III
d'ukb analyse physiologique de la motilits.
Les impressions faites d'abord sur les extrémités nerreuses 9 suivant un physiologiste célèbre, étant transnmes au centre commun du système sensitifeit moteur^ ce centre réagit d'abord sur l'organe nerveuX; et de là résulte la sensation; puis sur les parties nmsculaires , et de là suit la contraction ou le mouvaoïent. Or, ^'esit cette dernière réaction qui constitue la vohmté.
Eatendons^nous ici sur la valeur des termes , ou surTe^cedes i^^^ que nous pouvons y rattacher.
A la r^K^tion d'«m centre organique peut correspondre V&cerdce d'une volonté; mais V image d'une
tl) Expression de M. Merîan. Voyez plus haut.
BE LA PJBW5££. «99
^Ua réaction et Vi^ée réâexive 4' un vonkloir^ «ont xleux can€api:ions «î hétérogèoas^ qu'on ne sauiirait tout au plus ad«ie4tre l'wie que comtm signe oir 6yinJt>ole de Vanatjm «asâ pou^^r les îdbBib^ ni marne ka assocki* dans un même ra|]ifKirt d^ oanae et d'effet.
Nous l'avons remarqué déjà (voytz la prennàre partie , § HI ) , le phywologiste et le laél^hystô^i ne s'occupent point du tout du ssieme ordre de faits.
Le premier concentrant aon imagination ou sa vue extérieure $ur le jeu et 1^ fonctions des oi^afiâs, peut n'en étudier que le maiériei ou le #»; comme celui qui sans songer aux choses représentées, s'arrêterait aux traits d'une langue écrite ou aux simples peintures des hiéroglyphes.
Le philosophe va plus loin ; et lorsqu'il s'occupe à son tour des instrutnents organiques et de leur jeu, il peut y avoir des symboles propres à le conduire, en vertu d'une liaison naturelle ou hypothétique, à un autre ordre d'idées qu'il ne peut directement atteindre.
Étudie-t-il, par exemple, les circonstances d'une fonction telle que la contractilité musculaire? il s'attachera à y découvrir la condition particulière qui peut correspondre pliénoménalement au sentiment d'un effort voulu ; pour circonscrire ainsi en représentation l'étendue, les bornes et les moyens d'exercice d'un pouvoir qui ne se manifeste point au dehors, mais dont l'idée propre est toute en réflexion.
20O DE UL DECOMPOSITION
Mais là où cesse le sentiment et Vupercêption possible I là se trouve aussi placée , pour le philosophc; la borne de son domaine : plus loin les phénomènes organiques cessant de correspondre à des fiûts intérieurs , ne rempliront plus les fonctions de signes j ou ne lui parleront qu'une langue morte, étrangère, dont il né saisira aucun analogue avec sa langue vivante... En restreignant ainsi la valeur des symboles physiologiques, voyons pourtant comment le philosophe pouirait s'en aider pour fixer des idées si sujettes autrement à lui échapper dans leur origine ou leurs limites.
( I. Différentes espèces de contractilité musculaire , distinguées par les physiologistes. )
Le phénomène général de la contractilité musculaire ofFre trois cas particuliers qui, distingués avec une précision nouvelle par des physiologistes modernes, ont été rapportés à trois propriétés ou fonctions vitales différentes (i).
1° Contraction organique insensible j propriété inhérente à la fibre musculaire, ou peut-être, communiquée à cette fibre inerte et passive en ellemême, par l'action propre des nerfs répandus et cachés dans son intérieur : question étrangère à
(1) J'emploie toujours de préférence la division de Bichat, par les raisons énoncées dans la note du chapitre P*^ , page 154
DE LA PEirSÉE. 20I
l'aaalyse philosophiqi^ ^ qui n'a point à s'ocoiper expressément de cette propriété vitale.
