II
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l^rdei» étato <m deux «odba d'oîstMce, ai d^ $iiWlft 0l si pw6itmiieB» étPMgen Fua. à Faulve <|iit^ VètH% 9mfàA ik a?applk[ueBt 8ettd[de dhâsé ta 4ei4s paEWBtte» Astttctesy donA F une bs s'apyropne Fmt de ee 91e Faatre a fiât ou senti y ^'en.oonsewe pMkMOÎBdpe^soiivepk, n'yyomX pas k ]»eiiu& moitf Sîe'ett UA& vokmié qmdiFi^ ks^aelea dasomBaoïihv^ peadauft qu'il est pkiigé dans, un sommai wéâ et fMHfti^BiBdy cpie devient k prineîpe dek susptnsiMi de^ ceijle puîasaDce ) aiM}ud nous mfOOBXouèfa raMir cher le& oauses et kft dycoiistan(»s paptic«bères du Miameil et des songes , cooMia^ k conditi<» esseiii^ tsdAe (fw diiââa|;ae <^$ ,|^éiion^ies dé ceox de k wiHe? R«dy£^-il donc vejetev^uii^ pri|i<»pe conptafté dfailkliiir& saus^tant d'autres rappcH^ts, et, i>eiidnf sffit 4 e» troiKep aucun attire qm puisse servir à expli^ ffaer ou à lier enivre eux, et à u» seul fait phis gé* aérd;, ces* phénomènfes si ^traordinaires, ks ve- ^ftvder* CKiflomae de» râ^gulavité» de k natu^, àes eacoqptîicMBs.à ses kk, et »oas borner à crî^eit au nitlaokM^yons*
D'î^ovd , qosait^ à k preml^ d^Ms^^tmoe- qui carfi^M3érise> kfr rêves ou les visions du somoauitbuky e^ q^ eoasi^e à avoir une sorte de p^H^eption
faMii^ ffm»A% j'observe ^u^., dao^ œ m^àe êÊh û*
il n'y a j^fiKPt <K4Mto€(w toute» iMemdiAiaB» oci*
l^lité ^009^9 m m^9b mb/éacauts» à 1'«wîébI3imi a^tuall^de k\r ^isioO' câ?él>i^«ï <{iii c^mwpnnd à tel sîc^ek», conAflpie hqii» l'a^om dît ârdefioili, ^et m^
peut ^Msjbwguer k q^ pi^éa^, «'est qi:u» lacoAOBii^ tratipa da» £ofc<^ ^mitix«> qui était p < wi lj é É g f ]mit^ 9lo>f6^ «H^ ie^trénutés iiMWiifles mtemam «t coDti|^uâ& au, cwvfaUf wsd)»M^ kt la «^itft litttt «sitiep #t s'étend jusqu'aw^ «xtri^nttéft <||^ r«fm^«ttBLt ks impressiQiu^ immédÂatos d^ objets extéeifiiu»* Du Fe9i€^» ci^s d^ppières implTessk»» n» floot i|U)'a&« i^aisQiriBs ou ^mpkiaeQJ: auxUiatrai deii» Iw mu* Aoîméi». du WBimiiilHik^ c'est diM; h sm». interw que ta iéjne des ratuitiaitô pir^ui nMwwoe; e'asft l'ioiji^^ti^n se^ qui pjiésîde à tout^ qui ^e^ U>iit, ^» ce qu'il Êiuyii bieok remarquer^ qui na wit Quad semble voir au dehors que d^ ob^ts a»al0gu/0& smt {mitQm&&> qu'elle crée, ou da»t les images pavlâcul^ies ti^i&eftt uue plaioe àam le tabikaii aetu^ qui l'<>Q(m{ie. Aivsi^au Ueu qvm l'iip ag iaaticm au la^fib* euM d'ijiituitîoa soit subordosHaée auxiflapress fawm directes du ma& i^té^ieuir , coQUxie cela a hmk ckas ks fonctions répilîèfes.de la ^eiUe^ c'est sm co»* tmir^ ici le saots externe qui se irouw 2d>s0]uiiiMt
2176 NOUVELLES GONSIO^ATIONS
subordonné aijx mouvements ou à l'impulsion spontanée de l'imagination. Dans le premier cas^ le tableau représentatif s'arrange ou semoule sur le groupe d'objets réels présents au sens; dans le second y ce tableau imaginaire est donné à l'avance ou est antérieur aux objets qui doivent s'y adapter, et ne sont admis ou ne frappent même le s^is exté rieur que sous la condition de cette convenance ou ressemblance avec le tableau fantastique qui est indépendant d'eux. Quelque singulier que puisse nous paraître ce mode d'intuition indépendant, comme opposé aux habitudes les plus constantes du sens externe, je ne sais pourtant si cet ordre inverse n'est pas plus fréquent qu'on n'est porté à le concevoir communément. Je ne sais pas même si l'ordre direct auquel parait assujetti notre faculté ordinaire de percevoir, est plus facile à expliquer ou n'a pas autant de quoi nous surprendre; mais nous sommes tous plus ou moins comme le peuple ignorant, qui ne s'étonne point en voyant tomber une pierre, et crie au miracle en voyant pour la première fois le fer tendre vers l'aimant.
