‹ Œuvres philosophiques du Père BuffierChapitre 65 sur 174 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De deux notion!) de Yessenee attribuées l'une à l’iaton et l’autre à Descartes.

203. La première et la plus ancienne de ces opinions est celle qu'on attribue à Platon, savoir : que V essence île chaque chose est par elle-même éternelle et immuable. Examinons île prés quel est le sens légitime de ces termes, qui ne peuvent s'entendre que d une essence réelle ou d’une essence représentée.

20i. Si on les entend d’une essence réelle, on parle d’une chose existante réellement en quelque temps que ce soit : présent, passé ou avenir. Or, je ne sache point d’ètre existant par lui-méme, éternel et immuable, sinon Dieu , qui a créé tous les autres dans le temps et à sa volonté , et , par là, il n’y a aussi d’essence qui soit éternelle et immuable que celle de Dieu. Si c’est que Platon s’imaginait que les essences existantes de toutes choses étaient de soi éternelles, comme l'est celle de Dieu , il aurait enseigné une fausseté également impie et manifeste, dont l’expression seule doit nous paraître dangereuse, au lieu de la faire valoir. „

203. De plus, dire que l’essence réelle est immuable, c’est dire que Dieu même ne peut altérer en rien les choses existantes telles qu’il les a faites (car c’est là ce qui' nous appelons essence réelle). Or, que Dieu ne puisse rien changer aux choses

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