CHAPITRE XIU
Qu*il y a toujours bien des choses que nous ne connaîtrons jamais en nous. Bornes duis lesquelles il se faut rmferBsr en s'étudiaat soi -mémo.
La pratique de ces moyens n'est pas seolene&t utile à nous faire conuattre quantité de défauts que nou& ne dmnaissoBft p^, mais ^lle est très piQj^e aussi à (Â>teDir de Dieu qu'il nous assiste de ses lumières dans cetle étude de nous-mêmes, à quoi nous nous appliquons. Il ne faut pas néanmeins prét^ndve, quel-
qwpagfès qo'en y bse», de pott^oir jw— io aimw à 8»i Mtm parfiûleiiieiit. Il y a toujours dans le'oœur de l'honmie» taal ipi^ esi 60 odte vie, des abîmes împéBélrables à loules ace r*« obeidies. St e^eet mém% une partie de la comiaiawiice qu'on peut Hoir de aol^nêoM, que de bien eompreodre que l'on ne ae ean* naît pas avec aBSuranee dans ce qui paraît même de plue eaaentiel et de plus important.
Car on ne connaît jamaiaaTeo certitude ce qu'on appelle le fond du cœur, ou cette première pente de Tàme qui &it qu'elle est ou à Dieu ou à la créature. Je veux dire qu'on ne connaît jamais certainement que l'on soit à Dieu, quoique l'on puisse connaître qiMlqaelMl areo oertitude que l'on n'y eat pai^
On ne oonnali point non plus avec une assurance entière rka*» bitatiqfade I>ieu dans l'àme eooune dans aon temple, parce qui% c'est une suite de cette première pente du oceur*
On ne connaît point avec certitude, dans les actions particulières» si l'amour de Pieu en est le principe, ou si la nature et la coutume n'empruntent point la forme de l'amour de Dieu.
Nul we eomiatt avec certitude si sea péchés sont remis* On ne oonnali peûit le degré précis de sa faiblesse etde sa force* On ne connaît point ce que Dieu nous impute, ou ne nous imputa pas dea productâeas continuelles de notre concupiscence.
Enfin, on ne connaît avec évidence ni les approches de Dieu ni son éloigaevMnt; car souvent on croit avoir hi grâce, lorsque Pespril i^t ùKWpk que de pensées et de mouvements tout naturels, et sQwvant «us^i on prend pour des mouvements de la nature de véritables opérations de la grâce.
On doii donc supposer qu'avec toute notre étude et toutes nos recherches, nous dîrâieurerons toujours inconnus à nous-mêmes en cette vie* Mais comme cette ignorance nécessaire est dans Tordre de Dieu, il la faut souffrir humblement, et croire même qu'il nous est utile d'y demeurer. Il n'y a que l'ignorance volontaire 91e nous devons éviter, parce qu'elle est contraire à cet ordre.
En un mot, noua ne devons désirer de nous connaître qu'autant que Dieu le veut; et Dieu ne veut que nous nous coanfùssions qu'antant quHl nous est nécessaire pour nous humilier et pour noua condoire. Ainai, luate appUoation à percer dans le fond de notre cfBnr, qui n>st pas renformée dans ces homoB, n^est point agréable à Dieu et no saurait être utile.
il ne Suit donc paa teUement s'occuper de ses défauts que» aoua>
prétexte d'éviter la présomption, on tombe dans le découragement et dans le trouble. G'esf pourquoi, quoi qu'on ait dit de ce portrait qu'il faut essayer de faire de soi-même, s'il arrivait néimmoiiis qu'on fût tellement effrayé de ces objets que l'âme en pût être en quelque sorte renversée, il vaudrait beaucoup mieux l'en détourner pour ne l'occuper que de la miséricorde de Dieu.