Sans parler de divers phénomènes de l'instinct, tel que celui des petits poulets qui, au sortir de la coque, vont juste becqueter le grain à distance et choisir celui qui leur convient; celui des oiseaux domestiques qui bâtissent leurs nids sur le plan uniforme donné à leur espèce, sans avoir pu recevoir à ce sujet aucune leçon de l'expérience; tous
phénomènes qui ne peuvent être conçus autrement qu'en supposant des intuitions ou images antérieures aux impressions des objets extérieurs et gravées pour ainsi dire dans le cerveau , au moment même de la formation ou de l'évolution du germe organique; sans nous enfoncer, dis-je , dans ces profondeurs, ne pouvons-nous pas déduire de notre expérience la plus familière une foule d'exemples où nous percevons pendant la veille les objets présents à nos sens , non par ces sens mêmes, distraits peutêtre et occupés ailleurs, mais uniquement par notre imagination , dans le tableau qu'elle en a conservé et qu'elle reproduit fidèlement au premier éveil donné au sens extérieur , à la plus simple impression ? Lorsque nous voyons, par exemple, dans l'é^ loignement un objet confus dont les formes ne peuvent pas se dessiner à l'œil , ce sens ne perçoit d'abord que ce qui le frappe actuellement, et c'est un point obscur ou ime masse informe. Mais lorsque, prévenus ensuite que c'est tel objet, nous le voyons alors avec ses formes, ses dimensions, ses grandeurs, assurément ce n'est pas l'organe externe , mais bien l'imagination qui saisit toutes ces apparences sensibles. Lorsque , au tombant du jour ou à la lueur incertaine des astres de la nuit , le voyageur effrayé voit ou croit voir très-distinctement un fantôme dans un arbre , ou quelque bête épouvantable dans un tronc informe où il croit démêler des formes déterminées , ce n'est point encore l'œil qui perçoit
2^8 NOITTELL»» COniDÉftAfimrS
oes^étred fmxtasdqaes, mais c'est l'iniâgiiiatk^ , <^«' léé par iHie alfection dominante ^ qai téafise au de^ hors oe qfu'elle crée au dedans. Oomtnent donc s'é* tonBerait^Mi davantage en voyant le soitmainbule dkîgé nmquement par le tableau qu^€»ifaaQ«e son imaginatîon, et se conduire wikfuement d'après lai dans le monde extérieur?
