinesubjocto in vodem sacramento. Or le P. André croit cela véritable ; nuiis en reconnoissant le dojrmo do la transsubstantiation nié par Wiclof. Apres que lo P. André aura fait celte réllexion , ((u'il tourne le feuillet et cpiil lise la censure du concile portée sub ana^ ihematis intorminatiouo contre ceux qui oseront désormais soutenir et mémo détenir, fonero diriofi articidus vel ipsorum aliquem; lo P. André |>ourra-t-il ([onc ne point encourir cotte censure s'il inîrsislo dans son sentiment? Ou veut bien cepon-
Clvj INTRODUCTION.
daot lui donner le temps d'y penser à loisir, et l'on consent qu'il ne fasse point tomber le profiteor me vera dicere sur l'existence des accidents absolus.
« 20®. Celui même qui a dressé cet écrit, avoue ingénuement qu'il ne croit pas que cet argument tiré des paroles du concile de Constance soit sans réplique. Tout ce qu'on exige du P. André, c'est qu'il enseigne à ses écoliers, et prouve de son mieux qu'il faut reconnaître des accidents absolus pour bien expliquer le sacrement de l'Eucharistie.
« 21°. On ne peut au reste s'empêcher de lui dire qu'entre les choses inutiles qu'il dit là-dessus dans sa lettre , on est surpris qu'il parle d'une qu'on n'a jamais songé à lui proposer, qui est de soutenir comme certaine l'opinion commune dans les écoles qui prétend que la quantité appelée communément externe est un accident absolu , et le principal de ceux du pain et du vin qui restent dans l'Eucharistie. Le mieux qu'il puisse faire, c'est d'en parler comme les autres ; mais il ne se seroit pas forgé des chimères pour les combattre , s'il eût su que celui qui a dressé l'écrit latin et n'y a rien mis qui eût rapport à cela, n'a jamais cru que la quantité externe fût autre chose que la position des parties du corps les unes hors des autres : non plus (ju'il n'a jamais cru que la quantité appelée interne fût un accident absolu. Son sentiment pourtant a toujours été et est encore qu'on ne peut sans témérité se dispenser de reconnoître des accidents absolus. Mais pourvu qu'on en reconnoisse quelqu'un du pain et du viri qui restent après la consécration, il est persuadé qu'on satisfait à tout ce qui se peut légitimement conclure, non-seulement des décisions de l'Église, maiâ" encore du sentiment des écoles catlioliques.
« Sur l'essence de Pâme humaine.
« 22**. J'avois dit dans ma lettre qu'il y avoit des expériences qui prouvoient assez bien que notre ûme pense toujours ; là-dessus notre censeur raisonne ainsi : Le P. André
DELXltME PARTIE. — IV. civij
inditiuo asstv. au (]iialruMno article (ju'il ne croit pas ({uo les betes sentent, l)i(»n loin de i>enser. Cependant on trouve quelquefois sur le corps de leurs petits des marques des objets (jui ont fortement frappé les ori:;anes exUTieurs de la mère (|ui les portoit dans son ventre *. On avertit de ]>lus le P. Andn^ cpi'on a eu de très-bonnes raisons de pro|K)ser eet trrticle; (juoi cpien ait dit le P. Malebranche, on ne peut nier sans absurdité cpie toute i»ercei)tion soit des objets* ext(Tieui*s, soit de notre ressentiment (?),. ne soit un véritable acte vitid à ré«;ard de notre àme. Or, il est téméraire de dire qu'aunin acte vital puisse ètn; essentiel à aucune sulisUmce vivante et créée , tous les Itères et tous l(»s théoloî^iens orthodoxes ayant r(*<;ardé comuH^ un attribut propre de Dieu seul d'être par son essence son propri» acte vital.
« 23". ('etle opinion témérairement avancée ((iu(.' la pensée actuelle est essentielle à l'àme) a été la source* de Terreur de rimpie Spinosa touchant la nature de nos âmes. 11 n'avoit jamais étudié d'autre philosophie que celle de Ilobbes, qui ne reconnoissoit rien que de corporel , et de Descartes qui avoit prétendu démontrer la distinction de l'esprit et du corps. Spinosa s'aperçut fort bien que a»s prétendues démonstrations sont de purs paralojiçismes, et conclut (jue notre ûme, consistant essentiellement dans la pensée actuelle, ne pouvoit être une substance , et n'étoit qu'une simple modification de l'unique substance (ju'il reconnoît , considérée en tant que l'attribut de penser lui convient, et nullement en tant que l'attribut de l'extension lui convient aussi. De sorte qu'il ne s'ensuivroit point du tout, ni que la pensée fut modification de l'extension, ni que l'extension fi\t modification de la pensée , mais simplement que l'une et l'autre épient modifications de la môme substance suivant deux dilTérents attributs qu'elle a.
«24®. Après quoi cet impie, errant toujoure conséqucm-
* « Grossier. »
' w Stupidité. »
dviij INTRODUCTION.
ment, conclut que nous changeons d'àme à mesure que nous changeons de pensée. Le P. André, abandonnant ici Descartes sur Tautorité du P. Malebranche , avoue que nous n'avons point d*idée claire de notre âme ; on en convient avec lui, mais il n'a pas pris garde que de cela seul il s'ensuit qwo les prétendues démonstrations que Descaries avoît trouvées pour démontrer la spiritualité de l'âme cessent d'être des démonstrations. A quoi le P. Malebranche n'a pas plus fait de réflexion que le P. André.
« Sur l'essence da corps et la pénélraiion proprement dite.
