AVERTISSEMENT DE L’ AL TEL’ R
’ Jamais la science dos premières vérités lia plus mérité d’attention que dans un temps comme le nôtre, où tout le monde se môle de parler île tout , et môme d'en décider, ('.'est alors principalement qu’il convient de tâcher, par l'examen des premières notions des choses, à bien entendre celles dont on parle, et à donner ainsi quelque exactitude aux raisonnements qu’on se permet.
Si l'on ne m’a point flatté, cet ouvrage servira du moins à rendre intelligibles des sujets qui communément ne le paraissent pas, et qui néanmoins sont essentiels : les plus ordinaires dépendant d’idées précises et un ]h>u abstraites, avec lesquelles il faut s’accoutumer, pour ne pas s'exposer à porter des jugements faux ou défectueux.
Au reste , rien ne doit moins effrayer que les idées de précision et d’ abstraction . Pour se familiariser imperceptiblement avec celles de ce Traité, il faut seulement lire peu à la fois, et se donner le loisir de réfléchir sur ce (pi on aura lu. 11 est certain que parmi un grand nombre de personnes qui ont vu les ouvrages des plus célèbres métaphysiciens de ce
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temps , ceux qui les ont entendus entendront aussi le mien , et beaucoup plus facilement. Si le chemin que semblaient taire quelques philosophes parait raccourci dans ce que je dis , c’est que la vraie science consiste moins à savoir beaucoup qu’à savoir avec précision et netteté. 11 s’agit j>our cela de regarder de près où l’on porte chaque pas , et surtout le premier, pour n'en faire aucun qui ne soit sûr.
Afin que l’on apportât cette circonspection, dans la lecture des Traités de métaphysique les plus connus, j’ai ajouté des remarques ou observations sur ces ouvrages ; moins pour en faire la critique , que pour en découvrir le caractère . et moins pour en juger moi-même , que pour mettre à portée d’en juger ceux qui en auront le goût.
Si dans la suite de mon traité j’ai parlé des opinions de Descartes, du Père Malebranchc , de M. Locke, et d’autres semblables , c’est que sans les chercher je les ai trouvés sur ma route; n’avant en vue que de suivre la clarté la moins suspecte de l'intelligence humaine, et, si je l’ose dire, la trace du sens commun.
Pour ménager certains esprits, je me suis exactement renfermé dans la sphère purement philosophique ; mais on trouvera qu'elle suffit j>our conduire aux principes les plus solides de la religion*