DB MAUPERTUIS ET DE TURGOT
<c substance , cela ne les empêche pas de concevoir ce nettement l'idée de ce qui est la substance et de ce a qui ne Test pas. »
Ija notion d'une réalité permanente exprimée par la formule // y a n'est, suivant Màupertuis, qu'un résultat de l'habitude qui transforme la proposition répétée jai vu en il y a, A quoi M. Turgot réplique très-bien : « qu'une idée née d'un raisonnement <c ne portera point avec elle le degré d'assentiment a qui nous entraîne à dire : Voilà un corps, »
Maupertuis : ^ Dans ce que j'aperçois lorsque je a dis :f entends des sons, ma perception n'a certai* a nement aucune ressemblance avec ce qui sç passe <c hors de moi, savoir les mouvements du corps so- « nore ouïes ondulations de l'air. Voilà ^une percep- « tion qui est du même genre que la perception y!e a vois et qui n'a hors jde moi aucun objet qui lui a ressemble. La perception je vois un arbre n'est* « elle pas dans le même cas... ?»
Dans l'audition , je ne perçois certainement pas les mouvements de l'air agité ou bien de ce qui cause les modifications que j'éprouve; mais comme je sais très-positivement que je ne suis pas la cause de ce que j'entends, et que je sens que je suis modifié malgré moi , j'en induis naturellement et sans le se^ cours même de l'expérience répétée , qu'il y a une cause de ma modification qui n'est pas moi ou qui est extérieure à moi.
L'expérience m'apprend ensuite, il est vrai, à
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rapporter cette cause à la cloche ou à ce que j'appelle le corps sonore. Le raisonnement appuyé sur diverses observations ou expériences physiques me feit concevoir des ondulations , ou divers nlouve- Inents dont je me sers pour expliquer hypothétiquement les phénomènes de l'audition j mais je n'ai besoin ni d'expériences, ni de raisonnement, ni d'hypothèses quelconques, pour opposer la notion de cause extérieure à ma modification passive , et porter ce premier jugement absolu , il y a une cause externe des sons que j'entends, sans pouvoir encore déterminer en aucune manière quelle est cette cause et comment elle agit.
Nous pouvons appliquer ces remarques à toutes les espèces de sensations que l'on appelle perceptions ou idées de sensations , en tant que la notion de causalité s'y trouve jointe ou que la cause indéterminée de la modification que l'âme éprouve est conçue en pensée in concretô avec cette modification.
La vue et le toucher passifdiffèrent de l'ouïe sous ce rapport essentiel, que les premiers sens admettent l'espace ou l'étendiie comme la forme primitive et essentielle de leurs intuitions, et que la cause des modifications passives y prend un caractère plus déterminé, puisqu'elle est perçue ou conçue nonseulement comme non-moi y mais de plus comme extérieure au moi et hors du corps propre.
Dans tous les cas , il est vrai de dire que ce cjui