‹ Œuvres philosophiques du Père BuffierChapitre 137 sur 174 · TROISIÈME PARTIE. — CIIAP. X · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — CIIAP. X

a imprimé en nous ee désir et tout ce qui y est nécessairement joint : comme le goût de la vertu , qui nous fait estimer la disposition d’étre réglés en nous-mêmes et bienfaisants à l’égard des autres. Or, Dieu , infiniment plein de sagesse et de bonté comme il est, peut-il nous avoir destinés à une fin à laquelle nous n’arriverions jamais? Cependant nous n’arrivons point, en cette vie, au parfait bonheur auquel nous aspirons. Si notre âme était mortelle et qu’elle dût finir avec notre corps, jamais nous n’y pourrions parvenir.

.464. De plus, le moyen que nous concevons évidemment avoir un rapport essentiel au bonheur, savoir, la sagesse et la vertu, l’équité et la bonté, n’auraient au bonheur auquel nous nous sentons destinés qu’un rapport équivoque ou faux , .Dieu permettant souvent que les vertus soient contrariées, humiliées, rebutées en cette vio. Quand même elles y porteraient toutes leur fruit, je sens toujours en moi un désir do durer plus longtemps que l’espace de celte vie : il no sera jamais accompli si mon âme est mortelle. Or, ce désir est mis en moi par l’auteur de mon être, qui m’indique par là ma destination : cette indication serait fausse, et il m’aurait trompé dans un point essentiel, ce qui est contraire à la vérité, à la sagesse et à la sainteté de Dieu. On ne peut donc concevoir qu’il y ait un Dieu bon et sage, et no pas concevoir que notre àme doit durer après cette vie pour arriver à la félicité dont il nous a inspiré le désir.

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