CHANT IV. CONSTANTINOPLE
Le despotisme, esclave et de liii-niôiiie et d'eux. ^^
Il aspire à régner du couchant à l'aurore .
Mais le sein de Byzanc^ est son plus cher séjour :
Il se plaît à souiller les pays que le jour
De son plus pur éclat colore, Et que le ciel féconde avec le plus d'amour. Les peuples d'Orient se pressent à sa cour. Pâles adorateurs d'un dieu qui les dévore.
Autour de lui , les yeux de zèle étincelants , Des hommes au front noir, courbés contre la terre Devant sa triple aigrette inclinent leurs turbans, ^•' Et flattent du regard son fatal cimeterre. Muet, comme le sort, qu'ils adorent en lui. Faux d'un air nonchalant , féroce avec ennui . Le monstre au front paisible, à l'œil impénétrable. Se tait , sur des coussins immobile et penché : Calme, comme la mer profonde et redoutable: Sous la surface unie un abîme est caché.
l'n geste dédaigneux est son seul interprète ;
Il fait un signe de la tête^ On entend, on devine, on sent sa volonté. A voir autour de lui tant d'immobilité,
On croirait qu'il dort, mais il veille;
Du peuple, en secret frémissant, Le plus léger murmure arrive à son oreille; Alors le cimeterre, esclave obéissant^ Marche, suit sa pensée, et va verser du sang.
0 Grecs, malheureux Grecs, est-ce là votre maître! Est-ce donc pour nourrir ce pouvoir abhorré, Pour assouvir la soif de ce tigre altéré , Que du sang des héros le ciel vous a fait naître I Cet affreux souverain est-il donc si sacré,
Semble-t-il donc si légitime, Qiie,mêmeauxyeuxdesrois,vousnepuissiez sans crime Lever contre son joug un front désespéré ?
Si la Grèce, sous lui cinq siècles endormie. Pouvait du joug de plomb secouer l'infamie. Qui nommerait révolte un si juste réveil ? Qui nommerait rebelle une contrée entière