Mais ce -qm fait le merveilleux de cette partie des phénoBiènes du somnambulisme , c'est que Tiïidi* vida plongé dans un sommeil bien autrement pro^ fend qu'il ne l'est ordinmrement, puisque toute sa sensibilité extérieure se trouve comme conc^trée et échappe à toutes les impre^ons accidentelles qm lui vi^nent ties objets, autres que ceux dont les images paraissent l'absorber, et puisque les exciliftions les plus fortes ne parviennent pas même à r^vefflerj c'est que ce somnambule, dis-je, ainsi disposé^ se conduise avec cette suite, cette précision , c^^ ftaesse de tact à l'yard de toutes les choses fiféseiytes, qu'il paraît très-bi^i percevoir et juger, ipmiqfie ses yeax soient entièrement fermés et que son regard terne et fixe annonce qu'A ne voit rien ^e ce qui est hors de lui , du moins par les moyens «Qocmtumés on par des impressions directes. Pour feire disparaître en partie le merveilleux attaché à ^e pbénom^e, il faut observer que le somnambule n^agit jamais que sur des objets qui lui sont très* femihers , et dont les habitudes de son imagmàtion |y€ru^»«nt aisément lui retracer !a place rm le îîeu ,
teftdivm^^ons El; toutes ks ciroonstàAc6& ûoûéf^s^s^h^c^. Il ^t dcmc 9 par raf>port à tes objets^ nôBime Wi hooime qoiy dans T^t de veille et é^Éfoneé dàAs tme tflrédi«a€ion profetide, se promette dans wa lieu connue en pârcotirt tom les détours ^ évite tes ob«slUK^) va €C vi^it Sans faniâis se tromper*, M potiN tâoit sans voir ou fixer rien de ce qui est au débours : e^ la preuve, <^'e&t <^'il tombera dans le prevnief piège t^udu sous ses pas ^ qtiottju'il soit ttès-a]^'* r^t, mais parce que ce piège ou cet obstacle soit du cercle de ses habitudes. Ainsi ferait bien plus sûrement encore le somnambule, tout autrement absorbé dans les tableaux imaginaires qu'il n'a pas la faculté d'écarter ou de <^hanger en la int>indre chôsfe. C'est donc par ces tableaux et pat» une vision tout intérieure , mais parfaitemelit concentrée sur Une ieule espèce d'images > que le somnambule est dirigé dans le cercle de ses habitudes, atec d'autaiiit plus de précision même que l'aveuglement est plus entier, la suspension des facultés actives plus complète , et que l'imagination captive n'offrant jamais qn*une seule chance , qu'un seul parti à prendre , il n'y a pas lieu aux délibérations et à Ilncertitude d'un ch(^.
Cest ainsi que nous pourriote expliquer en détail , si le temps nous le permettait, plusieurs faits trèsKîUrieux, rapportés dans divers ouvrages, notam* ment dans V Encyclopédie unciennej à l'artideâÇo/T^nàmbuiisme^ et dans le dictionnaire ^tes Merveilles
aSo irouvELLxs considérations
de la nature. Le pluis extraordinaire de tous est celui d'un abbé qui, étant au séminaire de Bordeaux, se levait chisique nuit^ se mettait à spn bureau, écrivait; des sermons très-suivis dans toutes leurs parties, en se comgeant, faiswt des ratures, substip tuant au mot raturé un autre mot qu'il plaçait exactement, au-dessus. D'autres fois il copiait de la musique , après avoir rayé son papier avec une canne; il observait parfaitement la valeur des notes, et la place des paroles. correspondantes qu'il écrivait au-dessous. Pour s'assurer s'il . s'aidait en quelque chose de l'organe extérieur de la vue , on mit un corps opaque devant ses yeux , pendant qu'il notait sa musique , mais il n'en fut point empêché, et continua soii travail comme auparavant. On essaya encore de substituer un autre papier à celui sur lequel il écrivait; mais il parut sentir la différence, et rejeta ce nouveau papier , jusqu'à ce qu'on lui eût substitué une feuille absolument égale en dimension à celle dont il se servait ; alors il continua en reprenant absolument à la même place où son carton finissait, sur sa feuille, sans paraître apercevoir que la nouvelle était toute blanche; ce qui prouve qu'il se dirigeait alors par le toucher et non par la vue. Voilà des songes intuitifs, joints à l'emploi des signes et à l'usage de la locomotion , qui ne semblent mettre aucune différence sensible entre l'état de ce somnambule et celui de la veille la plus complète. C^)endant la différence est entière, même
SUR t£ SOMMEIL, ETC. a8l
dans ce cas, et en Tadmettant td qu'il est rapporté, puisque Findividu dont il s'agit ne conservait pas le moindre souvenir pendant le jour de ce qu'il avait fait chaque nuit, et qu'il y avait là deux princip<es d'action, et deux personnes bien distinctes, si tant est que, dans le sommeil et dans ces actes si réguliers , si intellectuels en apparence, il y eût une personnalité proprement dite; chose dont on ne saurait douter pourtant dans le cas où , comme le dit Fauteur de l'article , le somnambule reprit chaque nuit la même suite des opérations ou le fil des idées interrompues de la nuit précédente , en les appropriant au même moi; fait unique dans l'histoire des songes et du somnambulisme, mais qui aurait besoin d'être mieux constaté, appuyé sur d'autres autorités et sur le témoignage même de l'acteur; ce qui est impossible, puisqu'on le suppose devenu absolument étranger , dès le réveil , à ce qu'il a feit pendant l'accès.
