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les sesoB externes endormis , ne syifipâthisânt plus entre «ix et avec le cerveau de k même manière que dans la veille, ne peuvent mêler ni confondre les impressions ou images qui leur sont propres avec le rêve, lequel se trouve ainsi homogène et d'une seule pièice. Nous voyons > d'un autre côtéj une série parallèle de mouvements proportionnés ou parfaitement analogues aux images qui occupent actuellement le somnambule , et qui sont d'autant plus précis , réguliers et prompts que les organes qui les exécutent, ayant acquis déjà, par la répétition continuelle des mêmes actes pendant la vdUe, la disposition propre à les exécuter sans eflfort sensible et sous la loi des habitudes automatiques, conservent éminemment la même disposition dans l'état de somnambulisme, où la sympathie particuUère des muscles locomoteurs avec le centrer' cérébral en activité semble se fortifier par l'affaissement dé toutes les autres. Ici donc c'est le cerveau qui meut ou qui détermine l'impulsion locomotive , suivant les lois nécessaires d'une motilité purement ani*» maie; comme c'est le méine caitre ou organe d'in* tuition qui conçoit et reproduit la suite des images ou fantômes du sommeil. Ce sont, d'autre part , les organes du mouvement qui obéissent sans' résistance et avec toute la facilité , la légèreté de l'habitude, à cette impulsion aveugle, dénuée d*e£fort ou paraissant lapréveûir. Ne semble-t*il pas bien, en eflfet, qu'on pourrait apphquer à cet état particuHcr
SUR tE SOMMEIL, ETC. agi
le fati^eux principe de Tharnionie préétablie, imaginée par Leibnitz pour expliquer le jeu de tous .les mouvements apparents du corps , tant volontaires qu'involontaires, sans aucune influence réelle de l'esprit ou de Fâme? Ici, pendant qu'une suite d'intaitions a lieu dans l'imagination du somnambule, une autre suite de mouvements analogues s'accom- • plit dans les membî'es , sans qu'il y ait de volonté ni de moi, qui dirige ou s'approprie ni l'une ni l'autre série.
Nous ayons observé déjà que les actes que le somnambule fait en rêvant, étaient toujours ceux . qui se trouvaient compris dans ses habitudes journalières; nous avons donc 1^ un principe ou un fait^ d'expérience auquel nous pouvons» rapporter les circonstances d'un phénomène plus caché, et- qui échappe à toute expérience. Or, encore un coup , et je crois l'avoir montré parades exemples assez évidents dans mon premier Mémoire , sur F Habitude j les niouvements * qui ont passé entièrement sous l'empire de rhabitude,'sont sortis par là même du domaine de la volonté ou de la puissance qui crée hbrement l'effort. Sans répéter ce qui a été déjà dit, pour mettre ce fait dans tout son jour, il me suffira de rappeler l'exemple le mieux approprié à mon objet actuel. Quand une série de mouvements ou d'actes quelconques, soit de la locomotion, soit de la voix, s'est complètement tranformée en habitude par une constante répétition, cette série de ^ou-
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vemeiïts ou d'actes s'accomplit avec promptitude, régularité, et toujours dans le 'même ordre, dès qu'une cause impulsive quelconque, et qui peut être étrangère à la volonté, vient à lui donner pour ainsi dire le premier branle. Au fort de cet entraînement, si la même volonté ou la même, puissance d'effort qui a déterminé la première formation de cette série, vient à s'y appliquer de nouveau , même pour seconder et activer le mécanisme actuel qui l'exécute, à l'instant ce dernier demeure comme arrêté, les mouvementé se troublent, se confondent, et lasérie efft.manquée. Ce qui tendait à se faire tout seul , ou par un principe spohtané et aveugle , ne ,peut pas se faire maintenant sous l'empire d'une volonté éclairée ;. donc , plus- cette dernière puissance sera suspendue, mieôx le jeu de l'habitude s'accomplira , et plus lès môuven^ents 'accoutumés auront de précision ,' d^rdfe et d'assurance. Cette loi est générale, et s'applique de la même manière aux actefs de mouvements muscufeires èj^ aux sons OU articulations de la voix qui servent de signes à nos idées : elle se vérifie également da^ les musiciens, joueurs d'instruments, les danseurs de corde, les faiseurs de tours d'adresse, et ceux qui* ^exercent la mémoire mécanique sur une longue suitfe de mots donnés. La même loi se vérifiera donc plus parfaitement encore dans le somnambule, dont la volonté se trouve entièrement suspendue. Suivant toutes les observations dé ce" phénomène, le sommeil y est
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plus^ complet et beaucoup plus profond que dans Tétat ordinaire. La puissancjg^.d'un effort voulu ne sera donc pas sujette à enrayer, par son concours intempestif, les mouvements habituels^ dirigés alors ^ar le seul principe qui leur convient, avec;une aisance et une infaillibilité proportionnée à leur • aveuglement*
Il est remarquable aussi :
!• Que le somnambule exécute toutes les stdtes de mouvements analogues au songe, avec une ^adresse et une assurance qu'il n^aurait pas dans la t veille, si la volonté prenait qviel<[ue part aux phénomènes, et si, comme il arrive toujours* dans le concours simultané de plusieurs* sens , quelques idées ou images . étrangères .' venaient y faire diversion. - * • ' .
