‹ Œuvres philosophiques du Père BuffierChapitre 75 sur 174 · DEUXIÈME PARTIE. — CHAP. IX · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — CHAP. IX

sister à de violents coups de marteau, et pour propriété d’être extrêmement dur, quel droit aura-t-on de s’y op|>oser? On me dira que c’est qu’on conçoit la dureté dans le diamant avant la disposition de résister au marteau : et moi je dirai que j'ai expérimenté d’abord , et par conséquent que j’ai conçu en premier lieu dans le diamant la disposition de résister aux coups de marteau , et que par là j’en ai conclu sa dureté, laquelle, sous ce rap]>ort , n’est connue qu’en second lieu. Dans cette curieuse dispute, je demande qui aura plus de raison de mon adversaire ou de moi? De part et d’autre, ce sera une dissertation qui ne peut se terminer sensément qu’en reconnaissant que la propriété est l’essence et l’essence est la propriété ; puisqu’au fond être dur et être pro- ‘pre à résister à des coups de marteau sont absolument la même chose sous deux regards différents : l’un n’a de prérogatives par rapport à l’autre, que celle qu’il plaît au hasard ou à mon imagination de lui attribuer; et c’est tout ce qui suffit pour discerner l’essence d'avec la propriété. Mais si ce discernement est aussi peu important que nous le disons, valait-il la peine de nous arrêter? oui : l’occupation la plus judicieuse d'une vraie philosophie est de dissiper les embarras et les frivoles difficultés d’une partie des philosophes.

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