Les phénomènes de somnambulisme rapportés dans le dictionnaire des MerveiUes de la nature , tout surprenaijts qu'ils sont, rentrent néanmoins plus complètement dans les principes ou les moyens naturels d'explications précédemment indiqués. Tels sont ceux qui furent observés àV***, par deux savants médecins, MM. Pigatti et Reghelini (i) , sur un domestique de cette ville, qui se levait la nuit,
(1) Diet. des Menées de la naHre , artîcte Somnambules.
ùiêsât k peu prè» tes inénes cbases qvi lui étsôeat preficrites pendant le jour, mettait le couvert, allait elmncber exactement ckaque chose à sa {dace, et l'y omettait ensuite, servait à table les convives ^'il voyait en «onge, allumait une torche dmit îl avait coutume de se servir 9, descendait les escaliers lentement, commue s'il eût accompa^é quelqu'un qu'il laissait passer, et refermait la porte quand il le «upposa&t éorti. Tou^ ces actes étaient très-bi^a liés entre eux, très-conséquents au soqge qui occupait rijnag?nati<m de c^ homme; mais il est bî^» évident qu'il n'était dirigé dans tous les mouvements dont je viens de parler, que par l'intuition purem^it interne, et que tous les sens extérieurs étaîMt complètement endormis, hors celui du toucher. M« Pigatti, qui a écrit cette histoire avec de très4oiigs détsôls, observe que ce sens paraissait, dafiB le même accès, tantôt doué d'une finesse ex^ tréme, tantôt absolument obtus. Par exemple, notre «omnambule^ ea mettant son couvert, distinguait par£aiitemeut les objets, tels que cuillers et iburcjiettes , couteaux ^ iOc. , et les plaçait symétri* quem^it 4ui¥aiit sa coutume } il allait choisir une petite table ovale^ doM la dame du l(^;is se servait ipiaiid eUe étaijt seule> et il ne se trompait points quoiqu'il yen eût plusieurs de différentes dimeu-» sioas. Il dîstfï^iaît très^bien les différentes pièces de monnaie au toucher : cela fut très-évident un jour> M «a «pà'âfirès «vim* appelé un t[fo ses «soïia-
WH ijÈ MMMBflt», ittà. ^tfa '
i*â(lés, pi^éirt à la scsètie, "pârsoîittDrti, etltii ayant dèftHÉtéé lïne petite piêice, poiir dkr !>oiï^ au tabariet^ lôè ijaniarâde k Itô âonpSLj « après (jifïl Teiït toise dans sa poche, un tles assistants ta retira adrô^tetnént et y substitua lUie autrfe pièce : lesotïinaud>aie s'étant fouillé ensuite, reconnut le cban* ^meM , pfarut surpris , et en colère c&ercha la pièce qU*ti avait en l'idée. Voilà irien ce qm prouve un paifait «xeï*dce et une finesse particulière daws le tottcber. Cependant, s*i\ s'agissait de quelque objet tangible qui lut hors tlu tableau actuel représente par l'imagination du somnambule, il pâ!ssait pardessus San» paraître en éprouver la moindre impression : ce qui confirmé bien l'observation que nous avons déjà faite, que c'est fîmagination seule qui détermine toute l'impression qui peut avoir lieu dans ce cas de la part de l'oî^et sur le sens externe , -et non , comme dans l'ordre naturel , Toly- |et qui meut d'abord le sens ^ arrive par lui à l'imagination. On peut dire, -en d'autres tertnes , qa^ chacun des sens du somnambule est éveillé à son tour , itaais seulement pour l'^pèce tle sen^tions relatives h l'image qm ^t auparavmit dans te seàfe interne* Et quoique Bf . Pîgatti lait pense que tous les sens, autres que le touc*rer, étaient darm tm profond engourdissemaat, il tee paTsdt probable que ïa vue s'accordait avec îe toucher pour Fïnïciîtion de tous les objets relatif aux TK)nges , et que dans ces visftons f lAemeS *dès deux ^se» , «ha&un
!l84 irOUV£LLES COtTSIDÉRATIOlTS
d'eux avait sa part contributive, mais également subordonnée à Faction intérieure, comme nous ve* nons de le dire. U est Êicile même de concevoir comment le sens externe pourrait avoir, en pareil cas , une finesse supérieure, puisqu'il était stimulé par deux forc^ concentrées, celle de l'imagination et celle de l'objet. Il n'y a point de doute non plus que l'ouïe ne fut en exercice, selon le mode particulier que nous venons de noter, puisque le somnambule paraissait très -bien entendre les réponses aux questions qu'il faisait, comme les demandes qu'on pouvait lui adresser dans le sens de son rêve, et répondait à celles-ci avec précision. En un mot, je crois qu'on peut conclure des observations de M. Pigatti lui-même, que, quel que soit l'organe ^cteme auquel puissent s'adresser une série ou un ensemble d'objets disposés au dehors comme ils le sont d'avance dans l'imagination, ce sens concourra à l'intuition actuelle , quoiqu'il soit fermé absolument pour toutes les impressions qui n'entrent pas dans le tableau imaginaire.
