‹ Œuvres philosophiques du Père BuffierChapitre 140 sur 174 · Car enfin, ces causes subordonnées auront une prc · texte numérisé non relu

Car enfin, ces causes subordonnées auront une prc

mièro cause, où elles n'en auront pas. Si elles en ont, c'est ce que nous cherchons, et ce qui sera le principe de tout ce qui existe. Si elles n'ont point de principe elles n’existent pas. puisque étant toutes causes subordonnées elles ne peuvent exister que par subordination à un premier principe : sans cela, à quoi seraient-elles sulxirdonnées? à rien; elles ne seraient donc plus subordonnées, ce qui détruit la supposition.

Mais admettant, dit-on, des causes à l'infini, chaque effet aurait toujours sa cause antérieure, et l’on ne pourrait assigner aucune cause qui n’eùt auparavant un principe. Parler ainsi, c’est dire des mots, sans rien dire que l'esprit conçoive et qui puisse former une idée.

471. Dans la suite infinie de toutes ces causes qui ont existé jusqu’à présent, aucune n’existerait par elle-même, et par conséquent aucune n’existerait; car elles n’auraient ni au dedans d’elles, ni au dehors, aucun principe qui les déterminât à exister. Elles n’en auraient pas au dedans, aucune d’entre elles n’avant en soi le principe de son existence; elles n’en auraient pas au dehors, puisqu’il n’y a rien hors de cette suite infinie. Si vous dites encore que chaque cause existerait par sa cause antérieure, vous rejetez précisément la même difficulté sur cette cause antérieure; car je vous demande qui a déterminé cette cause antérieure à exister? Or, « reculant de cause en cause, au lieu d’éclaircir la difficulté, vous ne feriez que la prolonger dans votre infini imaginaire. Comme vous y trouvez toujours un effet sans cause et une détermination sans principe déterminant, je suis autant en peine de concevoir qui a déterminé la cause antérieure que la cause postérieure. Ainsi, voyant le bout d’une chaîne suspendue, dont le haut serait si élevé que ma vue s’v perdit, si vous demandiez quelle est la cause qui suspend cette chaîne, et que je vous répondisse : La cause est que chacun des châtiions tient l’un à l'autre , vous ririez de ma réponse, et avec raison , puisque la difficulté resterait la même ; et vous me demanderiez à quoi tient la suite infinie de la

TROISlfcME PARTIE.

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