« 25®. Tout ce que le P. André a dit hors do sa place au premier article ne prouve rien que deux choges qu'on lui accorde, savoir : 4**. qu'on a une notion claire de l'extension ; 2®. que Textension convient naturellement à tous les corj)s. Rien n'est plus vrai. Tout ce qu'on peut conclure de ces deux choses , à s'en tenir même aux seules lumières de la raison, c'est que nous n'avons point d'idée claire d'aucun corps où l'extension ne soit renfermée. Mais comment démontrera-t-il que nous connoissons le fond de l'essence, soit d'aucun Corps en particulier , soit de la matière et des parties matérielles dont il est composé? Il trouve dans son esprit une idée claire de l'extension : ses sens le convainquent (ju'il ne connoît aucun corps sans extension ; on le lui accorde ; mais (Ju'en peut-il conclure sinon que tout corps est naturellement étendu? Il répondra qu'on n'y connoît clairement que cela seul ; on en convient avec lui ; mais ayant l'esprit aussi borné que l'a tout homme , d'où conclut-il qu'il n'y a rien autre chose que la foiblësse de l'esprit humain ne nous permette "pas de connoître clairement?
.« 26®. S'il étoit vrai, comme les cartésiens le prétendent, qu'en ne supposant dans la matière et dans le monde corporel que la shnplë extension, on pût expliquer d'une manière plausible tous les effets qu'on y remarque, peut-être en ii)ourroit-on conclure qu'il n'y a dans les corps que la même mu-
nEfXll-ME PARTIE. — TV. cKx
tièro , siniplo, liomoi^ono ot sans autro atlrib'iit quo colui de IVstonsiun. Si le» P. Andrt' s'est applique; S(Ticuscinent à l'ôtudo de la pli\ siqiio , il aura sans doute reconnu combien . celte prêtent ion des rarlrsiens est frivole. Après tant do recherches despliilosoplies anciens et récents, i)as un de ceux qui ne supp(»s<'nt i[ue de rexlensi(»n dans lo inonde coqwrel n a pu i'en<Ir(* l)i(*n raison (|o la chose la plus commune qui soil dans la nadin* : c'est do bien expli(iuer en quoi consiste la solidité i\o> cdips durs et la fluidité dis litpieurs. îl est (évident «[ue tandis qu'on ijinore cela, on no iM.»ut entièrement rendre raison d'aucun des phénomènes du monde corlK)rel, etc.
« 27". Mais c'(st de 1î\ qu'on conclut qu'il ne s'est aperçu qu'à diMiii i\r:!> c()nsé(pi(Mices qui suivent nécessairement do la seide idée» claire» de la simple extension et i\u\ en sont inséparables Voyons ce que fait un vase autour de la liqueur (fu'il contient. II peut bien empêcher les parties de cette li([ueur do s'écouler; mais il ne peut diminuer en rien la fluidité (h> la mémo liqueur.
a 2s". On prie le P. André de considérer attentivement la nature de la simple extension suivant l'idée qu'il en a, avec Descartes et l(i P. Malebranche , qui conviennent non-seulement tiue cette idée renferme la divisibilité à l'infini, mais encore la distinction réelle de toutes les parties avant mémo qu (»lles soient divisées. Plus il y fera attention, et plutôt sera-l-il ol)lip:é ou d'avouer que l'esprit humain se perd dans celte reclKMche, ou de conclure avec les meilleurs géomètres qui so soient appliqués à Tétudo de la physique, quo ces parti(is réellement distinctes avant la division ne peuvent être autre clios(» que ces indivisibles qu'on appello dans les classes ])oinLs zénoniques, qui sans avoir aucune extension composent néanmoins un tout étendu, mais dont il faut qu'il y ait un nombre actuellement infini en chaque partie de la matière, dès qu'on suppose qu'elle a quelque extension. Or voilà un tout infiniment fluide, puisque les parties dont il est
clx INTRODUCTION.
composé ne peuvent ni avoir aucune liaison entre elles, puisqu'elles sont sans aucune étendue, ni résister en aucune manière au moindre mouvement qui les pousse pour les séparer les unes des autres.
« 29**. Que prétend-on en faisant cette remarque ? c'est de bien faire comprendre au P. André que plus on a d'esprit et d'étude , plus on se persuade aisément qu'il n'y a pour l'esprit humain qu'incertitude dans la physique, et qu'on ne peut opposer la raison à la (oi , etc.
« 30**. Le P. André a grand tort, au reste, d'avoir cité saint Augustin pour garant de la faussé opinion de l'eséence du corps, où le P. André conclut .l'impossibilité de la pént'tration proprement dite. Durant cent cinquante ans , on n'en a point douté dans l'Église , etc.
u Sacramenlaires , elc.
«311°. Celui qui a dressé cet écrit a toujours cru et croit encore que la religion no nous oblige point à reconnaître des corps sans aucune extension. On n'est point du tout obligé de dire, comme font plusieurs, que les corps imissent être dépouillés de toute étendue ; mais, étant instruit de ce que la religion nous enseigne , il assure en môme temps que Dieu peut réduire quelque corps que ce soit à un volume plus petit à l'infini , sans diminution d'aucune des parties de la matière dont ce corps est composé , et cela par une pénétration proprement dite des parties du même corps dont il ne croit pas que la possibilité se puisse nier sans erreur. Il n'en conclut pas néanmoins que l'essence du corps consiste dans quelque extension indéterminée ; il se contente de dire que c'est une propriété qui lui paraît inséparable de tout corps, de ne pouvoir exister sans quelque étendue. Aussi, dans l'écrit latin envoyé au P. André, a-t-il tellement mesuré ses expressions qu'il n'y a précisément que ce que l'on juge que tout catholique est obligé de croire.
« 32". Le P. André paroît être du sentiment contenu dans
fr