M M LA CHARITÉ
autant de pAit, deiûr«té tt de oommodtté, que si l'on était dang une républicitte de ealnt».
Ge n'est pas qne cette indination tyranniqoe, qui porté à vouloir dominer par la force sur les autres, ne soit toujours Tarante dans le ccBur des hommes; mais comme ils se voient dans Fiiûpulssance d'y réussir, ils sont contraints de la dissimuler jusqu'à ce. qu'ils se soient fortifiés en gagnant d'autres hommes par des voies de douceur, pour avoir ensuite le moyen d'en assujettir d'autres par la force. Chacun pense doue d'abord à occuper les premières places de la société où il est , et si l'on s'en voit exclu , on pense à celles qui suivent. £n un mot, on s'élève le plus qu'on peut et on ne se rabaisse que par contrainte. Dans tout état et dans toute condition on tâche toujours de s'acquérir quelque sorte de prééminence, d'autorité, d'intendance, de considération, de juridiction, et d'étendre son pouvoir autant que l'on peut. Les princeSbfont la guerre à leurs voisins pour étendre les limites de leurs États; les officiers des divers corps d'un même État entreprennent les uns sur les autres. On tâche de «se supplanter et de se rabaisser l'un l'autre dans«tou8 les emplois et dans tous les mittistères'^ et si les guerres que l'on s'y fait ne sont pas si sanglantes que. celles que se font lee princes, oe n'est pas que les passions n'y soient iiussi vives et aussi aigres, mais c'est pour l'ordinaire que l'on craint les peines dont les lois menacent ceux qui ont recours à des moyens violents.
Rien n'est plus propre, pour représenter ce monde spirituel formé par la conoopiecence, que le monde matériel formé par la nature, c'est-à-dire cet assemblage de corps qui composent l'uni-* vers;^ car l'on y voit de même que chaque partie de la matière tend naturellement à se mouvoir, à s'étendre et à sortir de sa place, mais qu'étant pressée par les autres corps, elle est réduite à une espèce de prison dont elle s'échappe sitôt qu'elle se trouve avoir plus de force que la matière qui l'environne. C'est l'image dé la contrainte où l'amour-propre de chaque particulier est réduit par celui des autres, qui ne lui permet pas de se mettre au large autant qu'il le voudrait. Et l'on va voir tous les autres mouvements représentés dans la suite de cette comparaison; car comme ces petit^corps emprisonnée, venant à unir leurs forces et leurs mouvements, forment de grands amas de matière que l'on appelle des tourbillons^, qui sont comme les États et les royaumes; et que ces tourbillons étant eux-mêmes pressés et emprisonnée' par d'autres tourbillons, comme par des royaumes voisins. Il se fgrme de petits tourbillons dans chaque grand tourbillot), qui,*
suivant le mouvement général du grand corps qui les entraîne, ne laissent pas d'avoir un mouvement particulier, et de forcer encore d'autres petits corps de tourner autour d'eux; de même les grands d'un État en suivent tellement le mouvement, qu'ils ont leurs intérêts particuliers, et sont comme le centre de quantité de gens qui s'attachent à leur fortune. £nûn, comme tous ces petits corps entraînés par les tourbillons tournent encore autant qu'ils peuvent autour de leur centre, de même les petits, qui suivent la fortune des grands et celle de l'État, ne laissent pas, dans tous les devoirs et les services qu'ils rendentaux autres, de se regarder eux-mêmes et d'avoir toujours en vue leur propre intérêt.