DEUXIÈME PARTIE. — CHAP. XXV
unes ni les autres puissent originairemenf avoir de détermination que par une volônté libre; en sorte que tout dans l’univers est nécessaire, et que rien au monde n’est contingent, que l’effet d’une volonté libre.
354. On demande à ce sujet, quelle est la nature de ce qu’on appelle le hasard. Ce n’est qu’un effet dont nous ne discernons pas la cause; mais il est clair qu’il ne peut y avoir d’effet sans cause nécessaire ou libre , ou du moins partie nécessaire et partie libre. C'est ce mélange qui fait plus communément ce qu’on appelle hasard, lorsque nous n’y distinguons ni la cause nécessaire, ni la cause libre, ni le concours de l’une ét de l’autre.
355. Un joueur amène trois six dans les trois dés; son adversaire venant d’amener deux six et un cinq/ il s’en prend au hasard ; c’est pourtant l’effet de la volonté, laquelle donne à sa main certains 'mouvements qu’il ne distingue pas et ne peut discerner, mais en conséquence desquels le poids des dés, la disposition du tapis et les autres causes nécessaires, jointes à la volonté libre qui lui # a fait {tousser les dés, ont amené ce coup que l’on appelle effet du hasard. Mais est-il des causes et des volontés libres, et qu’est-cé que leur liberté? C’est ce que nous examinerons dans la troisième Partie, en parlant de l’âme humaine et de ses facultés (N. il 5).