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comme non-'moi^ est indirecte ou induite; on pourrait Ja considérer aussi comme négative. Mais quand Findividu éprouve une résistance à son effort, n'acquiert-il pas, en ce cas, ime notion directe et déterminée de la force étrangère ?
Analysons les conditions et les circonstances qui établissent une différence notable entre les deux cas.
Il semble d*abord que l'Idée de la cause étrangère doit être d'autant plus naturellement induite clu sentiment d'une modification passive, que cette modification a été sentie d'abord comme l'efiFet direct et immédiat de la volonté. Ainsi, après avoir éprouvé la sensation musculaire attachée au mouvemàit volontaire d'un de ses membres, si l'individu éprouve le même mouvement , sans le vouloir, il devra être plus naturellement induit à croire l'existence 'd'une cause ou force motrice autre que sa volonté ; mais cette cause sera encore indéterminée comme objet.
La même chose aura lieu quand un mouvement ou une s^i^tion musculaire sera arrêté, malgré l'dEfort voulu, qui tend à le continuer; en observant que la force étrangère est toujours et nécessairement jugée ou crue dans un espace indéfini , soit intérieur, soit extérieur; l'espace intérieur étant donné primitivement comme un élément inséparable de la sensation musculaire , comme étant sa forme propre ; et l'espace extérieur aussi comme condition nécessaire de la différence perçue ou sen-
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tie entre lei^ deux s^isations qui aoeompagutot^ l'une le mouvement libre ^ libreinetit contû^ué^ l'autre ce mouvement arrêté,
Si la vue et le toucher extéiieur n'étai^at pas en exercice, il n'y aurait point d'intuition de l'ét^odue à deux ni à troia dimensions , telle que nous la p^ceyons actuellement; maM? p^r lô deul^fiàt des sen* sations musculaires, ou de l'effort toi]^, joiàt à l'inertie organique et à la rési^;imce étrangère, il y aurait une élendue intérieure et un espace extéh rieur, vague, indéfini et immobile^ domeié comme Je lien des exist^ices étrangères ; d'où il suit qtiie l'étoi^ due, figurée, visible, mobile, cokmée ou tangiUe, telle que nous la percevons par le coticeurs des deux s^ds externes, n'est pas, comme om le croit vulgairement, k véritable essence de ce quedoils appelons corps.
Mais il est vrai de cUre que la forûe sîmfifo é& ré*sistance et d'impénétrabilité qui constitue l'esi^nce du corps, se détermine, se complète, et prend une forme sen^ble, en se joignant aux intuitions de la vue et du toucher extérieur, qui ont pour objet l'étendue solide, figurée, etO/ L'étee^lite visible et tangible devenimt un attribut inséparable <ïe la substance OU force qui résiste, la vue seule, jointe à un sens mobile, calleux extérieurema^t (tel que serait un ongle aigu), suffirait pour donn^ l'idée de l'étendue solide, figurée, mobile, etc«, ou des corps tels que nous ks connaisscm» avec leurs h«*
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mites. L'étepdue visible phénoménique, perçue hors du moi et à distance, pr^^nl de son coté toute la réalité de la force in^pénétrable, ou de la cause qui arrête les mouvementsu Ce n'est qu'alors que la di* rection de ce& mouvements se trouve exactement détermiilée p«r un sens interne qui |ierçoit natuj^n^nent l'étâidue continue^ et ^int la continuité qt^i lui appartient çn pnipre aux forces séparées et dùcrètifs d^ êtres -wni^ei qui résistent
Il suit de ces analyses qu'on n'est point fondé i assimiler la force de résisl;iui€e aux causes kidéter*minées des senssitiôns, ou modifications passives^, dont nous avons conscience, et qie les corps , con«sidérés quant aux qualités premières que nous leur attribuons comme subs^tances, sont quelque chose de phis que les causes de nos sensations pa»sives^ La force. ou l'ensemble des forces coordonnées en étendue , qui liatut^^t nos mouvemeoAs et nous em* péch^n^ de passer outre /c'est* à -dire, la résist^En^e et l'impénétrabilité, so»t déterminées par cela même et distinguées de toute autre ybrce^ conçue engénérdl comme i«»e^ qui n'est pas susceptible d'entrer dans le même mode de coordination d'étepdue;
La résistance et l'impénétrabilité se localisent prisiiitivem^it dans l'espace extérieur donné avec les sensations attachées à nos mouyoments volon* tiires^ C^ forces o&t ainsi un premier d^ré de dé* teranination, qui se comf^iète par la forme d'étendue e0é^ime propre mix tidmtion» de la vue et du tqw»
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cher, qui nous font seules connaître la continuité des résistances : resistentis eontinuatio:
L'impénétrabilité est la cause extérieure locale , et non pas seulement étrangère, qui arrête nos mouvements. C'est une cause passive essentiellement différente de toute force agissante que nous concevons par induction, ou par analogie, avec notre propre force motrice.
. Avec des sensations passives et autres que }es sensations musculaires, nous ne pourrions avoir que de$ notions indéterminées de ces forces étraùgères agissantes. Avec le sens du toucher actif ou celui de Téffort et de la résistance , nous avons la notion de substances passives ou de forces capables de nous résister, quand nous agissons sur elles et non autrement; telle est k notion fondamentale des corps« Toutes les difficultés de la science viennent de ce que nous voulons toujours concevoir dans l'abstrait ce qui nous est donné primitivement et nécessairement en relation. Assurément les relations qui nous sont données ainsi toutes faites , ne seront jamais résolubles en termes séparés, dont chacun puisse être nettement conçu sans l'autre , quoiqu'ils soi^it logiquement distincts à l'aide des signes. Appliquez cela aux relations de cause et d'effet, de substance et de mode , et il reste à savoir quelles sont les relations primitivement données à notre espril. Si la cause, F espace , le temps, ne sont que des relations ou des modes de coordination de nos phé-
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nomènes , on se demande qu'est-<^ qui existe y et on ne trouve pa3 de réponse nette ; on est effrayé en se sentant conune dans le vide.
(c S'il est permis à d'autres sciences de supposer des connaissances antérieures , et de prendre leurs résultats pour principe^ il n'en est pas ain^ de la métaphysique, c'est-à-dire d'une science qui a pour objet de montrer l'origine de nos connaissances. Ici rien ne précède , rien n'est supposé, rien n'est emprunté. Nous sommes placés aux sources de la pensée; nous assistons, s'il est permis de le dire, à, la création de la lumière qui doit éclairer l'intelligence. » (Laromiguière.) ...
La philosophie de JLocke et de Condillac a précisément pour caractère de prétaiidre se placer à la source de la pensée et de vovdoir que ri^n ne pr^ cède, que rien ne soit supposé ni emprunté; eX, cependant les idées simples de sensation et de r.é£iexion, selon Locke, ou plus simplement Içs. sensa^tions,, dans la doctrine de Condillac , supposent bien, n^ cessairement, dans l'esprit et la langue de ces doctrines, un sujet ^/#2 et durable qui reçoit,. une çau$(e permanente qui produit, et, aussi quelque force oh faculté permanente qui combine ces idées sfimples ou ces sensations. U y a donc dans tous les systèmes, et nécessairement, quelque chose qui/?racè^, quelque chose de supposé ou d'empnmté; et l'on, ne saurait dire («a entendant bimi ce qu'on dit) que ce quelque chose, savoir la cause quelcoiu^ue pro-