‹ Œuvres philosophiquesChapitre 6 sur 55 · PE LA PENSIVE · texte numérisé non relu

PE LA PENSIVE

intérieures, à qui telle modification peut alternatif vement ou simultanément se rattacher.

U semblait pourtant que la possibilité présumée d'une décomposition supposait des fonctions ou des forces composantes; mais notre philosophe ne veut voir dans la sensation qup Vâme même modifiée dHune certaine manière à la suite d'une impression quelconque. Or, l'âme (qui n'est pas le moij mais le sujet objecâii^ement conçu ^ l'antécédent {x) des rapports d'attributions ou d'inhérence de tous les modes qui en seront ultérieurement affirmés), Y âme est un être absolument ^«Vw^/e; il s'est attaché à le démontrer (i) : d'un autre côté, elle est iden tifiée avec sa modification^ et ne peut être rien de plus pour elle-même. C'est ainsi, qu'à l'exemple des physiciens dont il emprunte la méthode, ce philo-

(1) Voyez cette démonstration au eommencement de \E%sai sur l'origine des connaissances et de l'art de penser , etc. Cette démonstration de la simplicité et de Ynnité de Tâme qui s'applique au principe pensant comme chose , comme objet hors du moi , n'est point du tout prise. dans la nature du sujet. Aussi ne suffit-eHe point pour porter dans l'esprit là conviction qu'on désire. Nous avons un sentiment indivisible et unique de notre personnalité , et c'est là une vérité de sens intime qu'aucun bomme réfléchi et de bonne foi ne peut récuser. C'est donc à ce témoignage intérieur qu'il faut s'adresser exclusivement , et toutes les preuves tkées de l'imagination ou qui se fondent sur des comparaisons empruntées du monde extérieur, ne pouvant être énoncées que dans un langage inexact et métaphorique ( comme lorsqu'on dit que plusieurs modifications différentes ne peuvent se réunir dans tm svjei campo«é, etc. ) toutes ces prétendues preuves , dis -je , sont vaines et Illusoires. Témoin les discussions éternelles dont elles sont l'objet.

j^ DE LA DéOOMPaSinON

sophe commenGe par écarter à^ax notions obscoreft, dont Fesprit humain fait pourtant toujours, malgré lui 9 un emploi si continuel et si nécessaire, celle de substance et ceHe de cause.

Mais en s'arrétant à ce point de vue, où trouver la matière de quelque décomposition possible ? Sera^ ce dans pinceurs modes simultanés et réunis en une seule sensation ou id^? Mais l'être sentant n'est-il pas eocore identifié avec Fensemble comme avec diacune de ses modifications partielles? et lorsqu'il se sait toujours intérieureinent comme simple j où prendre l'idée des éléments de composition?

D'ailleurs , la direction que donne Fauteur à ses analyses, nous prouve qu'il ne s'agit poUit pour lui de la résolution d'un mode ou d'une idée complexe dans ses éléments simples. C'est une décomposition de la faculté de sentir^ ou d'une sensation quelconque en général, qu'il se propose. Or, pour cela, il va énumérer divers caractères accessoires que peut prendre cette sensation en se tranformant d'une part, pendant qu'elle demeure, d'autre part, fondamentalement identique à elle-même par hypothèse, puisqu'elle est toujours exprimée par le même terme. Ainsi, par exemple, la sensation actudle, qui par sa vivacité devient exclusive de toute autre, prendra ce caractère que nous exprimons par le mot attention , persiste*t-elle lorsque l'objet n'agit plus sur l'organe? C'est la mémoire. Deux sensa-

DE LA PEKftâs. fS

tions de la même espèce, ou une sensation et un jowwn/r, concourent^ils sans se confondre? Cest le jugement ou la comparaison ^ etc. Mais serait-ce bien là ime décomposition de la faculté de sentir ? n'est-ce pas plutôt une espèce d'analyse que l'on pourrait appeler descriptive ^ où une propriété de mon être, une de ses modifications quelconques abstraite dans son signe, m'est successivement représentée sous différents points de vue , notés euxmêmes par autant de caractères ou de signes conventionnels qui servent à définir l'idée totale de sensation ?

