‹ Œuvres philosophiques et morales de NicoleChapitre 116 sur 196 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ATutages que la pratique de la civilité procure à ceux en^en qui on Tezerce.

Mais si la pratique de cette civilité chrétienne est utile pour nous, elle ne Test pas moins pour les autres. S'ils sont spirituels, l'affectien que Ton leur témoigne redouble leur charité : et s'ils sont charnels, elle flatte à la vérité leur amour-propre, ce qui est un mul qui vient de leur mauvaise disposition, mais elle les préserve d'un beaucoup plus grand où ils tomberaient si Ton n'avait soin de les soutenir en leur faisant paraître de l'affection ; car, si Ton n'a soin de les entretenir en cette manière par les devoirs de la civilité humaine, ils s'éloignent absolument de ceux qui les traitent avec indifférence, et ils perdent toute la créance qu'ils avaient en eux, de sorte que l'on devient incapable de les servir. Il est donc de la charité de les soutenir dans cette faiblesse, en leur faisant paraître qu'on les aime et qu'on les estime, en attendant que la charité succède à cette disposition imparfaite.

Il faut agir avec les hommes comme avec des hommes, et non comme avec des anges. Et ainsi il'est nécessaire que notre conduite envers eux soit proportionnée à leur état commun. Or cet état comoiun est que l'amitié et l'union qui est entre les personnes même de piété, est encore mêlée de beaucoup d'imperfections ; de sorte qu'on doit supposer qu'outre les liens spirituels qui les unissent entre eux, ils sont encore attachés par une infinité de petites cordes tout humaines dont ils ne s'aperçoivent pas, et qui con~ sistent dans l'estime et dans l'affection qu'ils ont les uns pour les autres, et dans les petites consolations qu'ils reçoivent du com* merce qu'ils ont entre eux. Et la fermeté de leur union ne dépend

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