‹ Œuvres philosophiquesChapitre 54 sur 55 · II · texte numérisé non relu

II

piifBt)à le piwoipe d'antorHiééUad; affiiâ>k , les (Mîto soM moins défendos contre ««Muétties; parêt que dan^ œs fmys les passions soM pkn libl^ moins^éttées dans leur *essor; ^ue les «spnts n'ont pas de point tfarrél, ^ sont plus acoes^les aus leuat^mes^ qu'il y a moâis de sîmpiieité et plus d V grtatsons ou de renouvellements désordonnés. Mteis le terris on Foubli de l'autorité n^e^ encore dans ce ctts 'qu'un ^fet^uune circoAsInioeéeJàfdiié, i^ non point une oause j xm principe, ete.

a La raison de rhomme seul ne saurait le conduire « qu'à un doute prc^ond, universel , puisqu'elle ne u peut se prouver eHe-mémei »

Oonament la raison a-t-^He Êesoin de se prouva «He^néme à efie-méme autrement que par son ése«^ dce?

Celui qui dit : Je crois en moi présuppose , delo!| fauteur , son infeillibilité personnelle , c*^e9t-à-*dire ia pltis monstrueuse absurdité.

Certainement y pour croire en Dieu, il faut que je csroîé en mùi , ou en utee raison qui 'élfld>lit cette croyance sur des preuves quelconquei^, fôl^ce même sur la seule autorité du témoignage universel.

tx H faut faire voir à l'homme qu'il ne saunât se 9i prouver sa propre existence comme il veut qu'on «lui proui^ celle de Dieuj..... il faut désespérer «toutes ses croyances. »(Tom. Il, p£^. 3.)

Ce serait une grande déraison de chercber à M prouver sa propre existence comme on peut prouver

ûelfe lie Ifteû, et de demander la tnèm^ es]pèce de {fr%ui¥)6 ]|^6tft des Vérité* de genres «l di^rents. Soft qu'on comment par là ^rsonne Ditù ou par îa personne m^*, il feul admettre une première vérité qui nede!maiîtde qu'à ét^ aperçue et n*à pas besoin

« 11 tf importe tùmiûetà notis parvenons â con- * naître ia vér^ , pourvu qtoe nous soyons certain* « de la posiséder. La certitude 'est H base essenttdle «dé la raison t ckt être îhcef^taih siVtm connaît, it tr'est ne pas connaître. Le doute n'est qu'uùé îgnà- « ranee aperçue, h ' '

Je crains qu'il n'y sut danS ee passage pltrs d'es* prit que dé véritable raison. La tfertitude esi; Y^ijetj \é in£t de la raîsoù^ et non poîht sa base. La rcHson qui 'chercAe, qiM doute et s'enqùleit, n'en est pas tivoih^ là raSson. Le dtmte ']f)brte sur la rëaUtë de l'objet de la connaissance et non point sur la ton-* nai^ance même. Ce que l'esprit cotmaît , ce dont il à la conscience 6û Fapercfeptîon même , peut n'être qu'un phénomène^ et la connaissance h'eii est pai moins certaine pom» le sujel: qui s'affirme àlatmfétne qu'il contaait.

Voilà ce qui Tse trouve très-bien exprètoé datis #è prindpe de Descartes : je pense , j'existe. Cela est vrai , certainement vrai en tant que je ie eoto}ais et l'affirme; mais l'objet de cette pensée ou le ihoi même qui se sent exister, a-t-il hors de ma pensée, de ma conscience, une réalité absolue? C'est là ce

4o4 iStiR l'indifférence

que De^cartes se presse trop' d'affirmer. Sans'soitiih du moi, peut^on connaître une réalité al>solue , un être quelconque? Voilà le problème.

cr Nous connaisfiTons avec certitude certaines vé- « rites que nous ne comprenons nullement. »

Il vaudrait mieux dire : que nous n'expliquons nullement; et cela doit être si ce que nous connaissons avec certitude est une vérité primitive, évidente par elle-même, ou un fait primitif, qui soit la condition nécesssfire de toute connaissance, comme. le fait de conscience; car il répugne en ce cas de demander une explication de ce qui sert à expliquer et à comprendre tout le reste.