Mais j'avance dans l'application de cette méthode jusqu'aux résultats que l'auteur prétend en déduire, et jusqu'au point où il va mettre le terme total sen-sation ou faculté de sentir dans une véritable équation avec les signes partiels ou éléments caractéristiques qu'il y a distingués (i). Je m'aperçois bien qu'alors il ne s'agit plus d'une décomposition d'idées ou de modes, fondée sur une observation réelle quelconque; mais bien d'une analyse logique ou artificielle, qui part uniquement des classifications hypothétiques du langage, et dont les signes sont en même temps instruments et sujets uniques. Je conçois aussi comment il peut suffire à cette théorie d'être liée dans l'expression, sans avoir besoin de l'être dans les faits positifs avoués par le sens intime,

(f) Voyez la Logique , chap. ix.

qui n'a pas été consulté pour l'établir (i). Je conçois enfin comment, n'ayant qu'à traiter des idées artificielles, faites par moi, sans modèle extérieur ni intérieur, je puis déduire et raisonner avec presque autant d'assurance et de précision dans la science métaphysique que dans celle du calcul.

Mais puisqu'il s'agit ici uniquetnent de langage^ jetons , en passant, un coup d'œil sur le fondeinent de ces expressions dont toute langue usuelle se sert pour exprimer certaines qualités et propriétés ou actions et iaLCxAlès attribuées^ soit aux choses permanentes du dehors , soit aux êtres qui agisssent et sentent comme nous.

Le terme sensation y dans la langue de Condillad, est un de ces noms grammaticalement appelés substantifs abstraits. Or, tout nom de cette espèce peut dériver ou d'un adjectifs on à\x participe d un verbe d action^ et remplit, je crois, dans ces deux cas des fonctions différentes.

Nous employons ordinairement Y adjectif pour

(1) En composant le TraxU des systèmes , Ck>ndillac fut frappé surtout du danger qu'il y avait à réaliser des àbsiraclions , puisque c'est là qu'il trouvait la source commune des égarements de tous les métaphysiciens. C'est aussi probablement ce qui le détermina à faire l'essai d'une nouvelle théorie , où il pourrait écarter l'idée , prétendue abstraite , d'un moi substantiel , distingué de ses modifications accidentelles, et celle de cause, ou force productive externe ou interne des mêmes modifications. En n'exprimant ainsi que des effets ou modes passifs , et transformant l'idée propre des facultés, il put se passer de la réflexion qu'il avait admise d'après Locke dans son premier ouvrage , comme une source particulière

BE LA VENSéE. 'J'J

exprimer une qualité ou une modification , que nous considérons comme résidant actuellement dans un objet où notre attention la distingue d'une manière plus particulière, parmi toutes celles avec qui elle concourt à former un même groupe extérieur , sans l'en concevoir absolument séparée: mais dès que la séparation complète s'effectue dans l'esprit, la forme adjective se convertit en substantii^e dans le langage; et la qualité ou propriété abstraite peut devenir alors le sa/et artificiel de plusieurs propositions ou affirmations verbales , qui ont une valeur plus conventionnelle qu'absolue, et n'acquièrent celle-ci qu'en se rejoignant au œmplément objectif qui leur communique sa réalité.

Mais il y a d'autres termes abstraits , semblables aux précédents par IdiformCy quoique différents par la source d'où dérivent les idées ou notions qu'ils représentent. Ce sont ceux qui, venus des ayerbes^ expriment l'action d'une ybrce vwe^ le mouvement phénoménal, le mode transitoire qui en est le résul-

d'idées» C'est ainsi qu'il fit le Traité des sensations... Le succès de cette tentative, la clarté et la précision quMl lui sembla avoir apportée dans la théorie des facultés intellectuelles , le prévint fortement en faveur de l'application exclusive de sa nouvelle méthode. Or, comme cette méthode consistait uniquement à faire la langue (voyez le premier chapitre du Traité des sensations ), c'est-à-dire à exprimer avec précision les résultats simples ou composés de ses hypothèses ou conventions, et à déduire en conséquence, il inclina de plus en plus à croire que c'était là tout , quel que fût d'ailleurs robjet d'une science. C'est aussi à ce degré de simplicité qu'il porta en dernier lieu sa doctrine, comme on peut en juger par la langue du calcul.

