RÉPONSE
Hères indépendantes d'impressions dojit les causes sont extérieures à Fêtre sentant; si la science de ces causes efficientes est aussi innée et comprise dans toute modification passive ou active indififéremment.
J'examinerai si , sans sortir du champ de Fexpérience^ nous ne pourrions pas assigner une multitude d'états où la sensation est séparée de la science et de la plus simple aperception même de l'existence personnelle ; si on ne tranche pas le nœud au lieu de le délier, et si on ne limite pas trop nos moyens d'analyse en affirmant, sans preuve ou sans examen assez approfondi , que toute sensation ou modifica^ tion quelconque j qu'elle soiù ou non le produit de tactwitéy révèle immédiatement à l'être qui l'éprouve la même existence nouménale.
Mais je dois, quant à présent, me t^iir sur la défensive avant de prendre l'attaque à mon tonr. Je dois surtout chercher à titrer parti des objections précitées, pour faire mieux entendre mon point de vue.
Je trouve d'abord, dans la manière dont l'argument est exprimé et la question posée, une preuve assez frappante des difficultés et des obscurités où l'on s'engage quand on déplace l'origine de la science et qu'on altère les termes du problème générateur. U^Jfetiiesi pas souvent pris pour une modi-fication de la cause ou de la/orce, çt la distinction qui se trouve établie entre les deux termes du rap-
A M. OUIZOT. 3Éf5
port , et partir du fait de conscience n'est point une distinction logique, mais bien réelle, autant que peut Tétre une série permanente de ses produits variés.
En prenant pour base unique de la science et de l'existence, la relation du mode à la substance considérée comme pensée, il faut nécessairement prendre aussi r^tre absolu de l'ame pour le sujet commun de tous les attributs qui peuvent en être logiquement affirmés. Dès lors le premier terme ou l'antécédent du rapport d'attribution ne peut être conçu que sous le point de vue objectif et^ abstrait, puisqu'il s'agit de la chose permanente , tandis que le second terme ou le conséquent du même rapport^ c'est-à-dire la sensation attribuée est tout entière dans le point de vue subjectif, comme actuellement avec le sujet qui se dit je ou moi.
Il y a donc là hétérogénéité de nature entre les deux termes du même rapport ou entre les deux éléments de la même dualité , l'un se référant à ce monde absolu , dont nous sommes nécessités à croire la réalité indépendante des sensations ou conceptions; l'autre appartenant à ce monde intérieur de phénomènes qui ne tombe que sous le sens de l'aperception immédiate et que l'imagination ne peut objectiver, pas plus que la raison n'a le pouvoir ni le besoin d'en prouver l'existence.
Nous savons^, en effet, très-clairement et sans pouvoir en douter {certi^simâ scieniiâ et clamante