‹ Œuvres philosophiquesChapitre 42 sur 55 · DE M. DE TRACY · texte numérisé non relu

DE M. DE TRACY

résulte du mouvement de nos membres est la seule que nous puissions désiter sans la connaitre. S'il avait dit voulons, on l'entendrait mieux : nous désirons ce qui n'est pas immédiatement en notre pouvoir; nous voulons ce que nous sentons et savons primitivement être en notre pouvoir, par cela que nous le voulons et sentons au même instant indivisible. Les objets de nos désirs ne peuvent être connus que par expérience; les objets de nos vouloirs et nos vouloirs mêmes rentrent dans le fait primitif de la connaissance et de l'existence du moi.

yoici un raisonnement singulier : « Nos premières idées simples ou nos pures sensations sont des effets directs d'êtres distincts de notre vertu sentante ; donc eWçiS font partie de l'existence de ces êtres. Bien plus elles sont pour nous toute cette existence : d'où il suit que, si nous ne voyons rien que ce qui est réellement compr^is dans ces premières sensations, nous n'aurons que des idées conformes à la réalité des êtres. »

Si nos idées simples sont des effets de causes réelles, étrangères au moi, elles ne peuvent faire partie de l'existence de ces causes, qu'autant qu'il est dans la nature de tout effet ou phénomène produit de faire partie de l'existence de sa cause. Et de plus, les effets ne pourraient constituer toute l'existence de leurs causes, qu'en s'identifiant avec elles, ou en cessant d'être perçus comme effets sensibles distincts de causes qui ne le sont pas. — « Cela posé, II. 28 • ,

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si les première^ idées ou lés pures sensations faisaient partie de leurs causes efficientes, ou la constituaient, comment saurions-nous que ces sensations sont des effets directs de quelque être, et que ces êtres sont distihcts de notre vertu sentante ou de nos sensations même? Est-ce que nous nous trom^ perions en af^rmant, ou croyant fermement à cette . distinction de causes et d'effet ? Alors comment, n'y ayant réellement pour nous que des sensations ou des effets identiques à leurs causes, notre esprit parvient-il à faire une telle distinction?

Demandez ensuite aux physiciens s'il est Ineu vrai qu'ils n'aient autre chose à faire qu'à bien voir ce qui est compris dans leurs premières sensations, sans y admettre aucun élément hétérogène de plus pour rendre raison des phénomènes; s'il suffît, par exemple, de voir tout ce qui est dans les sensations produites par l'électricité, le magnétisme, le galva^ nisme, pour avoir quelque idée des causes de ces phénomènes et les expliquer. Demandez aux astronomes si la véritable théorie du mouvement planétaire est renfermée dans les premières sensations, qui manifestent précisément le contraire : savoir l'immobilité de ce qui se meut, et le mouvement de ce qui est en repos, etc., etc. •

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