J^ DE LA DicOMPOSKTION

tat. Les JBoms de celte espèce se siibstanèmlisent j pour ainsi dire ^ iauaédialemeat dans la notion d'une oause indivi^elle ^ qui, inconnue en elle-même, et ne pouTiHftt aypir de nom propre déterminé^ em^ pmnte le signe de son effet généralisé, et demeure ainsi logiquemait identifiée avec lui^

Maintenant il est impossible de prendre, dans une valoir purement physique , le nem abstrait sensation. Il ne saurait exprimer en e^t mne propriété permanente de quelque objet hors de nous , ni une qualité fixe, îaàsajat partie int^rante de l'un de ces groupes que nous appelons les^o^;^^ (r).

Dans Facception physiologique , ce terme peut bien représenter l'idée de quelque phénomène cm mode du mouvement; et alors il devient signe d*une action ou d'un résultat à'aetion. C'est ainsi que les physiologistes emploient le terme sensibilité j non seulement pour désigner une simple quahtéoup/%>* priété organùjue^ comme ils le diseat souv«»it, mais de plus pour exprimer l'agent inconnu, producteur de tels phénomènes ou mouvements qui se manifestent dans l'organisation vivante. Tout ce qu'ils affirment ainsi de la sensibilité , ou de la sensation sans conscience j ne doit donc pas s'entendre rigoureusement d'une propriété abstraite, mais de l'agent

,(1) Nous verrons dans la suite jusqu'à quel point il est exact de dire , avec plusieurs métaphysiciens , que les corps ne sont pour nous que les groupes de nos propres sensoÀions,

SE LA FEKSÉ£. 79

quekonque des phénomènes vitaux^ qw est là le ^Fitahlt sujet de toutes les attributions réelles.

Quaat au point de vue intérieur^ sous lequel le métaphysicien considère la sensation^ et selon la vak^r individuelle qu'il doit donner au terme propre qui exprime un tel point de vue, ce terme peut bien exprimer à la fois un attribut permanent du sujet qui s'appelle moij comme une action produite par sa force constitutive. Dans le premier cas, il renfermera donc l'idée du sujet participarU à chacun de ses modes ; comme dans le second , l'idée d'une force ÛQ^épanible de ses^ actes (x). C'est d^s ces cas seule- BQ^eat que les deus; v^urs grammaticales ou logiques

(1) Cette participation du sujet sentant et moteur à ce qu'il éprouve , comme à ce qu'il 'produit^ 9 bien toujours liei»'; mais «Ut n'est point la même dans les deux cas, ainsi qu* nous. le Ywroas ailleurs. Cest d'une teUe identité de participatixm , exprinée hypothétîquement par le terme commun sensation , que sont partis tous les métaphysiciens ; et ils me semblent pefr là aTonr motifé eoxmêmes l'adoption d'une méthode purement physique.

Observons , au surplus , que le terme sensation est ambigs , et , venant du mot latin sensus , peut n'indiquer que la fonedon du sens , identifiée par les physiologistes avec celte de Torgane; au lieu que le terme sentiment^ dérivant du verbe sentir ^ emporte avec lui l'idée de la participation nécessaire d'un sujet individuel et conscient.

Aussi le physiologiste qui , adoptant un langage établi avant lui, mais cherchant à le préciser davantage, avait distingué une sensation animale et une autre organique , n'eût pas distingué , je crois , un sentiment organique , ni peut-être même un senthneni animal.