a° Que le moyen le plus r^ûr d'éveiller 1^ somnambule n'est pas. d'exciter les .,organes des sens ^exteriles alors c6mp|ètem^t engourdis , mais bien d'arrêter d'une manière brusque la série des mouveiçients liés au songe et détermiijés par la même^ cause organique ; car l'effort , qui ; t;end alors à , vaincre l'obstacle Qpppsé à l'impulsion donnée, ne " peut coexister qyec le sommeil qui cesse aussitôt, au moment où la volonté va reprendre son empire;^ i^àis alors aussi , toixs les actes antérieurs sont ùn^ l)liés, çt leur §uite est coupée net, sans pouvoir se rejoin^rç a- la* chq^ne commune ^de l'existence individuelle. , v , *„ . . ;, *
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Nous pou'mns comparer ce qui se passe ici ^tec d'autres cas -imalogues observés précédemment. Nous avons vu ^ en effet , que ^ dans une suspension
< de la volonté ou de l'efifort moteur moins absolue et telle que celle qui a lieu dans les phénomènes^
: ordinaires du sommeil, des songes , et dans le cauchemar en particulier, lorsqu'une affection ou u^è image vive tendait à entrmner un mouvement analogue, celui-<:i ne pouvant s'exécuter à cause de l'interception momentanée de la communication
V directe et sympathique des organes locomobiles<* avec le centre moteur , la volonté à demi éveillée détermihe un effort qui ,' d'abord impuissant , tant qiie les mêmes, circonstances oi^aniques persistaient , finissait par vaincre l'obstacle et par pro.-
* duire.son effet; ce qui amenait immédiatement le réveil complet^ r "
Dans le somnambulisme, qui contraste absolur ment en ce point avec les autres phénoméiles djes, songes et du cauchemar , la persistance d'uhe fibre jcommunication sympathique entre les musél^jf et le cerveau, cojnme organe de l'intuition, suffit pour • entï*aîner toutes les séries de iliouvements ou d'actes, sans que le centre d'où irradie l'ieffoVt volontaire ^n soit ébranlé d'aucune manière; il n'y aura donc poipt , comme djns le cauchemar , de réveil ame;ié par l'intervention nécessaire de 1§ puissance qiji crée cet effort^ constitutif de la veille ,*" niajbs au contraire plus le somnieil seraprofond et la conscience
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engourdie avec la volonté, mieux les mouvements seront exécutés. Cependant^ si la véritable force ^ motrice est déterminée, de telle manière que ce soit, et surtout par l'interruption brusque et forcée de ces mouvements automatiques, à prendre la moindre part à ceux-ci , à l'instant le réveil s'ensuit absolument, comme dans le cas du cau; chemar et les autres exemples cités. Ce qui prouve bien :
i** La diversité de deux, principes d'action qui s'unissent pour constituer la nature de l'homme et ses facultés diverses : l'un subordonné à la vitalité des organes et à la sensibiUté animale; l'autre qui en est afifranchi jusqu'à un certain point, et obéit ^, des lois hyperorganiques; ♦
2" La suspension de ce dernier principe dans les phénomènes du sommeil et des songes; fait général et commun , auquel viennent se rallier tous les phénomènes les plus divers de cet ordre.
C'est là ce que nous voulions prouver, et c'est par ces deux conclusions que nous terminons ce Mémoire.