Ainsi X action de la volonté sur leS organes est trèsbien connue et comprise, sans pouvoir être expli<* quée, pas plus que l^ moi lui-même; et ce fait, connu , sert à entendre la transmission du moui^e^ nwnt'.

a Quiconque a réfléchi sur l'entendement humain a avouera sans hésiter que nous ne concevons rien « parfaitement. i>

Cela revient à dire que nous n'avons l'idée adéquate de rien; il faudrait excepter pourtant les idées ^e. nombre, d'étendue abstraite , etc. , etc-

« Qu'est-ce que sentir? qui le sait? suis-je même « cettain que je sente ? » ( Pag. 6. )

Le pyrrhonisme ne va pas jusqu'à en douter; et quand on fait la question : Qu'est-ce que sentir? ou Ton demande ce qu'on sait parfaitement ( certissimd

EN MATliRE DE RELIÔION. 4^5

sciêntiâ et clamante conscientid) , ou Ton ne sait ce qu'on demande. •

^ On s'est imaginé y dit Fauteur (pag. 76 de la pré- « &ce) qu'il existait des vérités senties avant d'être

a conçues On ne pouvait confondre plus dange*

« reusement des facultés distinctes et liées entre elles

« dans l'ordre inverse de celui qu'on supposait

« Nous montrons que tout sentiment suppose une «r vérité ou une idée préexistante dans l'entendece ment. »

Je voudrais bien savoir ce qu'est la connaissance d'une vérité qui n^est nullement comprise ^ comme l'admet ici l'auteur, sinon le sentiment même de cette vérité.

« Nous avons le sentiment de l'infini , celui de la « Divinité y sans en avoir l'idée , etc. »

Qu'est-ce que la/bz, sinon un sentiment donné ou suggéré à l'âme » qui ne peut acquérir dans la vie actuelle aucune connaissance ni conception de ce qu'elle croit et de l'objet de sa tendance , etc.

tf Pendant que noiis habitons dans ce corps , dit « saint Paul (a* ép. aux Corinthiens^ c. V, v. 6, 7), « nous sommes éloignés du Seigneur, et hors de « notre patrie.

« Parce que nous marchons vers lui par la foi et ce que nous n'en jouissons pas encore par la claire « 7>ue, »

L'âme aime donc ce qu'elle ne peut voir ni comprendre; elle tend de toutes ses forces vers cet

sentiment. Otez ce sentiment; que devî#itf Ig/iu^?

^mfitr^ UA sé»JiflafintnQuvea% ^te.» (Pftfwe^pw 79.)

U laijit bien rocoaoaUre. 4u nM9in« qu^ç c^ MMir m^t i^ troff^p^ pM^ qu'il etit use r^^ de vérité biea plus^ c^t;ain^ que Fautoiâlé.^jU^témoîgpaf^Jiiir ouûn^ k pLg3 wiiwes^

Page 6« % U ariive, dusant le sommeil , de çraire « éprouver une sensation de plaisir ou d^ douj^uc^ « daoKt j^ recomuM»;» au r^eil» Tilliusi^n* xk

L^ ^en«Mi^ mtérû&ui?^ s^ pe»t tiromper.

Page 7* « le ne pujgi m'aaiurer par. ims^ seiift de oc l'existence des objets extérieurs ^ de l'existeBce d^ <« (A(9jt pix>pr^ çoi^, «te »

La fonctioi), deft. seps n'e^ pas d'as^iiTer^ wam d^ (éfffxf$g9fir de^ ^iMeiK^es- ou d»s laits do^ un» autfe ^tuUé juge o^, con^tje la réalité.

Ç^gç &. «( I<e senUmwk du i^mii ^ di^^Si^i^, d« n 6<^i{ et 4u. ii?^9 varie s^n,l^ ^roçbfîtaf^çQS:, Iw 9, int^â^, l^pa^i^?^^ )^

Ce qui vade u'est pas le s0fifim0fd^yT9^ df X^mi^ Q|^i$ l^opiuioD de Yesprit.