U parait y avoir ici une exception bien notable à l'égard des sensations de l'odorat et du goût ; mais cette exception-là même confirme le principe \ et je me plais d'autant plus à le remarquer, qu'elle justifie parfaitement une distinction essentielle qui se trouve établie dans mon premier Mémoire sur Vha" bitude entre les impressions des deux sens dont je viens de parler, qui n'ont par elles-mêmes qu'un
SUR ht SOMHEÏL, ET€. a85
caractère, affectif étranger à l'imagination ^ et celles des trois autres, le toucher, la vue et Touïe, dont le'caractère essentiellement perceptif est seul appro* prié à notre faculté de représentation. S'il en est ainsi 9 de quelque manière que soit disposée l'imagination du somnambule, et quoiqu'il ait l'idée confuse qu'il sent telle odeur, ou goûte telle saveur; les impressions dont il s'agit ici se trouvant par leur nature exclues du tabl^u qui occupe l'imagination du rêveur ', celui-ci n*aura aucun moyen de les distinguer, de reconnaître leurs chai^ements. C'est là justement ce que confirme l'histoire du somnambule de M. Pigatti. Quand il demandait du tabac dans son accès, on lui donnait une poudre toute différente, qu'il paraissait prendre avec le même plaisir. Dans un autre accès , où il avait été lui-même chercher une salade qu'il avait assaisonnée avec soin, pendant qu'il se mettait en train de la manger, un des assistants lui substitua des choux mortifiés, assaisonnés avec le plus fort piment; il* continua de manger à son ordinaire. Ces exemples {H*ouvent bien l'insensibilité , pendant le sommeil complet, des organes de l'odorat et du goût. Le docteur Pigatti assure aussi que cette inseinsibilité était la même pour tous les autres sens du somnambule, puisque le bruit le plus fort, la lumière approchée des ^eux au point de brûler les sourcils , les frottements les plus rudes sur d'autres parties du corps, ne lui faisaient aucune impression. Mais
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le wa «iw^ étmdtt dé^ Uxw^ saaa (knit^^ sa» k fnomu^ çûrqoMtaiice4yii caraetkise le phifeictiiàae dy. $0iiiQiU»biiilisiM, FM^rcioe d«srau» ai taBftqvi'ik wnt «id^H^donaés A l'imaginaliim «ti végis pw tUk f awaj^ pu me^ UimMr «»iMttur bien ^iia.loi» pw vue ffènd» d'aiitras détails et de biu^ sîagubers. ou OiurîeMX^ i?elaiti& à oesujet^ mais que la loagoeor de ç^ MévKwe «e fiovce <fe aupprânerà Je ae^ pim ee^ yfduàimt fasim touA à fiHt sovs silou^e uaet obsewar tjnm fmte âsm cette ^iUe ( i) par M. Delf^^ dont i'di été «MH-méme le témoia et dcmtil adcMaaé oomMâir eaAoe» Qi4«iquekjeimiper9CMmeq|iùeaa£ei»mk fi4^fuAatt^d'uiifi(a) eoctirémement
^omfiifffkè^ dam sa cauae comÊom dfins ses effato ai^;WM|ues^ les priiM^ipau;^ phéfiowénes de k matkdie ont une ressemblaoce tpop fcappesle avae eem du seeMfianbulisne propremeiil dbt, pour que je puisse Bie dispeaseir d'en. £iire vfA ui^ courte meiitjUua; je m^cQOteale de relever les anomalif» sijigiir lièfm daas k seeslbilité de cette jeune persfflM»» r^i^ouvdîsseinie»t et l'espéee de soAuu^ irà paMîso
(1) Bergerac , où M. de Biran était alors sous-préfist.