L'estimable auteur des éléments d'idéologie ^ à qui la scieiwe doit tant, et que je ne cesserai jamais d'honorer , lors même que je me permettrai d'être d'un avis contraire au sien , M. de Traey , a

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de Fadjecfif et du participe se confondent, et paraissent avoir un fondement métaphysique égal dans la conscience dç l'être sentant, qui se'prend lui-même pour sujet de toutes les attributions passii^s ou actwes. C'est ici surtout, que tout ce qui se dit ou s'affirme de la sensation ^ ne peut s'entendre d'une simple propriété physique ou organique, abstraite dans son signe; mais uniquement du sujet conscient , qui est toujours censé y prendre part.

Ces distinctions posées, quelle serait donc la valeur réelle que l'esprit pourrait attacher à ces formules: ta sensation se transforme; la sensation déifient attention^ mémoire, comparaison^ etc. Est-ce

employé le premier cette formule %miir des sensations. Je ne crms pas qa'iï eût hasardé de dire de même, sentir des sentiments. Le pléonasme serait alors réel , puisque Yobjet du verbe étant renfermé dans le verbe même , on n'aurait qu'une idée absolument identique répétée deux fois sous des formes différentes; c'est comme si Ton disait souffrir une souffrance , ou parler une parole , eto., au lieu qu'en prenant la sensation pour le résultat immédiat de la fonction d'un organe, et désignant parle verbe sentir la participation expresse du sujet à l'impression organique sensible qu'il reçoit , il n'y a plus en effet de pléonasme ; et la formule sentir une sensation exprime même assez énergîquement ce fait de conscience , dans lequel le moi s'unit à sa modification sous un certain point de vue , pendant qu'il s'en sépare sous un autre pour la percevoir, la juger , en la rapportant à un organe ou à un terme hors de lui. Il en est à peu près de même de Texpression sentir un souvenir , un rapport , une opération quelconque de l'esprit , qui indiquant plus particulièrement la conscience de moi dans certains actes pu produits , peut se référer à ce sentiment supérieur que Locke appelle réflexion. Mais il fallait peut-être distinguer ces différents emplois du même mot sentir^ et en chercher les fondements et les conditions dans le caractère même des modes sentis...

DE LA PENSÉE. 8l

]e sujet identique qui se transforme dans 9e& modes attributifs? Est-ce la force agissante qui devient successivement tous ses produits?

Dès son premier point de départf Condillac paraît bien prendre le mot sensation pour exprimer la propriété essentielle , ou l'attribut unique permanent de Vdme , qui ne peut, suivant lui , feire autre chose que sentir ou se sentir; et alors c'était seulement changer les signes, en mettant le terme sensation à la place du mot conscience , adopté par Descartes et son école , pour désigner expressément l'acte de se sentir soi-même. La sensation pouvant donc être prise pour cet acte fondamental, qui demeure identique au sein de toutes les modifications variables , ne devait pas être dite se transfor^ mer en elles, ni s'appliquer indistinctement à toutes, en devenant leur titre appellatif commun.

Mais l'auteur ayant feint une hypothèse dans le dessein exprès d'éloigner les notions obscures de substance, de force j écarte en même temps toute idéede personnalité ou d'égoîùé substantielle, comme d'activité productive , dès qu'il suppose que l'âme de la statue est identij^ée avec sa modification , la déifient f ou ne peut être autre chose pour elle-même j pas plus que pour le spectateur du dehors qui l'impressionne à son gré. Le terme sensation ne paraissant plus alors renfermer d'idée précise et individuelle de moi (ou Y enveloppant si bien qu'on ne saurait l'en dégager en aucime manière), ne repré- \\. 6

Sa DE LA DEÇpiMUPOSiTION

Sjentera plus que la modification abstraite de sou sujet d'inhérence. Il en sera alors comme du nom d'une qualité extérieure, séparée de son groupe objectif et cojtisidéréç (hors de la résistance qui lui servait de support) sous divers point de vue, que l'esprit peut y découvrir encore dans cet état d'isolation ; en la prenant pour sujet logique de propositions diverses.

