‹ Œuvres philosophiquesChapitre 43 sur 55 · SUR L'ÉCRIT DE M. ROYER-COLLARD · texte numérisé non relu

SUR L'ÉCRIT DE M. ROYER-COLLARD

FRBKïàiaB I<EÇOK ]>£ LA TEOKiiME AJrifm.

Dans un court écrit , plein de choses , et remar^ quable par la précision et Ténergie du style, autant que par la force et la profondeur des pensée, jVL Royer-GoUard s'exprime ainsi (p. i4).'

cc^Ce qui est senti tombe sous l'œil de la conscience, « ce qui sent n'y tombe pas , mais l'entendement le « conçoit, et il y croit dès la première sensation. » — Et im peu après, page a , il dk : « La subrtaAC6 <K ou l'être la durée , la causalité ne sont aperçues <t que par la conscience, jointe à la mémoire qui ne « les observe qu'en nous et comme nôtres. »

Pour que ces deux propositions ne soient pas) contradictoires , il faut entendre, ce qui sent ^ àsa» la première proposition , autrement qu'on n'entend dans la seconde ^ la substance ou Xêtre , la cause de la durée qui sont dites aperçues par la consdence jointe à la mémoire.

J'observe que cette intervention de la mémoire ne peut pas faire, qu'une chos^qni a été reconnue d'à*

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bord pour ne pas tomber sous Vœil de la conscience seule , soit ensuite aperçue par la même conscience jointe à la mémoire. Car la mémoire ne peut que rappeler ou faire revivre dans la conscience ce qui y a déjà été. Elle ne crée rien de nouveau.

La contradiction subsisterait donc tout entière entre les deux propositions citées , si Fauteur ne faisait pas lui-même quelque distinction entre l'âme substance que l'entendement conçoit et croit, et le moi sujet de l'aperception immédiate dans le fait de conscience.

La causalité, la durée, que nous observons en nous-mêmes et comme /i<J//e^ exclusivement, ne sont point en efifet la causalit^ et la durée objective d'une substance ou d'une chose que r entendement cfoitj car nous pouvons affirmer de cette chose (lorsque nous venons à concevoir son existence absolue et indépendante de toute conscience ou sentiment de moi)f des attributs qui ne sont nullement nôtres^ c'est-à-dire, qui ne sont sentis ni conçus en nous , comme lorsque certains physiologistes attribuent à l'âme pensante les fonctioi]^ de la vitalité, les sécrétions et autres mouvements organiques, dont il n'y a pas de conscience, etc.

Nous n'avons pas plus l'aperception de la causalité de l'âme substance en qui ou par qui l'activité et par suite la personnalité passent du virtuel à Vef^ fectif^ que nous n'avons la perception de la causalité des objets extériews à qui nous attribuons la

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