DEUXIÈME PARTIE
CHAPIT&S PREMIEfi.
Que U Tue de U volonté de Dieu comme justice noua oblige de nous soumettre à cette même volonté considérée comme cause de tous les événements. Qu'il faut remonter dans tons cea érénementa jusqu'à ta première cause, sans s'arrêter aux aecondea.
Nous venons de voir la première manière de considérer la vo« lonté de Dieu , qui contient en quelque sorte teuto la vie chrétienne, puisqu'elle enferme la connaissance et Tamour de la loi de Dieu.
Mais cette vue même, par laquelle nous regardons celte loi comme la règle do nos actions, nous conduit d'ello-mèmç à nous soumettre
A Là VOLONTÉ DE DIEU. m
'fà la Toknité de IMea, considérée comme cause de tout ce qui se Sût dans le monde, excepté le pédié qu'elle ne fait qoe permettre; et c'est la seconde manière selon laquelle nous avons dit qu'on la devait regarder. Car en découvrant par ta foi ces grandes vérités, qoe Dieu fait tout, qu'il ordonne tout, qu'il règle tout, que rien n'échappe à sa providence ; que par tout ce qui arrive dans le monde, il «x^rce ou sa miséricorde ou sa justice ; que les créatures n'ont de pouvoir que ce qu'il leur en donne; qu'elles ne sont que les iastruœ^ftts et les ministres de ses ordres; quWles ne sont, selon rexpreesion de l'Écriture «, que comme une • cognée dans la main de celui qui en coupe, et comme un bâUm dans la main de celui qui en frappe, » nous voyons en môme temps dans cette même volonté, considérée comme la justice souveraine, qu'il est juste que Dieu règne et que nous obéissions ; que c'est à' lui à nous ooaduire, et à nous à le suivre; que c'est à nous à nous conformer à sa volonté, et non pas à vouloir qu'il s'accommode à la n6tre; et que cette volonté étant toujours juste et toujours sainte, elle est aussi toujours adorable, toujours digne de soumission et d'amour, quoique les effets nous en soient quelquefois durs et pénibles, puisqu'il n'y a que des âmes injustes qui puissent trouver à redire à la justice, et qu'ainsi la peine que nous avons quelquefois à nous y soumettre est une preuve de notre injustice et de notre corruption, qiu nous doit porter, non à nous en prendre à Dieu, mais à BOUS <»i prendre à nous-mêmes, en nous disant avec le prophète* : iVbnne T^eo subjecta erit anima tnea ? « 0 mon âme 2 ne te sou* loettras-tu point à Dieu ? «
Mais pour s'établir dans cette soumission à laquelle La justice même nous oblige, il est bon de regarder souvent cette volonté de ^ieo, opérant^dans le monde et agissant par toutes les créature&i Car œ qui cause en partie celte révolte que nous sentons dans les choses qui nous arrivant, est que nous nous arrêtons trop aux obtures, et que nous leur imputons les événements. Nous ne voyons que le bâton qui nous frappe et qui nous châtie, et nous ne voyons pas la. main qui s'en sert. Si nous découvrions Dieu partout, et que nous le regardassions au travers des voiles des créatures; si nous voyions que «'est lui qui leur donne tout ce qu'elles ont de puissance, qui les pousse dans les choses qui sont bonnes , et qui, dans les mauvaises , détournant leur malice de tous les autres objets auxquels elle se pourrait porter, ne lui laisse point
(a) Iiaîe, x, 15. (6) ps. LU, 2.,
m DE LA SODMISSION
d'autre cours que celui qui sert à Texécution de ses arrêts éterneb, ^ la vue de sa justice et de sa majesté arrêterait nos plaintes, nos murmures et nos impatiences : nous n'oserions pas dire en sa présence que nous ne méritons pas le traitement que nous souffrons, et nous ne pourrions avoir d'autres sentiments que celui qui faisait dire à David" : « Je me suis tu , et je me suis humilié, parce que c'est vous qui l'avez fait : » Ohmutui ethumiliatus sum^ qtioniam tu fedsti. Mais nous sommes bien aises de nous cacher ces vérités, pour avoir sujet de décharger notre mauvaise humeur sur les créatures, pour nous plaindre de leuir injustice, et pour nous per* suader que c'est à tort que nous sommes affligés.