CHAPITRE IX
Que nous devons principalement avoir en vue d'pbéir à Dieu dans le moment présent. Que quelque éloigné de Dieu que Ton soit, on peut rentrer dans son ordrs tn vu instant. Qae la loi de Dieu découvre h tous un chemin do paix.
Ce désir de oemiaUre la volonté de Dieu regarde particulièrementis présent; car encore que Ton paisse prévoir quelquefois ce qae l'on doit faire à Pav0nir, ce ne doit jamais être que brsque c'est on devoir présent d'y penser. Ainsi l'on peut ^re que la voie de la vérité et la voie de la vie consiste à regarder ce que Dieu demande de nous dans le moment présent, et à l'eiécuter à Pinstant, c^est-à-dire à prier quand Dieu «veut que nous priions, à souffrir quand Dieu veut que nous souffrions, à agir quand il veut que nous agissions, à s'occuper de l'avenir quand il veut que nous nous en occupions, à penser à nous quand il veut que nous y pensions, et à priser aux autres quand il nous ordonne d'y penser.
Mais que devrait-on faire si, en considérant son état présent, on le trouvait déréglé et contraire à Dieu ? On devrait faire ce qiK IMeu prescrit ; car il n'y en a point en ce monde de si malheoraiw et de si dérêglé,daq«iel on ne puisse r^atrer dans l'ordre de Dieu à ^instant même; comme il n'y a point d'état si heureux, si saint, si confDrme à la volonté de Dieu, dont on ne puisse sortir à toQt moBaent. U y a toujours une ligne de tout état à Dieu; et sitôt que l'on commeace à msffcher sur cette ligne, ofi est dans son ordre. ISi l'on est dans le vice, la ligne qui mène à Dieu est d'y renoncer et de se nésoodre d'embrasser tous les moyens nécessaires ponr en sortir, et de pratiqui» à l'heure même celui de ces moyens qui est le plus dans Tordre de Dieu. Si l'on est mal entré âai^ ane eharge, qu'il soit nécessaire de la quitter, et que l'on le poisse faire à l'heure mMne, on rentre dans l'ordre de Dieu m la quittant eSectivement. Mais si la prudence ne permet pas que l'en aorte de cet étet à l'heure même, il suffit qu'on le Casse par ledésir ; et alors, quoique I'khi y soit entré ccmtre l'ordrede Dieu, ce n'est plus contre son ordre que l'on y demeure, puisqu'il n'y a plos que sa volonté qui nous y retienne.
Ainsi, ce ne sont pas seulement les justes qui, en consultant la ioi de Dieu, entendent au fond de leur cœur une réponse de paix, comme disait le prophète ; « J'écouterai ce que le soigneur mon Dieu dira au-dodans do moi, parce qu'il annoncera la paix pour îîon peuple : " Audiam quid loquetur in me dominus Deus, quon%am>
loquetur pacem in plebem suam, « Ce ne sont pas seulement les saints, et super sanctos suos; ce sont aussi les plus grands pécheurs, pourvu quMls rentrent en eux-mêmes etquMls se tournent vers Dieu : « Ceux qui se convertissent en rentrant au fond de leur cœur i» Et in eos qui convertuntur ad cor. Cette lumière divine leur découvre à tons un chemin de paix ; mais il est vrai qu'il est plus difficile aux uns qu'aux autres, et que souvent il parait à ceux qui sont plongés dans le vice, si rude et si escarpé, qu'ils désespèrent d'y pouvoir marcher. Mais, pourvu qu'ils se fassent violence, il ne teur est pas impossible, puisque cette même lumière qui leur montre ce chemin, leur découvre aussi un secours qu'ils peuvent obtenir par leurs prières, et qui leur peut donner plus de force qu'il n'ont de faiblesse.