‹ Œuvres philosophiques du Père BuffierChapitre 138 sur 174 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Du premier principe de noire Ame el de toutes clioses, qui est Dieu.

463. 1°. Nous avons montré (N. 287) que partout où il se trouve de l’ordre il se trouve quclquo intelligence qui en est l’auteur; il se trouve de l’ordre dans le composé général de l’univers, et dans le composé particulier qu’on appelle

l’homme; il est donc une intelligence qui est cause de cet ordre, dette cause intelligente, et supérieure à tout l’univers et à tout homme, et qui les a fait ce qu’ils sont, c’est ce que j’appelle Dieu : il existe donc un Dieu.

Si l’on ne se rend pas à cette preuve, toute simple qu elle est, je ne crois pas que ce soit la peine de raisonner sur le sujet présent. Pour raisonner, il faut un premier principe, c’est-à-dire une proposition dont on convienne, qui soit hors de toute contestation , et qui (N. 39) soit si claire qu’elle ne puisse être attaquée ni prouvée par une proposition plus claire. Or, il n’en est aucune qui ait plus ce caractère que le principe : Tout ce que je vois où il se iroiwe de l'ordre, et un ordre durable et constant, a jx>ur cause une intelligence. Entre un homme qui jugera qu'une montre qui indique régulière-, ment les heures a pu exister d’elle-mème , sans la direction d’aucune intelligence, et un homme qui juge que deux et deux ne font pas quatre, je ne mets point de différence par rapport à l’extravagance du jugement; je ne crois pas même que personne y en trouve sérieusement plus que moi.

166. Si l’on prétend que les règles du mouvement étant nécessaires dans la nature, il a dû s’ensuivre nécessairement un ordre de choses tel qu'il est eu effet , je dirai que les lois actuelles du mouvement dans la nature n’y sont nécessaires que par une volonté libre d’une cause intelligente. Sans elle, la matière étant indifférente par elle-même à tel degré ou telle direction de mouvement , comment y aurait-elle été déterminée?

167. D’ailleurs, si l’univers en général et l’homme en particulier, ont pour auteur une intelligence éupécieure , comme l’ordre qui s’y trouve est également admirable , estimable , bon et utile, il faut que leur auteur ait encore quelque chose en soi de plus admirable, de plus estimable et de meilleur que tout ce qu’ils sont ; puisque l’ouvrier est toujours plus parfait que l’ouvrage , et la cause plus que l’effet. Or, l’ouvrage et l’effet surpassent ce que nous concevons de plus es-

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