‹ Œuvres philosophiquesChapitre 35 sur 55 · SUR LES REFLEXIONS · texte numérisé non relu

SUR LES REFLEXIONS

Les premières s^isations musculaires y déterminées par l'appétit ou imstinct du besoin , ne sont pas encore des idées.

Lorsqu'dles sont répétées hors de l'instinct par le principe de motilité spontanée, la détermination qui en résulte dans le centre moteur ou dans l'âme e^ une imci^.

Mais quand l'âme vient à reproduire ces mêmes s^sations librement et avec un effort sentie elle a la perception du mouvement dont elle est cause.

Cette idée renferme trois, éléments qui ont entre eux des rapports nécessaires.

1^ La sensation musculaire^ 2^ l'étendue du corps propre où elle se rapporte ; 3® le pouvoir de Êiire naître et de répéter la même sensation. De ces trois éléments , le dernier seul est compris dans le sens intime de l'existence , ouïe constitue ; car le moi se sent comme une force, une énergk, un pouvoir d'agir, et non pas comme une simple fsiculté passive, vertu sentante ou capacité de recevoir des impressions, car cette vertu, cette capacité n'est qu'une abstraction quand on la considère hoirs de son exercice eflEeetif , ou de l'impression déterminée qui l'actualise; tandis que la force active, l'énei^e et le pouvoir, se sent immédiatement comme l'existence , alors même qu'elle n'est pas déterminée à telle action particulière, comme la gravité croît toujours sur la pierre immobile suspendue à, une corde, etc.

L'aperception de l'idée 4u mouvaient volontaire

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est donc le rapport de ces trois perceptions , l'impression musculaire , l'étendue du corps présast et le pouvoir d'agir. '

Un premier mouvement ainsi produit devient le modèle et l'image de tous les mouvements posiûbles défe^minés de la même naanière, et c'est ainsi qu'il prend un caractère de généralité qui constitue l'idée.

Toute idée étant nécessairement un rapport, il n'y a évidemment aucune idée dC absolu^ ce qui n'empêche pas que l'absolu nous soit intimem^it présent comme un des termes du rapport sans lequel l'idée particulière n'existerait pas.

L'idée n'est point la sensation , mais le rapport de la sensation à une cause ou à un pouvoir efficace.

On ne voit un rapport qu'autant qu'on a quelque perception des deux termes comparés. L'idée de la sensation est la perception d'un rapport , ou la perception des deux termes présents, dont l'un est déterminé et l'autre indéterminé. -

Je vois un rapport dans une perception unique , en tant qu'éprouvant une impression , j'ai par cette impression ou dans la sensation même la notion de la cause; cette notion ne serait pas présente à mon . esprit sans l'impression qui est l'autre terme du rapport.

Le rapport d'un mouvement déterminé quelconque à une cause qui peut répéter ou imiter des mouvements semblables \ l'infini, constitue notre idée universelle de force motrice qui ne peut être

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dite absolue, cpioiqu'eUe ait un terme ou un ëléiîieiit absolu. Je dis que toute idée est un rapport egOre la perception claire d'un être limité ou détenoiné et la notion d'un être indétemimé ou ilbmité. Je ne drâ pas a^ec l'abbé de Lignac , qui reut que nous lentiotts innnédiateine»t la présence de Dieu 4am toute idée ou percq>tion , que toule idée est la pero^tion d'un être fini ou indéfini avec un être in&ii.

Si Tetialeiioe du moi est primitivement et immédiatonent aperçue sous certains attributs constants et inséparables de cette existence aperçue, c'est-àdire de toute pensée ; par suite j rien ne peut être perçu où pensé en nous ou hors de nous que sous ees attributs ; ils devront donc avoir la généralité la plus étendue et en même temps Vindwidualiêé la plus précise. En tant que la réflexion ou la prisée intérieure les prend à leur source ou dans la conscience du moij les notions de ces attributs sont individuelles et particulières. En tant que la perception externe unit tous les objets à toutes les impressions reçues du dehors, les mêmes notions deviennent générales et universelles.

Nous avons ainsi une marque certaine pour reconnaître la différence essentielles qui sépare les notions proprement dites , qui ne sont autres dans leur principe que les attributs du moi, des idées générales ou abstraites par la comparaison des objets; c'est que les premiers prennent toujours parla

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féQmà0n un caractère iadm^idueléa nwi ^ ^Undis que les autres conservent toujours par leurs «ujets le eapactère^énéml et ^^tmit.

Les pliemièrefi doi^nmit Ueu à des prc^>osition$ universdles évidentes par eUes-mém^; les secondes à des propositions conting^ites que l'expérience a besoin de vérifier. U est cei^tain que, sans les notioits de cause 9 de substance , d'unité, il n'y aurait point d'idées |;ikiérales, point de classification, ni par suite de langage. L'unité^ par exemple, qui est un attribut essentiel de l'existence du moi, est le fondement et le premier type auquel toute classification se rapporte*, etc. Mais sans avoir encore formé d'ici^es générales , de clas^cations ni de langage régulier, l'esprit humain aurait déjà en lui les tiolions d*un^ de dusse, par cela seul que le moi existerait ou qu'il aurait pensée et aperception.

Ldbnitz, Kant, ni aucun philosophe, n'a songé à £3ure le partage exact entre les notions universelles qui peuvent être considérées comnie formant l'apaimge naturel de l'esprit humain, comme étant ses /dîmes (et que par suite nous dévouas retrouver partout , qui doivent nous affecter du caractère de nécessité) et les idées générales, ou les catégories qui sont contingentes et adventices à l'esprit humain. Dans ses tables symétriques des catégories de Fentendement, Kant a mêlé ces deux sortes d'éléments et donné ainsi des armes à ceux qui prétendent tout dériver des sens. Ils ramènent très^bien les idées gé-

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nérales que le philosopl^ critique établit sous le

titre de formes.

Leibnitz a mieux vu que l'analyse pectf arriver jusqu'à certaines notions simples , qu'il considère comme des attributs dé Dieu méme^ et au-d^à des* quelles comme sans lesquelles il est impossible de rien coïK^evoir. Mais cette manière même de considérer les notions prouve assez que Leibnitz dlait en chercher la source bien loin du moi, et qu'il était loin de croire qu'elles fussent indivisibles de son existence; ce qui Ta empêché de déterminer le double caractère individuel et universd^ de trouver les marques suffisantes (notas suffidentes^ par où la pensée W distingue des idées abstraites générales. .

Ces dernières peuvent être communes à plusieurs sens, comme dit Leibnitz : pluribus sensihùs communes; comme les idées de nombres j Ae figures^ de grandeurs ( qui sont communes seulement aux sens qui ont l'étendue pour forme^ n'y ayant point de caractères ou de collections d'unités réunies sous un seul signe que dans l'étendue divisée); mais les notions peuvent être dites communes à tous les sensy non qu'elles viennent à l'esprit par l'exercice de chaque sens externe, mais parce que toute perception sensible, étant un acte de l'esprit, emporte avec elle le&notions fondamentales et constitutives de l'existence du sujet présent ou de l'esprit lui-même.

<c ISotionis distinctœ primitiifœ non alia datur co-

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