tlispainMoB complète âe Pou1e> à lacjtftelle snecéchit une eéeitA al>8oltie. Pendant ce sommeil' partiel et ahi^natiF des seas externes^ k mahide teavai&al des mains et suivait ses habTtttde& Hiécaniques; le ton» cher conservait toujours son exercice; et c'est sur^ tout dans la privation de la vue qvTû acquérait une finesse extrême , comme dans )e somnambi^ dont fl vient d*étre parié. On a vu , dans cet état, la malade monter,' pendant Tobscurîté la plus complète, à un appartement élevé, où cHe avait mis des éche*veaux de soie de différentes couleurs , choisir dans le nombre celui de la couleur qui convenait à un ouvrage de broderie qu^elle feisait en ce moment; on Ta vue, toujours dans Fobscurité, écrire d*une manière très-nette , Hre en passant les doigts sur les lignes , etc. Le premier feit s^expKque absolument comme les visions ou les intuitions qu^vait par le tact le somnambule de M. Pigatti : la jeune fiUe, de même dirigée dans ses accès par les habitudes de son imagination, reconnaissait tous les objets ex» ternes appropriés à Fétat actuel de son imagination. Quant à fécriture, elle était absolument dans le cas du séminariste de Bordeaux, dont il est parlé dans YÉncyclopédiey qui ne se servait pas non plus de la vue extérieure pour écrire des sermons ou tracer des notes de musique , et qui par le toucher et te mouvement habituel delà main déterminait la position et les distances. Mais, quant à la lecture faite
tiSS IfOUVELLES GOlfSIDlÊRàTIONS
avec les doigts, j'aroue que j'ai douté et que je doute encore de la possibilité du fait, à moins que le toucher ne servît à trouver l'endroit de la page qui correspondait précisément, à tel passage du livre connu d'avance, et à le rappeler suivant les lois, de l'association. Mais n'y ayant aucune espèce de rapport entre la représentation purement visuelle des caractères imprimés sur une feuille absolument plane et des sensations quelconques du toucher, la lecture ainsi faite avec le bout des doigts me parait contraire, à tous les phénomènes des sens et aux lois naturelles qui déterminent leur exercice.
Je viens enfin à la seconde circonstance des phénomènes du somnambulisme , qui consiste dans la suite régulière et coordonnée des mouvements ou actes de locomotion, absolument semblables en résultats à ceux qui sont déterminés par la volonté, mais tout à fait opposés en principe aux actes de cette puissance d'effort constitutive de la veille.
Tout trompe dans le somnambule : il est une preuve qu'il faut se méfier des premières apparences , et surtout ne pas juger toujours de l'identité absolue des causes par la ressemblance des effets sensibles. On dirait que dans cet état singulier l'individu se conduit, comme dans la veille, par la perception des objets présents, et ces objets réels ne sont cependant rien pour lui; les sens externes sont fermés à leur impression, et toute leur valeur se rappprte au tableau imaginaire qui les représente
SUR LE SOMMEIL , ETC. a8^
accidentellement, et indépendamment de toute ie^pression reçue du dehors. On dirait bien aussi que le somnambule exerce tous les actes de la locomotion , de la même manière et par le même principe que pendant la veille. Les mouvements sont également coordonnés; ils ont même plus de précision^ et de dextérité ; ils sont tout aussi bien appropriés à un but et y tendent avec une assurance supérieure; mais cette dernière circonstance est ellemême une preuve que le mouvement est déterminé par un principe aveugle, qui n'a pas la faculté de suspeadre, arrêter, ou modifier l'impulsion une fois donnée, mais qui la continue, comme il l'imprime d'abord, avec le caractère de la nécessité.
Ce principe d'impulsion interne est le même que celui de l'instinct primitif des différentes espèces d'animaux , et de la locomotion du fœtus d^ms le sein d'une mère ou aussitôt après la naissance; le même que celui qui faisait ramper la vipère, citée par Perrault , vers le trou où ce reptile avait coutume de se retirer ; le même , enfin , que celui qui entraîne aveuglément et sans la volonté, et même souvent contre une volonté expresse, nos mouvements et Qos habitudes. Nous savons, d'un côté, que dans le somnambule, l'imagination, entrant spontanément en exercice, amène des songes de l'ordre intuitif, d'autant plus animés que la concentration des forces dans l'organe de l'intuition- ^st plus entière ; d'autant plus réguliers et suivis que