‹ Œuvres philosophiquesChapitre 14 sur 32 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

en leur possession le secret des hiéroglyphes , dont le peuple n'entendait plus le sens, renfermèrent leurs seerets au fond du sanctuaire, ci firent de la théologie particulièrement une science occulte et mystérieuse. Isisfut pour tout Je monde d'abord l'astre qui présidait à la nuit, divinité bienfaisante dont le cours et les influences supposées faisaient la matière d'allégories plus ou moins ingénieuses. Mais le peuple, trompé par ces fables, et dominé par les sens, laissa échapper ce qu'il y avait de caché sous ces apparences matérielles. Isisdevint pour le peuple égyptien, et à la lettre, une reine, femme d'Osiris, mère d'Horus, belle-sœur de Typhon. Tandis que le peuple répétait naïvement son histoire merveilleuse , les prêtres de leur coté, altérant les traditions qu'ils avaient reçues, faisaient d'ïsis le principe passif de l'univers : c'était l'eau ; c'était la terre; c'était la matière en général; enfin elle devint la nature universelle. Or, à mesure qu'ils croyaient faire des progrès dans cette science sublime, les prêtres étaient intéressés de plus en plus à dérober au vulgaire les connaissances qu'ils croyaient seuls posséder. De là ces précautions infinies pour s'assurer de la discrétion de ceux que l'on initiait à ces mystères relevés, les épreuves qu'on leur faisait subir, les degrés différents par lesquels on les faisait

lentement passer : quelques uns seulement obtenaient une révélation complète ; la plupart restaient en arrière, distribués sur les différentes parties de léchelle, par laquelle on parvenait au dernier degré; et s'il est vrai que Pythagorc ait postulé pendant un grand nombre d'années la faveur d'être initié à toutes les sciences de l'Egypte , et qu'elle ne lui ait été accordée qu'après avoir subi la circoncision, qui l'agrégeait en quelque sorte au collège sacerdotal , on pourra juger quelle réserve scrupuleuse était apportée dans la communication de cette doctrine secrète , dont la manifestation eût ébranlé tout le système religieux. Ainsi l'origine et même la nature des mystères se seraient dévoilées, les nuances qui pouvaient les distinguer se seraient marquées, en un mot les traces du polythéisme dans sa marche eussent été suivies, si l'on n'eût pas fait confusion sans cesse de l'enseignement extérieur qui réglait le culte public et servait de base à la religion, avec la doctrine intérieure et secrète qui se distribuait aux seuls adeptes, sous le sceau des plus inviolables serments.

Serait-ce une raison toutefois pour faire de ces prêtres et de tous ceux qui ont été depuis admis à l'initiation des mystères autant de philosophes? Nous ne le pensons pas. 11 est à rc-

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