DEUXIÈME PARTIE. — CHAP. VHL
parce qu'il n’aurait pas défini la chose» indiquée selon l'usage reçu par le mot triangle.
225. Sur cela il est bon d'observer encore que cette nature (exprimée par la définition d’un mot, quel qu’il soit), étant supposée une fois, on en tire des conséquences dont le tissu forme une science aussi véritable que la géométrie, qtii a uniquement pour base la définition des mots. Tout géomètre commence par dire: j’entends par le mot point, telle chose ; par la ligne , telle autre chose , et de cette définition de mots (qui sont autant de natures que l’esprit forme à son gré), on parvient aux connaissances les plus profondes, aux conséquences les plus éloignées , et aux démonstrations les plus infaillibles et les plus évidentes. Mais il faut toujours se souvenir que ce sont là des vérités qui n'ont pour fondement que des natures idéales de ce qu’on 8’(»st mis arbitrairement dans l’esprit , sans que cola montre ou enseigne rien de la nature existante et réelle des choses.