Page 9. « La force avec laquelle le sei^tip^^ 9é»J^ ^ ^raîn^ n«. prouve riau m &x«ifc d^ ppmpîpes (^ qnie i|o^s adop}x^St sur sou aujtorité* .^.

Quoi ! n'est*il donc aucune vérité, aucunerUOliUïn», <|u'il uous^ spit ifnppssil4e de m pad^ Qioiw2 ITy %4*iLp^ un sentiment de n^çesijjt^ ^^^èim.^^JtHSké

kk d#i pr^Qfîtîoiis conÉ^ ctlkâ-cl : Took «•> qui comnonM a wie cauM ; la ligne droit» est h plus

Tout ce que dit Fauteur sur les illufiootfi du mb* ^mmi^éà rftW»DBW(>6iit dasft kft pages flMiirante Mowwte qu'œdédmaalion&et argumente lriv«k% «ouftlâsés siur la oos&tsiou pei^^nD^e c|u'il iiiA cba Ho^iifi univerfidlas et imnni«bto&, ou toujours lea Qimieften tous temps et en tous Heux, et lea idées ^ les opimonsy lès&iitouies de Te^rit^ qui nfonl au«cune coaisiataDoe. Une saine, philosophie apprend à distinguer touj: ce qui reste et tout ee qui change, et ioi Fattlorité n'y Eût nen.

Après ai^>ir trèi^bten BM>ntré « que, si Tcm wm- « Wt fond^ sur des dàn<Hisilratîeii» ou raismine* « mmàA toutes les croyances et les ^^âritte j on serais « dîiecteiB^at conduit au j^nrhc»iisiBe) » M. de hshi BE^nnais. ccmclut « que c'est l'iœprâssanoe d& d«uA^ « ou Fa^i«raace d'être diclaré fou si l'on doute , <g qui ooAstitifê toute la, certitude. » Et il devrait conclure sealeinatt qu'il y a des v^tés primitives de sodtîiMMt ou de ra^on, qui n'ont pas besmn de preuves et ne sont pas susceptibles de démonstra^ tioa. S^ ce cas ^ la question serait de savoir si ees vérités sont innées ou dimméeA ài l'esprit d'unç nu^ «»ère quelconque, Maia c'esl se presser beaucoup que de conclure, de ce qu'îles aont indémontea^ blés j qu'dlea f^»asait uniquement sur l'ai^oriiè ou le lémoigiM^.

4o8 SUK lj\TXt)Xf9iÊilR«tàË.

Fa||e a5. « La géomélrie ^ de toutes les sciences ce la i^us exacte^ repose , aussi bien que les autres , ce sur le consentement commun ou l'autorité du té^ « laoîgnage. » '

Ne serait-ce pas^.plot6t le oonsentement commun qai repose sur l'exactitude de la géométrie et sur la nature simple de son objet, <{ai &it que toutes les idées dont cette science se compose sont adéquates ?

Id. « On détruirait complètement la géométrie , « si on l'obligeait à prouver les axiomes , etc. »

Oui : et de là il suit bien qu'il ne faut pas dier^ dier à prouver les vérités primi titres ^ mais non pas que c'est le témoignage qui les constitue vérités. Tous les yeux sont éclairés par la même lumière; il s'ensuit que la nature delà lumière est telle qu'dle agit simultanément sur les jreux communémait dis^ posés f mais non pas que cette commune dispositicm produise la lumière. Chacun croit ce qu'il voit et sent Le témoignage universel atteste que tous sentent la même chose , mais ne saurait rien ajouter à l'autorité du sentiment de chaque homme , qui , fut-il seul, n'aii croirait pas moins certainement à la himière-qui l'éclairé.

On se fonde sur ce qu'il est naturellement impo8si)>)e qu^m être pensant soit seul absolument. Quand cela serait, on ne pourrait en tirer parti contre l'autorité profM^ et individuelle de chacune de nos £sicukés ; il en résulterait seul^nent que ces facultés n'existeraient pas, et que l'homme solitaire,

EN MATlàmC QB BELIQIOlf. 4^9

s'il pouvait vivre, serait atirdessoiiB delafaâla Mêis il ne s'agit pas de déterminer quelle est Tii^EeAGe de l'état social sur le déreloppanenl ou méaie l'existence des facultés humaines, mais, ces fiK^nhés étant données ou si^iposées^i esarciee ( quelle que soit leur origine)^ quelle est l'autorité de cfaacmie d'elles, et si l'individu, livré à lui'^méme, n'est pas nécessité de croire ce qu'dles attestent.