a° Contraction organique sensible : propriété du même ordre que la précédente, ou différente par le degré seulement. Ici l'impression faite sur la fibre musculaire , directement reçue par elle ou par les filets nerveux qui y sont répandus y est transmise au centre général du système^ La seule circonstance qui différencie cette impression musculaire de toutes les autres, c'est qu'elle n'a point le caractère affectifs propre à celles qui sont reçues directement par l'organe nerveux (à moins qu'il n'y ait lésion dumuscle). Du reste, il y a parité exacte dans la manière dont l'impression est reçue et transmise ; et à tout exercice de la contractilité organique sensible correspond ainsi une véritable sensation de l'ordre de celles qui ont été comprises dans la classe d'animales. (Voyez la division précédemment indiquée.)
3° Contraction animale ou volontaire. Ici la disposition contractile appartient bien toujours à l'organe; mais on a plusieurs preuves d'expérience, que la cause ou l'agent vraiment producteur ^e la bontraction, réside dans un centre commun d'où part l'influence ou l'irradiation motrice, transmise de ce centre au muscle par l'intermède des nerfs cérébaux. Mais de plus, il y a dans cette espèce de contractilité, indifféremment appelée animale ou "volontairCj des circonstances très -diverses, que nous sommes avertis de ne pas confondra* i"" Le
aOS DE LA BBCOMPOSmOK
centre oBique^ considéré cooMie moteur^ peut reœ* voir, de la part des organes placés hors de sa dépens dance directe, une impulskm provoquante qui détermine sa rééBGtion alors/oroe&e/etpour ainsi dire fnécamique; a"" Y action motrice peut aussi com« mencer directement de ce centre, ou n'être déter«» minée que par des impressicms reçues ou nées dans son {propre sein*
Dans œ dernier cas seulem^it, le o^itre moteur peut être consid^ comme oc/j^ : dans l'autre il obéit lui-même à des excitations sympathiques sous lesquelles il est passif; et alors la cause directe du mcmyement doit se rapporter à l'organe interne, d'rà est partie la premiègre impulsion qui a entraîné parsmte la réaction centrale.
Maintenant, sera<^ indifféremment dans l'un et dans l'autre de oes deux modes de contractilité, que nous pourrons assigner la présence d'une volonté constituée , et trouver le signe naturel qui nous la représente? Cela dépend de l'idée que nous attacherons au signe conventicmnel volonté. Comprenons-nous sous ce terme génénd toute {affection de mcUtdse^ Hl inquiétude^ de besoin ? Alors comme il est reconnu que ces impressions ont leur siège dans des organes intérieurs, dont les fonctions commencent avec la vie, et ne peuvent s'interrompre qu'avec elle, ce sera à l'ensemble de ces impressions organiques ou sensitives, et à la part qu'y prend le centre de moittilié .par sa réacti<Hi sympathique , qu'on
pourra phjr^olo^uement rtj^porler Fidée de vahmié^éoétaie comme à luie cause commune de tous les mouTementSy tant des déterminatioiis instinctives les plus aireugles, que des actes libres que la ooih sdence éclaire et qu^un aentimait de puissance ac^ conifmgne. Âiçsi la contraction animale correspon-^ dant à la senmtian de même nom^ pourrait en méaie temps être dite volontaire comme ayant son prindpe dans le besoin et l'appétit identifiés par bypo* thèse avec la 'Volonté même.
Mais si nous attachcms expressément l'idée de i/o/c^to' à la puissance individuelle d'effort ou d'ao tion ; si nous observons de plus que les mouvements forcés par l'appétit, les passions ou toutes les ^ca^ cerbations fortes de la sensibilité (qui mettent , comme on le dit vulgairement et non sans raison, l'individu hors de lui-même^ excluent tout senti* ment de puissance, et s'accomjilissent par une force aveugle opposée à celle que nous sentons comme nôtre; alors nous pourrons paiser que la contraction volontaire^ différente dans le sentiment intime de celle qui est caractérisée animale, dmt avirir ses conditions propres, et ne peut admettre un même mode d'explication physiologique.
