‹ Œuvres philosophiquesChapitre 14 sur 55 · II · texte numérisé non relu

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les Cartésiens ont manqué en comptant pour rien les perceptions dont on ne s'aperçoit pas, comme le vulgaire compte pour rien les corps insensibles ; de là aussi la négation d'âme des bétes , et d'autre principes de vie , etc. »

Je n'ai pas besoin de citer ici les passages des deux discours immqrtdis sur V histoire naturelle de r homme et des animaux , où notre illus^e Ba£fon j dont la doctrine est assez universellement coanue , a été lui-même conduit à reconnaître une sorte de sensibilité matérielle, et un état simplement affectif, pareil à celui dont nous voulons exprimer Vidée et retracer les caractères et les signes.

En complétant ces rapprochements, qu'on ne peut ici qu'indiquer , on verrait comment des hommes de génie si divers , contemplant la nature sensible et intellectuelle , chacun dans un horizon différent, ont rencontré à la fois l'idée d'ime sorte de progression , suivant laquelle les premiers éléments organiques réduits d'abord dans leur isolation au degré affectif, le plus bas que l'imagination puisse

tester; mais puisqu'il accordait aux animaux tout ce qui n'est point pensée , il leur attribuait donc bien implicitement ceUe plfectibilité simple dont nous parlons. C'est ce fue Bu£fon a exprimé d'une manière plus positive, quand il a reconnu des semaiioiis maiè' rielUs sans pensée. Condillac a combattu fortement, et, ce me semble , avec bien peu de ménagement , ces vues de Buffon sur les facultés des animaux , comparées à celles de l'homme; peut-être de telles vues eussent-elles mérité pkus d'égards et un plus mûr examen.

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atteindre 9 ^ tirouveraient élevés, d'appès çertawe^ lois^.e( en vertu de Jeur coordinaltion m $y^mke$ jusquà ces modes plus complets d'existence, qui, sous le nom de sensations matérielles , de pereep^ tions obscure^ , ou di affections simples^ demeurent loujours par euxHoiémes étrangers à la <»mscience i hors des limites de la pensée , et de tout^ les £iculté$ réflexives qui caractériseiit l'inteUigaice humaine.

Supposons^ avec Leibnitz, l'existence des ma* nades ou déments sensibles^ en leur accordant ime acti(m ou influence réciproque (j). Admettons, avec Buffon^ la toordination vitale des molécules orga^ niques^ après qu'elles ont été soumises au loén^e moule m/^r/e2/r; transportons-nous^nsuiJteau tempa où la monade centrale n'exerce pas encore sa puissance, ou force vivante de représentation, sur les affections générales et confuses où elle est comme enmhppée ;écajptons aussi cette/b/V72i? simple d'«perception ou de pensée (2) , dont 4ant d'êtres sentants sont privés , et qui, absolument voilée pour l'homme dès les premiers temps delà vie, est encore si sujette à s'obscurcir dans les mêmes circonstances, où la sensibilité se trouve le plus vivement excitée.... Et nous aurons peut-être conçu , jusqu'à un certain point , dans la perception obscure sans conscience ,

. (1) Oa connaît ks vues syfitématîgued qoî avaient conclût Leibnitz à refuser à ses monades cette action réciproque.

(2) Voyez les Discours sur la nature de Vhoimme et sUt câk des ammaux: (HisU nsX^ tom. III et IV.)

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recoi^nue par le métaphysicien naturaliste , comme dans la sensation matérielle , admise par le naturaliste philosophe, l'élément simple, la matière precÉiière de la sensation ou de Vidée.

Mais ces dernières limites de sensibilité, jusqu'où de puissants génies ont senti le besoin de pénétrer, et qu'ils n'ont pas désespéré d'atteindre, se présen-^ tent ici sous des formes hypothétiques, bien obs* cures sans doute. Il faudrait chercher à les concevoir sous des symboles plus clairs ; les rattacher à des conditions plus palpables. C'est dans ce premier point de départ qu'on sent toute la nécessité d'une application de la physiologie à la science mixte des facultés humaines.

mAhbs distinctions btâblibs par lss physiologistes.

Bacon était trop prévenu contre le vague des notions métaphysiques; il sentait trop bien l'avantage de cette méthode d'expérience , à la propagation de laquelle il avait tant contribué , pour ne pas tendre à rattacher à des conditions organiques intelligibles, une distinction qu'il avait admise, dans un autre point de vue , entre la perception ou l'impression simple et le sentiment C'est ce qui le fit recourir à l'hypothèse que l'on trouve exposée dans son histoire curieuse de la vie et de la mort, où il admet

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