S33 SUB L'UNION W L'AME ET DU CORPS
s*ètre pa8 (^ligés, dans les rencontres imprévues, de perdre en délibération le temps destiné pour raction. J'en appelle, Measieurs , à vos expériences journalières , ou plutôt à votre expérience actuelle, si vous voulez actuellement donner quelque nouvel ordre dans la place que vous commandez.
La sagesse de cette loi du Créateur ne brille pas moins dans le pouvrâr qu'elle nous donne , par notre corps , sur tous les autres, pour les employer à nos usages. Ici je Ta* voue , il ne suflBra pas que nous disions, je le veux , pour nous en faire ob& ; nous ne voyons pas même que dans le paradis terrestre le pouvoir de rhomme eût été jusque-là. Et qu'a* vait^il besoin d*un pouvoir si absolu pour étendre son empire sor tonte la terre? L'auteur de la nature lui avait donné des bras pour la sulquguer avec plus d'honneur. C'est la dernière merveille de l'union de l'âme et du corps.
Considérons en eifet attentivement la structure des bras, leur position élevée, leurs mouvements, leurs usages les plus ordinaire^. N'est^se point là, Messieurs, Tidée d'un sceptre que la nature a donné à l'homme, non-seulement pour être la marque de sa royauté sur la terre , mais pour en exercer les fonctions? C'est un instrument universel pour dompter les corps les plus rebelles : une massue pour frapper, un bouclier pour parer les coups, une armure complète pour la défense et pour l'attaque. On me dira peut-être que pour atteindre certains corps, ils sont trop courts, trop faibles pour en vaincre quelques-uns , et d'une action trop lente pour en saisir d'autres. Vaine objection : l'esprit commandant de la place, qui en est aussi l'ingénieur, saura bien inventer l'art de remédier à tous leurs défauts ; je veux dire , trouver le moyen de les allonger s'il le faut, de les fortifier, de rendre leur action plus prompte ; en un mot, de soumettre à leur empire tous les éléments : de faire sortir le feu de la pierre pour allumer nos forges ; d'y fondre le fer pour nous armer de nouveaux bras; de comprimer l'air dans nos catapultes, ^" de composer la poudre à canon, pour attraper tout ce
qui voudrait nous échapper par la fuite ; de conduire les eaux où il nous plaît, pourfajre aller nos machines; d*enfermer les vents mêmes dans nos voiles , pour nous porter sur leurs ailes d'un pôle à Tautre. C'est ce que l'esprit a inventé ; mais ce sont les bras qui ont tout l'honneur de Texécution. C'est à eux que nous devons l'empire effectif que nous exerçons sur toute la terre. Nous y trouvons des laboureurs pour nos campagnes , des artistes et des artisans pour nos villes ; des ouvriers en soie ou en laine pour nous faire des habits; des architectes pour nous biktir des maisons 8ur la terre; des constructeurs pour nous en bâtir même sur les eaux; des pilotes pour manier le gouvernail; des matelots pour faire la manœuvre; des soldats même, si nous le vou» Ions , pour étendre nos conquêtes jusque dans le nouveau monde. Combien d'autres secours dans un seul organe , que j'abandonne à vos réflexions I
Concluons enfin, que l'homme dont on fait quelquefois des portraits si humiliants , est en lui-même un composé merveilleux :
4^. Par la manière dont le Créateur unit notre âme à notre corps , et par lui à tout l'univers ;
T. Par le pouvoir qu'il a donné à notre âme sur notre corps , et par lui sur toute la terre.
C'était la proposition que j'avais à prouver. Heureux si j'avais seulement réussi à vous faire admirer dans vousmêmes l'ouvrage du Créateur !