En supposant donc que l'on fut fondé à lier la première kuneréaction sympathique du centre cérébral, on pourrait chercher le type de la seconde dans l'dwp- /^w>/2 directe qui part de ce centre, en individualisant ainsi le symb<de d'une voleté propemenl cbte.
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La dernière sorte de contraction établie par la division physiologique dont il s'cigit, se trouverait donc sous-divisée elle-même en deux espèces différentes : celle qu'on nommerait volontaire , se dis* tinguant de celle que Ton continuerait à appeler animale (i), dfe la même manière que la perception se distingue de la sensation (a). On conçoit en effet que, comme dans ce dernier cas, la vivacité de l'aftion exclut la perceptibilitéj ainsi l'énergie de la contraction animale exclut la î;o/o/î^e, bien loin que l'une puisse se transformer dans l'autre (3). Peut-être serait-on conduit par4à à reconnaître les causes de ces différences , au lieu de les dissimuler dans les classes arbitraires et les divisions symétriques du langage.
Alors aussi , ne confondant plus les premiers actes d'une volonté naissante avec les déterminations de l'instinct qui les précède, il pourrait y avoir lieu à
(1) On serait autorisé à appeler contraction animale celle qui s'effectue par la réaction du cerveau sous l'influence des organes intérieurs, parce qu'en effet c'est là le mode de motilité le plus propre aux animaux que le besoin phy cl .]ue immédiat met seul en action.
(2) Voyez le chapitre P".
(3) Après avoir observé que la sensibilité organique peut se convertir en animale à mesure que l'excitation augmente , Bichat remarque (dans le Traité sur la vie et la mort ) que la contractilité sensible ne se convertît jamais ainsi en anirhale; et il avoue ne point pénétrer la cause de celte différence dont il s'étonne. S'il y a lieu de s'étonner de quelque chose ici, c'est qu'un esprit aussi judicieux n'ait pas observé le défaut d'analogie des deux cas comparés , ou plutôt qu'il ait conclu l'analogie réelle de tels faîts d'après l'identité des noms qu'il leur avait arbitrairement imposés
BE LA PENSÉE. âo5
chercher dans la limite qui les sépare, par quels moyens ou suivant quelles lois progressives peut être originairement constituée une puis^mce de vouloir et à' effort identifiée avec la personnalité même; question qui se réduirait à celle-ci : « Comment tel mode musculaire purement instinctif ou a/i/ma/ dans l'origine , peut, du mouvement, devenir volontaire? » Cherchons d'abord les conditions de ce passage dans l'hypothèse physiologique que nous venons d'indiquer; et voyons si elle su£St pour expliquer le phénomène.
( n. Gomment un mouvement d'abord instinctif pourrait devenir volontaire. )
A. Première hypothèse physiologique* A la réaction d'un centre unique de motilité provoqué par les impressions vives des oi^anes internes qui lui parviennent sympathiquement , correspon-
lui-même. On peut être surpris aussi , qu'il n'ait pas été averti par là du vice radical de sa classification et de son langage. La contractilité inSBusibU devient sensible ens'exaltant, de même que la sensation organique devint animale. Ici il y a analogie et identité même entre les deux divisions comparées ; c'est toujours une impression nerveuse ou musculaire qui d'abord , concentrée dans son organe propre , s'étend ensuite à tout un système ou au centre commun. Mais dans la contraction dite animale, il faut que l'irradiation motrice se transmette dans un ordre inverse du cerveau au muscle ; et cette transmission ne peut avoir lieu sans l'intermède des nerfs qui vont directement du centre cérébral à l'organe contractile. Pourquoi donc s'étonner que des contractions sensibles comme celles du cœur ou de l'estomac ne deviennent jamais volontaires , lorsqu'on sait que la seule condition qui pût les rendre telles , manque absolument ?
fl06 ' D£ LA. ni^GOin^MITIOK
«kiH des mouvements brusques^ tumoitaeux, «nsvh gies. Tous ies musdes alors sont fortemant ooDliae* lés; i'antmal s'arance, se retire ou demeure immo* Inle. 1A y sont bien tous les signes Trais d'une ooÊttraction cutmude; mais y a^t*il cekâ dVia» voiùnié? L'anîaial est a£feclé, et il est mu , TOilà bien étms, ^eU qui sont à nos yeux signes réciproques Tofi de l'autre. Mais où est le type de ce sentiment in<yr mluel qm lie si intimement en nous^-oftémes TefifiN: ou le mouvem^it prodmt à sa emt» productive?