Comment affirmer, en ce cas > « que la certitude <c des vérités de sentiment repose, aussi bien que la « certitude des vérités de sensation ou de raison a même, sur l'autorité générale ou le consentement «( commun. » (Page 5i.) Qu'entend-on par la? S'agit-il de la vérité relative ou de 1^ vérité absolue? Celui qui croit, sans pouvoir £ûre autrement, sur le témoignage de ses sens ou de sa raison propre, croira-t-il plus fortement par le consentement commun?

Sans doute « il &ut bien reconnaître, avec Cicé^ « céron parlant de l'existence de Dieu, darukieo9h' « sentement unanime des peuples ^ la loi mène ék « la nature ^eXc. » (Page Sa. ) Mais ce consentement unanime n'est point le principe; il est le résultat nécessaire du sentiment propre de diaoun, lequri, bien consulté, porte avecJui l'évidence d'un ètte suprême, nécessaire, inviûble, quoique toujours> présent.

Si ce sentiment n'existait pas dans chaque homme doué de raison, et s'il* n'apportait pas avec lui ia certitude intime , . absolue f * de l'être . néces^re ,

4«0 «M. fi IH

k?t tl qwÊ^ fmamttàt 9iffmméce ee téh ^eonvÎQiioB po]iri9aît4l douer à Mhti <|ui m^aarailï pu» d^ «a kiHméaMfe Motioiciit éoiatiil tipym. h> MMiîfctt i MîQ » eifc ^s^^qm dua la Mctétàdesea^auttUaUéft^GB smppoaajEitiMi koonM 4m MÊoat.fm^àfk cê maotàn^jmS^ et de. ottte source intérieure da lKunîèl:6 qui édaîre dMKfoe koanae irtiMnnt au imeaH^ os c^ccàe «ainemettt ccnum^at k téipcâ|pa9ft pourBAsk a^îr sur hd et lui «siggéFCT UQAoro^DoediiiiJt ilu'auvittt pasdéjà k foudemail ibHi sa piopie nature îsileUigfeiiÉe et mosaalft.

C'esÉ da^la anéoHfr manière qu'en fkiaanb ahatnio ^km>é^%09iÊi^iié^ompÊién(^igfi des suhifttfioai y dea ei«B6iB, da^ Ifétr» uaiinoisd néeesaïufa, etc. , il est ifli|K>«iil4o qu!wM langue lenfaimant les sip^Sicb cea.îdé»ap àt éi ie ei&oacflPieart>aéiiétée^à VhoiMM^ eaa lefrBMti» na poaleut pas avee eux la knûère^ ils ma «réeal^ n^ daoa rintfiMiyiice; ûb ne ^qoé cpi» dév a lop y ci y. rèieilbr oa qui y était mïgenm et jaua aaauifinlaÉHaiy en soate que le proUème de Fongiue dua Imgaas^ correspouda^t à oeiui da laoavtilude dft» lémnignagay préaappa«e loiqoura ka idéaa que ha laafuea dwwat sî|piiiMfSy ou ks cMyraoes que ka hooiinss^ s'^Kjec^sdant^ à esq^rânar^ loin^ qu'on puisse jamais dériver les idées de leurs signes- , saîlî nàrîMs^ soit kstiiuéa^ paa pka que ioiidw ces oaojMiMa su» le ooMap^BieMt Uttîpsvsel^ qui n'^i ejiqiiqna ne k wture ni Moriptta.

