DE M. DE TRACT
et de Condillàc. S'il n'y a que des sensations et que tout jugement ne soit qu'un rapport perçu entre des sensations, il n'y a pas d'erreur ni de vérité possible , car la vérité ou la feusseté xi'appartieBt aux idées qu'en tant qu'elles peuvent être comparées à quelque modèle fixe , qui ne soit pas encore une idée ou une sensation. — r Or, quel peut être ce modèle dans les systèmes idéalistes? — M. de Tracy est au moins conséquent dans l'erreur , et c'est par là qu'il a été très-utile à la science. — Il a bien raison de dire, dans son point de vue, que toutes nos perceptions de rapports j ou de nos sensations comparées sont réelles, certaines et nécessairement telles que nous les percevons (c'est-à-dire telles que nous les aidons) par cela seul que nous les avons.
Pour être vrais , il suffit que tous nos ju^ments soient des conséquences exactes de ce prunier jugement : Je suis sûr de ce que je sens. Mais comme cela est toujours nécessairement vrai de tous les souvenirs parfaits ou imparfaits^ puisque nous sentons les uns comme les autres , il en résiJte qu'il n'y a pas , même dans cette hypothèse , une erreur possible. Je me souviens d'avoir été Euphorbe au siège de Troie : je suis sur de ce que je sens, et qui pourra me dire que je ne le sens pas?
« Nous n'avons point d'idée de substance , nous avons des idée^ d^ êtres qui agissent sur notre vertu sentante ; mais nous ne connaissons ces êtres que par les impressions qu'ils nous font ; ils ne consistent pour nous que dans ces impressions. »
'iSo SUR LA IfOGIQUE
Dire que nous avo»^ dés idées (ôit nations) d! êtres qui ag^ssefU sur notre vertu senttmte (i), c'^t^ bîaa dire qae nous avons dès idées ou des no* tkiKS de subslsmoes; ear les substances, comme ootts le prouverons ailleum amplement, ne sont pcHir naus que les eaiBKs de nos sens»lÉons o^ in^ tiiitioasf, et, ccMntne le dit si bien M. de Tracy luimême dans un autre ^idroit, les eauses sont les étres^ et les étï*es sont les causes.
Nous necommûssons ces êtres que pav les impres^ skms epi^iJis nous font; c'est sans doute bien limi«^ ter, pour notre esprit, le champ des réalités; et nous somm^ certains de Fexistence d'éfres qui ne fapi ni ne peuvent âdre sur nous aueune impression. Mais^ quMit aux (xmnaissanees primitù^^ la pi*^position est vr»e ,* et je l'admets. Nous fie connaissons directen^nt ou ne concevons immédiate* ment l'existence réelle des causes (des êtres ou des substaïK^es) que pat* lenr^ effets lensibles. Mais eommi^at et pw qwl abus de mots et quelle con-
(1) Nos sentalkilis ne peuvent jamais notis faira connattre que ce que nous sentons, mais eUe ne nous a^renoeajl fim sur ce, que sont leurs causes, ni même sur Texistence de ces causes. Il y a des causes ou des ét^es autres que nous, voilà ce que nous croyons nécessairement; mais si on demande qael^ saai ces causes , si l'on veut s'en faire des idées ou des images , on en reconnaît Timpossibilîté. Le scepticisme s'appuiera-t-îl de cette ignsraiice pour nier hi^ réalité absolue diBs causas? T9on : car nous savons d'elles tout ce qu'il est possible d'en savoir par l'entende-» ment qui ne peut s'aider des sens , savoir qu'elles sont et qu'elles proâui0ent certains ^îfets.