L'être sensitif ne pourrait-il pas ainsi se mouvoûr éternellement sous la loi de l'instinct j sans conscience de mouvement et d'action, sans idée d'aucune existence., pas même delà sienne?
£n accordant que la première connaissance , la première sensation extérieure distincte naisse du mouvement senti et voulu (i) , est-ce dans cette locomotion instinctive qu'il faudrait aller, chardier l'origine réelle d'une connaissance quelconque? Et <:omment la simple sensation musculaire , laible et non affective par sa nature, ne disparaîtrait-elle pas alors sous les impressions vives et tumultueuses qui la déterminent? Gomment assigner l'origine de la pensée , là même où toute conscience déjà enveloppée va de nouveau s'absorber ou s'^eindre ?« .. Mais voyons plus loin , en suivant l'ordre des progrès de la vie«
(i) Principe fonàaineatol de M. de Tracy. ¥oy«t ses U^»9ir$$ ^ ses Éléments d'idéologie.
Forcé d'abord à réttgir sous Hmpulsioii provoqwBMB ded orgues i^Cériauis, te rettoit central de l'activité motrice m âerft iaoitl:é iiisesisiUenK^t , «I aura ccNntnicilé des d^ermiaalioBs telles qu'il pourra réagir easuit» par sa propre énergie, el d«ris l'abseftce des pMwtères coteilations intestines. Sous Taotion répétée de ces causes stimuiantes, il aura dà s*^;abhr entre le c^itre moteur et ks orgaiMs mus, une coordînation et des rapports directs, tek c^ les uns devenoB pi» dociles se seront j^iés à obéir p^odant qœ l'autre prenant peu à peu une sorte d'initiaiiTe ou de prédominatice, aura appris k dmger et à comm«»ider l'action*
Aux pruniers actes sMMX^mpUs sous de tell^ lots , pourraient correspondre de yéritaUes sensations de mourements , alors proprement dites sensations sui generis.
En efik, i^ elles ne seraient plus distraites et obscurcies par les affections vives et tumultueuses qui entraînaient d'abond la réaction du- centre moteur. En second lieu , les organes ayant acquis plus de consistance, et perdu une partie de cette irritabi-^ lité qui leur est propre , surtout dans les premiers temps delà vie, résisteraient davantage à la force contractile, solliciteraient des stimulants plus actifs et un déploiement d'effort plus intense , d'où naîtrait le sentiment distinct de cet effort, toujours proportionné à la résistance organique.
Ainsi, nous aurions pour conditions et signes pri-
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mitifs du sentiment di effort voulu : i^ l'action commencée dans un sevX centre organique et transmise continuement aux organes mobiles.
a^ Résistance de ces oi^anes à la contraction alors doublement sentie dans l'action nerveuse qui l'effectue directement^ et dans l'impression musculaire reportée au centre d'où la détermination est partie.
3^ Surtout, affaiblissement de toutes les impressions affectives qui pourraient absorber ou distraire les produits directs de la force motrice.
Mais cette hypothèse réduite à sa véritable valeur symbolique suffit-elle pour interpréter toutes les circonstances du fait intérieur à qui elle s'applique? En donne-t-elle ménie la condition propre et le catère vrain^nt distinctif ?
Si elle peut servir à noter le passage successif des déterminations instinctives aux premiers actes accompagnés de vouloir et d'effort, comment expliquerait-elle le concours simultané de ces déterminations et de ces actes , lorsqu'il