‹ Œuvres philosophiques du Père BuffierChapitre 60 sur 174 · PREMIERE PARTIE. — C.BAP. XXIV. 7ft · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. — C.BAP. XXIV. 7ft

192. La raison do ceci est évidente ; o’est que , par rapport à la pratique, il faut agir, et par conséquent prendre un parti. Si Ton demeurait indéterminé , on n’agirait jamais; ce qui serait le plus pernicieux comme le plus impertinent de tous les partis. Ainsi pour ne pas demeurer indéterminé, il faut comme fermer les yeux à ce qui pourrait paraître de vrai dans le parti contraire à celui qu’on doit embrasser et qu’on embrasse actuellement.

193. A la vérité, dans la délibération, on ne peut regarder de trop près aux diverses faces ou apparences de vrai qui se rencontrent de côté et d'autre, pour se bien assurer de quel côté est le vraisemblable : mais quand on en est une fois assuré, il faut, comme j’ai dit, par rapport à la pratique le regarder comme vrai , et ne le point perdre de vue ; sans quoi on tomberait nécessairement dans l’inaction ou dans l’inconstance ; caractère de petitesse ou de faiblesse d’esprit.

I9i. Plusieurs s’imaginent que l'indétermination et le changement viennent souvent des lumières de l’esprit , qui aperçoit toutes les raisons et toutes les apparences de vérité pour et contre un même parti , et qui sent toute la force des unes et des autres : ce qui l’empêche d’abandonner entièrement les unes en faveur des autres. Mais au fond cette indétermination est toujours un défaut de l’esprit , qui , au milieu des faces diverses d’un même objet, ne discerne pas lesquelles doivent l’emporter sur les autres. Or, c’est ce que doit voir un esprit juste, dans la nécessité de se déterminer. Hors de ce besoin , on pourrait très-bien , et souvent avec • plus de sagesse, demeurer indéterminé entre deux opinions qui ne sont que vraisemblables, comme je l’ai déjà exposé.

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