CHAPITRE PREMIER
De l’éire en général.
195. Nous avons recherché jusqu’ici quel était, dans nos jugements, l’endroit qui leur donne le caractère de premières vérités. 11 s’agit présentement de découvrir la nature elles propriétés des êtres sur lesquels, en général, nous portons notre jugement, de sorte que la considération précise de leurs principaux attributs nous fournisse des notions exactes, qui fassent autant de premières vérités au sujet de tous les êtres.
Il semble que nous devrions exposer d’abord ce qu’est V être en soi ; mais l’idée en est si simple et si nécessaire, qu'on ne peut le faire davantage connaître. Ainsi, quand nous dirons que l 'être est ce qui existe ou ce qui est opposé au néant, comme le disent quelques-uns, la chose n'en sera pas plus éclaircie ; puisque les termes de la définition , tels qu'exister, néant, ne sont ni plus clairs ni plus simples que celui d’être.
196. Dans quelque être que ce soit, ce que l’on y peut découvrir en général se considère sous deux regards : 1°. par les endroits sans lesquels il ne serait pas dit cet être même ; c’est ce qui s’appelle V essence ; 2°. par les endroits sans lesquels il serait dit encore ce même être ; c’est ce qui s’appelle mode ou manière d'être. Ainsi, quand nous trouvons que