DE M. ROYER-COLLARD
puissance de produire en nous les sensations ou les idées de ces (^alités appelées qualités secondes ; la parité est exacte.
I® De même que les sensations d'odeur , de saveur, de couleur, de sons, etc., deviennent les qualités secondes des corps lorsqu'ellies se joignent à la notion de causalité -extérieure, ainsi le moi devient un simple attribut de l'âme, lorsque, par un progrès dont il n'est pas impossible à l'analyse philosophique d'assigner les lois , notre entendement devient capable de concevoir cette substance ou cet être absolu de l'âme qui dure ou continue à exister alors même que le moi ne sent ni n'agit.
u^ Les noms des qualités secondes signifient plutôt, comme l'a observé Th. Reid, les causes de nos sensations que les effets ou les sensations mêmes, et c'est ainsi que le sens commun de tous les hommes place très-justement (quoi qu'en aient dit les philosophes) la chaleur dans le feu , la couleur rouge et l'odeur dans la rose , etc. ; en tant que ces mots , chaleur^ couleur j odeur ^ expriment les causes inconnues de telles modifications qui ne peuvent être attribuées qu'à l'âme. Pe même le signe ye ou moi y qui exprime d'abord le sentiment de l'individualité personnelle ou dû sujet qui existe pour lui-même , en tant qu'il a là conscience de son action ou du résultat sensible dont il est cause , est transporté à la substance durable ou à la force absolue par qui l'action s'effectue.