DE LA SOUMISSION ALA VOLONTÉ DE DIEU
la volonté souveraine de Dieu entretient dans le fond do Tâme d'un chrétien, qui calme et qui modère tous les mouvements {^ticuliers. C'est cette paix dont ceux qui aiment la loi de Dieu joffisent toujours, comme dit David : Pax multa dUigentibus legem iuam; C'est cette paix que Jésus-Christ laissa à ses disciples en quittant le monde, et que le monde ne connaît point : Pacem relinquo vobis, non quomodo mundus dat, ego do vobis *. C'est cette paix que l'apôtre saint Paul souhaite aux fidèles, comme nous avons déjà dit, afin qu'elle garde et leur cœur et leur esprit : Custodiat corda vestra et intelligentias vestras '. Elle apaise les agitations du cœur^ en l'attachant à la volonté immuable de Dieu; elle arrête les troubles que produit dans l'esprit la multiplicité de ses pensées par cette unique pensée: Dieu le veut. «Et elle fait ainsi que l'homme se laisse amoureusement emporter au torrent de la Providence, sans se mettre en peine d'autre chose que de s'acquitter fidèlement des devoirs particuliers qui lui sont prescrits à chaque moment par la loi de Dieu.
(a) Ps. cxviii, 166. (6) Joan., xiv, 27; (c) Phil,^ iv, 7.
NOTES
Note 1 , page 105. •— C'est ici le lieu de rappeler le célèbre passage de Cicéron sur la loi naturelle : • Est quidem vera lex^ recta ratio ^ naturœ congruens, diffusa in omnes, etc. Répuh,, UT, 17.
Note 2, page 115. — Pavillon, évêque d'.ilet, né à Paris en 1597, mort en 1677, un des prélats les plus recommandables du dix-septième siècle. Il était lié avec Aruauld et les jansénistes, ce qui l'engagea dans quelques démêlés avec le Saint-Siège.
Note 3, page 125. — Nicole est revenu sur cette pensée dans son Traité de la ^vigilance chrétienne , cb. iv, Essais de Morale ^ t. IV.
Note 4, page 127. — Leibnilz a distingué de même la volonlc o/i/c/cedente, qui consiste dans rinclinatiou à faire une chose à proportion du bien qu'elle renferme ;*qui, par conséquent, regarde chaque bien à part en tant que bien ; et la volonté conséquente y^ntXe^ et décisive qui résulte du couflit de toutes les volontés antécédentes, comme dans la mécanique le mouvement composé résulte de toutes les tendances qui concourent dans un même mobile. C'est en vertu de sa volonté antécédente que Dieu exclut le péché; c^est en vertu de sa volonté conséquente qu'il le permet. Voyez Essais de Théodicée, part. I, % 22 et suiv.