‹ Œuvres philosophiques et morales de NicoleChapitre 22 sur 196 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Qu'il se faut instruire par les jugements qu'on entend faire des autres.

Mais, outre les instructions que l'on peut tirer des défauts des iHttres que l'on aperçoit par soi-même, on peut en tirer aussi de ibrt importantes des jugements qu'on en entend faire à ceux qui s'en entretiennent ; car on en peut apprendre que c'est en vain que 1'^ dissimule ses défauts, et que l'on s'offense de ceux qui M parlât; que l'on ne fait par là qu'y appliquer les gens un peu davantage, parce qu'au lieu qu'ils sont d'ordinaire fort indulgents aux imperfections de ceux qui les reconnaissent de bonne foi, ils ne souffrent au conbpaire qu'avec impatience celles qu'en prétend ead^er, et dont on ne leur permet pas de parler avec liberté. Que sHlS gardât quelque retenue eir parlant a^ec ceux dont ils ont quelque sujet de se défier, ils trouvent toujours quelqu'un à qui ils se déchargent, et par ce moyen ces jugements se répandent en secret de l'un à l'autre, à peu près comme si Pon en parlait puMtquement. De sorte qu'A fout faire étatc|uele seul aojf^&dWpè-

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On peat eACOie appreadre par les jugeneiile qu^oR entend fiûre des attirée, que presque personne ne sait ee qn'èn pense de lai, ni quelle impression ses actions fbnt surPesprit du mendef é\m il arrive qu'en se formant de fausses idées de h dispesitiott des autres envers soi, on prend ensuite de fausses mesures. On ne fnit pas le bien qu'^ pourrait faire, et en ne prévient pas le mal qu'on aarait pu prévenir. On cboqoe les antres en mille manièpes sans le savoir, et Ton rompt ainsi peu à peu tons les liens qui formaient TuDion qu'on avait avec eux.

On s'aperçoit bien à la fin de quelques-uns de ees mauvais effets, mais cela ne feit qu'augmenta l'illusion où lk)n est ; car» fiiQle de oonnattre ee qu'il y a effectivement de choquant en notre conduite, on rejette tout le tort sur les autres, on leur attribue des mouvements, des intentions et des desseins auxquels ils n'ont jamais pensé; et sur cela <m se forme d'eux des idées peu avantageuses, qui, paraissant au dehors par quelques marques exié» Heures, augmentent encore Moignement qu'ils ont de nous. '

W est vrai qu'il ne faut pas régler absolument sa conduite sur les opinions et lee impressions des autres ; mais quand ees opi- BioDs et ces impressions sont uniformes, elles donnent souvent lieu de reconnaître qu'elle n'est pas réglée selon les lois de Dieu , te autres étant d'ordinaire plus subtils que neus-mémes à découvrir ce qui vient en nous de passion et d'amour-{Nropre. Seu* ^nt même, hursque ces impressions sont injustes^ elles ne laissent pas d'avoir quelque cause en nous, à laquelle on^peurrail remédier. Enfis, quek^e déraisonnablee qn'eUes soient, eemme elles peuvent être ou aigries ou adoucies par noire emuluile, qn'ellee Mrveat d'obstacles à certaines entreprises, etqu^elles en filètent d'autres, et qu'on peut quelquefois prendre des biais peur les éviter, il est toujours bon de les savoir, pourvu qu'en ait la force de kB souffrir»

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