. C'est ainsi qu^ V étendue et la quantité deviennent ^ dans leui^ signes , sujets abstraits d'ui^ multitude infinie d'attributions , et fournissent la matière d'une science dont l'esprit humain , qui la créa, n'épuisera peut-être jamais la fécondité.... IMais c'eat d'une telle science qu'on peut dire surtout qu'elle est eon" çentionneîlej roulant sur ses propres déâmtiood, constituée dans sa langue, ses méthodes mécamques...îie pourrait-il pas en être de même de la sensation abstraite , qui devieiadrait par là le sujet d'une théorie féconde où tout se réduirait au mécwmme d'une langue dont il ne s'agirait plus que de irons*former , de déduire ou de substituer les agnes suivant des règles précises, déterminées par l'hypothèse fondamentale, et les conventionâ scJ^sécpientes? Ainsi , l'on trouve un système de vérités ooncU^mnelles, bien liéies par l'expressiixi; mais où est la vérité absolue? quel est le critère intérieur qui doit servir à la reconnaître, à nous coanakre nousmêmes ? Où est le modèle exemplaire , auquel les idées, comme leurs signes doivasit se conformer?

DE LA PEKS££. 83

OÙ est le point d'apptii de toute notre existence , le fait primitif qui en constitue le sentiment indiVl^ duel; enfin, Torigine de nos facultés actives, ou des idées simples réfi^hies , que nous poUvdtis en $tc^ quérir?

L'auteur de V Essai sur Porigine des connais'sauces humuines^ plus rapptt)ché, je crois, d'une science de faits, d'observation intérieure, n'était pas Picore parvenu à porter la théorie des facultés intdlectuelles à ce degré de simplicité et de précisioji , propre aux sciences qui ont un obj^ purement abstrait, et dont l'homme fait lui-même les idées avec la langue.

« J'appelle o/;éra/K) 72, disait Gondillac dans son premier ouvrage (i), Iz pensée , en tant qu'elle est propre à produire^quelque changement dans tante. » Tels sont surtout ces modes auxquels' concourt la force active, que nous nommons vohntéj à Fexdûâon peut-être des modifications toutes passives reçues jKir la sensibilité. Nous verrons en effet que ceà premiers modes seuls , sont essentiellement accompagnés de conscience. Us sont donc des pensées^ de plus ils sofat des changentenùs^ et sont propres à en produire en nous ou hors de nous. C'est donc à eux que s'applique conkplètetnent la définition précédente.

or Les opérations , continue le Mlêfeté sfttteur (et

(1) Essai sur Vorighiedes connaissances humaines , section ii*, chap. x.

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par suite les facultés ou puissances par qui ces opérations s'efïectuent ) ne sauraient faire partie des matériaux de nos connaissances {objectives) y puisque ce sont elles qui les mettent en oeuvre. »

Ce point de vue me paraît tout fondé sur le se^ infime y et non sur aucune hypothèse prise hors de la réflexion. On conçoit ici que les facultés ou les opérations d'une même force ^ appliquée à élaborer ou transformer certains matériaux, sont nécessairement hors d'eux et n'en font point partie intégrante. On ne saurait donc prendre les unes pour de simples caractères ou circonstances des autres, ni confondre ces facultés avec leurs matériaux sôus un seul et même titre sensation^ qu'il s'agirait de définir ou d'analyser logiquement plutôt que de décomposer.

C'est pourtant là que fut conduit postérieurement l'auteur du Traité des sensations. Comme dans le point de vue hypothétique où il se mit alors, il identifiait complètement le moi avec toute modification passive; il devait aussi, par suite, identifier les actes ou opérations avec leurs objets, les forces avec leurs produits , la pensée , en tant qu'elle est propre à produire des changements, avec la sensibilité, en tant qu'elle est propre à en recevoir. Il ne devait donc plus y avoir qu'une seule classe de modes passifs homogènes ; et toutes ces facultés , nominalement distinctes, venaient se résoudre dans une simple capacité réceptive unique , qui ne pouvait que se transformer.

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