V^qroiif ciMiiniiiii) cb MAI- 4o QM^l^i^t 4^ Lan;imnai)& ^ 4q9C bwimcMMl^fite^ lorsque., s^é^mm^ içontm^ toutou f»soo individuelle ^ ck^rcbsMrt à l'aivéjinAlr , Ua p^|él«ii4em dérivai? tcMM:^ sciwee ti^

de L'autoiité di^ ^^f7iiai^^€ (car c'est l^llrëal6SJpr tèi9J^, le loema principe sous des noms^diff^pmtst). Il £Eillait que ces pwids #s^te aoips axpli^iioflwnt OU checdi^/saeiit à entendre ^ eiiiHiiémes çoipivient h iiaisQU paut être universelle^ sk ^Ue n'est (Vc^ond . on en. même temga Uidimfuelle j Qomraent k ineii»^ Umuèi^e pourrait éckiiier tous le& esprits si ^ ^^ se çomnuini(^i^t égalem#ttt à chafcmn ^i parlii^ur li^erf et^ dans ce cas, comment çl^i^ esprit reofl^ vrs^t de toua les autres U li^mjiè^ qui n'éclaipefoilt £^cua en particulier;, commewiv l»Si 6i|pes d'un l^pr ^;age révélé pourraient éAre entendus pu compf^ sî ïé^tt. mtell^[;ent n'a;vait pas^ ei^ kû lestidi^ ^ dy ratta^eiit ou les moyens de forcer çes^ic^âes^^^^iir nuent, enfin^ rhomme qfÀ appiseod unel^ngue^d^llr x^ sevait dans l'iiApassibiJfité natureU^^ da m k^jsmuf un laogag^ quelcoi^u^

Pâgç 55. ce II acriv^spiji^veiikt o^^ Veiprî^ Qi^ vo^ <i a«ve€ cZa/!^^' ce qu'il ne Vi^r^H^n^cvi^ p^éot^..,^ % Comme il y a d^%émdemmtftimpm;s^>f, Jucetutk iXs tude des, vérités ^id^t^ çep9^ Hiûq^em^ent sw « l'autorité ou le témoig«a§9b dî'un çertaii» vémkT% «. d'komj^es qi^ ^tesl^nt qijLe l^ur ^spiûl^ e^iii«cté c< de M même m^mière^^.etc. a

4ia fiUR L'iHniFFiaBITGC

Rien de plus bxa, ou de plus contraire à toute ex][>érience psychologique. L'évidence n'est jamais trompeuse, pas plus que le sentiment. Celui qui iH>ît atec la i^ison voit bien réellement la vérité présente à son esprit; il ne se trompe ou ne trompe qu'en affirmant au-delà de ce qu'il voit , en praiant la partie pour le tout y le particulier pour le général , raccîdentel pour le cobstant, etc.

Ainsi y de deux choses l'une : ou l'esprit d'un individu jouit de l'évidence (et cela n'a lieu que dans les idées adéquates) ; en ce cas Taccord de tous les autres esprits avec le sien- n'ajoute pas la moindre chose à sa certitude; bien plus, quand tous seraient en opposition avec lui, il n'en croirait pas moins fermement ce qu'il voit, ce qu'il sait être. Ou bien Tesprit de cet individu ne voit rien que confusément ou n'embrasse que de vains fantômes, auqud cas <on peut nier qu'il ait encore le sentiment d'évidence; et, dans cette hypothèse, le témoignage universel ne lui donnera sûrement pas les idées qui lui manquent. Ou il verra par lui-même ce que d'autres lui disait voir; ou il ne verra rien du tout, et il ne fera que répéter par imitation les formules vaines delà croyance commune. Ainsi, en matière de rai-^ sqn^ il implique d'affirmer que « Vumi^ersaUté du <c témoignage rende la certitude la plus complète m possible j etc.,» (page 56).

Pour ent^idre que deux choses identiques à une troisième sont identiques entre eUeSy il suffit d'avoir l'intelligence du sens des mots.

Pour entendre et affirmer que Vumuers est fouvrage dun être intelligent^ il' faut avoir pli£» que^hr compréhension des signes ^ «t h^rs la/biV celte vé*» rite, qu'il est peut*étre impossible de bien èntaMire, ne saurait être l'objet d'une certitude rakoni^t comme celle-ci , par exemple : Les mùu^eme^s et tordre de Puamers^ S(mt clés produits d^une causetQU force intelligente. La création des substances sort en effet des limites de l'entendement butnain ou de la raison ; la création du mouvement et la coordiaa*^ tion des moy^is à un but a son type en nous-^^mes dans l'expérience intérieure^ Yoilà pourquoi tous les hommes qui raisonnent et croiait ce qu'ils entendent l'admettent plus généralement.

