CONSTANTINOPLE
Première vue de Constantinople. - Ébloni?>ement. La peste, l'incendie et le despotisme. — Pressentiments et premiers bruits de
l'insurrerlion îirercpie.
CHANT OUATRlKMi:
CONSTANTIINOPLK
Avez-Yous vu la reine de Taurore?^' La cité merveilleuse, épouse des sultans. Dont les palais légers, fragiles, éclatants, !)'un triple amphithéâtre enchantent le Bosphore.' Connaissez-vous ses tours, ses dômes, ses forêts De mais, de cyprès noirs et de hlancs minarets.
112 POEMI" I)H LA GRECE.
OÙ l'or, dans un ciel bleu; jour et nuit étincelle? Des arts de l'Orient la fille la plus belle? Du dernier Constantin cette veuve infidèle , Qui, marâtre des Grecs, mais cbère à leurs regrets. Luit sous un nouveau nom d'une beauté nouvelle? Cette Istamboul enfin , dont le miroir des mers Répète avec amour le ravissant rivage , Qui se plaît à s'y voir, et dans tout l'univers N'a d'égale que son image ?
De son premier aspect tout votre œil s'éblouit, Frappé, quand elle accourt au-devant de vos voiles. Comme, au sein d'une fête, alors que dans la nuit Quelque feu jaillissant au ciel épanouit Son bouquet éclatant d'étoiles.
Ah ! que de sa splendeur l'Européen séduit, ^'' Enivré des parfums dont la rive est chargée, S'étonne, en approchant de la ville ombragée. Où par enchantement tout lui semble produit, Où le jour est sans voix , le mouvement sans bruil ! Qu'il regarde surpris, quand, d'un léger caïque. Il voit, sur trois penchants, de lumière dorés Et d'innombrables toits couverts et colorés. Se peindre le tableau de la cité magique; Venir et près de lui passer de toutes parts