‹ Œuvres philosophiques du père AndréChapitre 87 sur 136 · DEUXIÈME PARTIE. — VU. CCXix · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — VU. CCXix

annonçait dans ses yeux et dans son air la beauté et le gra* deux de son esprit, son geste et son maintien étaient forcés ; il était d'ail]eui*s d*une très-petite taille. » Enfin admis dans une société aimable et distinguée , celle de madame la marquise de Saint-Luc , au château de Caen » il montra plus d'une fois Teujouement naturel de son esprit en des pièces de vers pleines de goût et d'agrément. Nommé membre de l'Académie des belles lettres de Caen» dont le protecteur était Tévéque de Baycux, il y lut et des pièqes de vers et des discours qui le firent remarquer de Fontenelle avec lequel il entretint une correspondance dont Tabbé Guyota donné des extraits, et que M. Mancd et ses collaborateurs ont retrouvée et vont publier tout entière.

Cependant André ne trouva pas le repos à Caen. Les ombrages de la redoutable société l'y suivirent, et ce qu'on ignorait entièrement jusqu'ici, ce qu'il était impossible même de soupçonner , d'après le récit de l'abbé Guyot , l'absurde accusation de jansénisme le tourmenta jusque dans sa vieillesse. Sous le généralat de Uetz \ qui succéda en 1730 à Tamburini, André essuya une nouvelle persécution , et manqua d'être chassé du collège de

' François Retz, né à Prague le 13 seplembre 1673, entré dans la société le i4 octobre 1689, professa la philosophie à Olraulz et la théologie à Prague; puis appelé à Rome pour y être secrétaire de Tamburini, nommé ensuite provincial de Bohême, recteur du grand collège de Saint-Clément h Prague , et recteur de cette université; rappelé à Rome pour y être assistant d'Allemagne, de ti75 à 1730. A la mort de Tanir burini , il fut élu, par les quarante plus anciens profés de Tordre qui se trouvaient alors à Romo , vicaire général , le 7 mars 1730, et, le 30 septembre de la même année, au premier tour de scrutin, élu générai; il ne lui manqua qu'un seul suffrage pour avoir l'unanimité. Il mourut le 19 de novembre 1750, après avoir gouverné sa compagnie dix-neuf années, onze mois et dix jours. (Tiré de Galeotti.)

CCXX INTRODUCTION

Gaefl, comme il l'avait été déjà de tant d'autres collèges. A l'âge de près de soixante et dix ans, il s'adressa à François de Retz comme il s'était adressé à Michel -Ange Tamburlni; il répondit, le 15 mars 1732, à toutes les accusations portées contre lui et réclama justice avec la vivacité et l'énergie de la jeunesse.

Heureusement le père provincial , Pierre Frogerais * , intercéda pour André auprès du père général. Nous avons du moins un billet de celui-ci, du 10 juin 1733, au père provincial, où, par égard pour lui, il veut bien lui abandonner la décision de cette affaire, mais en exigeant qu'André se soumette et signe le fameux formulaire d'Alexandre VIT et la constitution Vnigenitus.

Neuf ou dix ans après, en \llx\ , André recueillit un certain nombre de lectures qu'il avait faites à l'Académie de Caen , et les publia sous le titre d'E^^ai sur le Beau ^, Cet ouvrage, sur lequel nous reviendrons tout à l'heure, obtint un grand succès, fit beaucoup d'honneur à André, quoiqu'il n'eût pas voulu y mettre son nom , et le plaça au premier rang des écrivains de la compagnie , au milieu des pertes irréparables qu'elle avait faites et qu'elle faisait

* Moréri ne parle pas du P. Frogerais. Nous trouvons ce nom au bas de la permission accordée au P. Brelonneau d'imprimer les Pensées de Bourdaloue. «< A Brest, leSd'aoùt I73i, P. Frogerais. » M. deQuens, dans ses notes, raconte que le P. Frogerais disait h André qu'on craignait qu'il ne formât un parti dans la société. «Quelle imagination, répondit André au P. Frogerais! je suis l'homme du monde le plus

inepte à être chef de parti mais , dit-on, plusieurs adoptent mes

opinions : en suis-je la cause? et du reste ils m'ont bien défiguré. »

' Note de M. de Quens. « Le P. Catalan ( probablement le même qui travailla à la conversion de Dutertre) fut chargé par les jésuites do revoir \ Essai sur le Beau. Bol esprit; prédicateur; confesseur de la rciiie d'Espagne; revint en France, les Kspagnols ayant prétendu nommer les officiers de la reine. »

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