Page 90. tt Aucun être créé, s'il ne commençait « par dire ijecrais, ne pourrait jamais dire tje sms.7^

C'est le contraire qui est vrai. Seulement on peut mettre psychologiquement en question de savoir s'il est possible que la personne intelligente et libre se diseàeUe-méme ijesuis^ j'existe en tant qaejepemse ^ mesenseidster, sans dire en même temps :jie crois à la permanence de Fe/^e, au durable de la substance pensoiUe. Clertes l'autorité du témoignage ne fait rien à cette croyance,- qui ne serait pas nK)ins ferme quand la personne intelligente serait seule au -monde.

L'auteur montre aisément partout que l'homme agit par des (^xryances primitives qui ne sont fondées sur aucun raisonnement. Mais ce principe individuel

êm^tùymiÊBè , ^'a-t4 d^ eommua avee ^ntoMlé du létaM%iittge? (Jn iiMnm i^é n'agittdtMl |m9 égàl«s nmit ^en se fbndMitvm* k ooMtÉmce ées lois de ^

MiUM )de oA«é tMite MlKmy et stqpfios^K i|u« le» Itomtoi&tiew^cHtedtikdiitquepartin pH)»éipe^(fnm« UrtîM 9 'en Iftiséint tout ce qalls Yoient llft^ aux au- IMS'y «ft' croyanl; «veiiglém^it totit ce <]ii'îls t^s^^it , ÉttM ^» cbercbey les n^àorn, etc. , et ^quelle mdété a«tmMfMK? sei<a-Ge ti&e soeîété d'êtres mteUigeMi ? M^tHOê tieife foi aveugle qm poutM dérrfcppei^ éckAfèif «t foHiiierk raisôh qui IM est restée létràngère? Eh principe^ loin d^éCre la vie de l'infiéffigekyce, n'en sera-t-elle pas plutèt te lïiôrl?

Pk^ 94* ^ Les vérités liécessaire^, priHMKvement « i-évétées par la paroley se tk^ammetteitt é^^i^ment « pat la pàrdie... »

Vottà l^îek ce qu'il s'agit de prottreir ftlfdbcÂùi^^ qnettitot. Pourquoi la parole (le /og^Mr) fi^ Mvedf^ ellô pas le i^ésultattle la préiseiie^ immédîirtie dift la notion d'être <dbtns l'àiue) qui demande à lè^is expri-^ ttiée ausBitèt que coiïçiifê ? Pourquoi veut>ou au eoA^ traire que la notion ne soit qu'un i^ésultat ou prod«ritdehp«roledonnée?€etteparoteyitta«ék4eHMie0t Mçue ouenti^odue, Mffîrait^e pour donner la no^ tion, si Ton ne supposait un rapport néeessatiia entre le signe et l'idée, et Tintelligence innée de ce rapport? Notts voilà ramenés non seuiemesit auit idées innées, mais au langage inné; et qu^il soit inné

EN lIll9tànB SB HBLfQCON. ^1$

au ré^ié'^bMB vm temps^ r^fibt MinUeMiAi/wnle méaaie. De f4u6^ ce l*a^on »éowiai re«titw la muièB intellectuelle et son exj^'êMÎoii «m «cm ÂgM 4fUÊM doBiiéy <{u'îaipokte c[ue ce Mit le kHSiffl^e (f«ii 4é(ierfiftifiè k prâMAoe de k iMtîon Ams 'l'ei|^^ Wi •«^A» ^emâi^ fiMiré les deux ^grnic» H n nilt a ii ^ m iAdit4^ sibles du même rapport , commeiit *difttki^0l* i»l antécédenlt et un consécfuent? Mate «i Poïi <;otisttttt le tétnbi^âge intériem*, la primauté de l'idée *oU^ k tié^ikm indépendante du «%M tmiâèle f^m^Ue élre^kMiilei^e?

