SUR LE PECXIÈME VOLUME
LlNMFPiRENCE EN MATiàRfi fil HEUSiÛN^
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Pré&ce, page 7^: «c ]!{ier la témûîgpagj& géoéml, a hii préférer sa raispa particulière , ^t le (^rafitèrea, propre de la/o/id, etc. i>
Je me la supposition; il est iuipossible qu'uaera^ wn particulière^ en tant ^ue t(^e^ soît #p opposi* ticm avec le témoignage général des homme» doués, de cette même faculté de raison. Le témoigiyg^e i» sert de ri^en dans les choses qui sont du ressort, propre de la raison^ Tout homme peut témoi^^pier qu'il voit tourner chaque jour le soleil^ et nulle p^ sonne parmi ceiXx qqi n'ont pas vu ne peut contredire ce témoigixâge; mais nul hpmme ne ^\xt témoin gner que le soleil tourne réellemeni,, car il ne. peut, être témoin que des apparences du phénomène;, c'^st à la raison de chacun (identique pour tous) qu'il app^^tient de prononcer sdr les prcaives de la
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réalité du mouvement et du repos; et pour croire à cette réalité , il ne me suffît pas que les faomm^ s'accordent à me le dire. Qu'il y en ait un million qui l'affirment , leur assertion ou leur croyance imanime ne fait rien à la vérité de la chose ; et si j'entends les preuvçs astronomiques , si ma raison les adopte y fussé-je le premier ou le seul qui aurait cette conception , je croirais à ma raison et à moi plutôt qu'à l'univers entier.
ft Tout homme qui ne reconnaît point d'autorité « ayant droit de commander à son esprit , est fou y « soit involontairement , si sa folie a une cause phy- « sique , soit volontairement, si elle n'en a pas, etc. »
• Il faudrait bien s'entendre sur ce qu'on appelle V autorité. Chacune de nos facultés porte avec elle son autorité propre ou la preuve évidente de son témoignage. Les sens de la perception témoignent la présence de leur objet. La mémoire témoigne la présence et l'existence antérieure de l'objet qu'elle rappelle. I^e jugement témoigne la vérité des rapports qu'il apprécie ,. et la raison témoigne l'existence et l'ordre régulier des fonctions de tous les sens ou facultés sur qui elle plane.
; Mais pour que ce témoignage ait lieu, les témoins ne suffisent pas; il faut de plus qu'il y ait un sujet qui recueille et vérifie ces témoignages, savoir le moij la personne identique.
Dans la folie, quoique toutes' les fecuités hors la raison puissent s'çxercer , il n'y a point de sujet qui
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reçoive et apprécie fes' témoignages de ces. facultés^ et c'est précisément cette absence du sujet moi ou de la personne qui caractérisé ràliénâtion.
On n'est pas fou parce qu'on ne recoimait point di autorité aysint droit de commander à son esprit. Les pytrhoni<Bns ou sceptiques, qui 2(ffectent de méconnaître ou de nier l'autorité même de toutes nos facultés j ne sont pas fous; car, dès qu'ils raisonnent, ils croient à cette autorité comme les autres hommes, quoiqu'ib prétendent la détruire par le raisonnement, qui y est tout à fait incompétent.
Un homme aliéné n'est pas fou parce qu'il ne reconnaît aucune autorité externe ou interne capable de commander à Son esprit; mai$ il ne reconnaît aucune autorité parce qu'il est fou. M. de Lamennais prend ici l'effet pour la cause, une circonstance pour un caractère essentiel.
Un homme rêve qu'il est roi de France , ou il se frappe l'imagination d'un château env Espagne qui prend assez de force et de consistance pour prévaloir sur tous les témoignages contraires. En cela, il est fou , non parce qu'il est le seul qui adopte cette fausse croyance; car quand il parviendrait à la persuader aux autres hommes^ il n'en serait pas moins fou. Cet eiuemple est puéril; il prouve précisément contre le système de l'auteur, qui veut attribuer ex-r ciusivement le caractère de vérité au témoignage universel ou à l'autorité.
Il peut arriver qu'on trouve plus de fous dans les