Id. « La vériiéj <pri est le bien oeMMtm dcii fplrt<tt agences y doit être possédée en coniittaiipardk»^ wt* aucune inteHigence ne pouvant e)dslê^ qu^à « l'aide de certaines vériïés néeessàii*es , 'on dott rc*- « trouver ces vérités dans toiste^ Im im^l^cMBS. »

J'adopte ^Mièrement cette fn^ostttoiiy dVm tl suit que chaque intelligence humaine égaie à «me amtre , possédant eu dùnamm avec dte k véirté, n'a p9& besoin de lui emprunter, à cet égard ^ 9am té^ moignage. Toutes les intelligences sont àmÈt tadé^ pendantes les unes à l'égard d€fis afutres^ rektiveuent à k vérité ^e chacune d''eHes entend.

I^ témoignage commun , à l'égard 4e teHe rtfrili nécessaire y lui attribike k ^caractère d'uftitttrsriitéi, lequel est tout extérieur , mais n'ajoute rien à soa évidence ou à sa nécessité intérieure.

id. ^ Le témoignage par lequdi ces vérités nécea- « saires se manifestent (k témoignage universel );

4i6 SUR l'inbiffeàbuce

« conclut M. de Lamenloais , n'a pas moins de cer- « titude que le témoignage de Dieu , parce qu'au « fond il n'en diffère pas. »

D'accord encore. Mais il ne s'agit pas d'établir la certitude absolue de ce témoignage .universel. Il s'a- ' git, dans le système de l'auteur y de prouver qu'il est le seul critérium de la certitude de toute vé^ rite, et c'est bien ce qu'il affirme à chaque page y mais ce qu'il est dans l'impuissance de prouver.

L^ vérités unii^rselles sont-elles les seules qui Bi&kt le caractère de vérités ? Pour n'être connu que par un petit nombre d'hommes , ou même par un seul/ une proposition, un rapport, un fait, en seraitil moins absolument certain ? Tous les esprits peuvent-ils connaître toute vérité ? Si on ne peut le dire sans renverser les bases mêmes de la révélation et de la foi , que devient l'autorité exclusive du témoignage?

Jd. a La'Taiton générale ne saurait errer ou ne ce pas atteindre sa fin : donc le témoignage universel « est infaillible. »

La difficulté de reconnaître et de déterminer invariablement les caractères et les signes de la raison g^érale subsiste la même. Combien n'a-t-on pas abusé, en politique comme ^i morale, du principe ambigu de l'auteur?

Page 95. « L'homme n'est pas seul tant qu'il a « deux natures , et que l'une réfléchit sur l'autre. »

Page i33. « Les idées naissent en nous avec leur

«c expression j etapprendreà/>ar/6r c'est apprendre « à penser j comme apprendre à penser c*est ap* « prendre à croire. »

U faudrait bien distinguer entre les idées celles qui ne naissent réellement qu'avec les expressions et celles qui sont indépendantes de toute expression. Quand nous n'aurions aucun mot qui exprimât pour notre esprit les notions de substance et de cause y nous n'en aurions pas moins présentes ces notions^ en tant que présents à nous-mêmes et ne pouvant rien concevoir que siu* ce modèle.

Page i34* Si Hiea n'a pas fondé le christianisaxe sur une révélation intérieure faite à chaque homme indi^^iduellement y on peut dire qu'il a établi le fond de cette religion j si bien appropriée à notre nature, sur une telle révélation intérieure. U faut Bien distinguer les faits particuliers à cette religion j son histoire et ses traditiora , de ses préceptes généraux qui étaient écrits dans, les cœurs et les écrits des hommes les plus élevés , avant d'être manifestés à tous par la parole du Sauveur du monde.

Page i35. ce II n^y a point de sentiment inné, au- « trement il se manifesterait de la même manière' (c dans tous les hommes. »

Ainsi fait-il , lorsque les passions ou les sensations de la nature animale ne s'opposent pas à cette manifestation.

Avec le moi se manifeste le sentiment de notre dépendance de causes invisibles , celui de la pitié ,

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