‹ ŒuvresChapitre 25 sur 65 · CHANT VI. LES VALLEES · texte numérisé non relu

CHANT VI. LES VALLEES

Invite à ce combat le dieu de la patrie; Soudain par la prière au carnage exalté , Le peuple se relève et plus terrible il crie : «A l'assaut! à l'assaut! la croix ! la liberté! »

Est-ce leur voix qu'ici l'écbo répète?

Ou , du midi , par le vent apporté , Un cri pareil , qu'au loin d'autres voix ont jeté , Monte-t-il de l'Ithome? ou naît-il du Taygète? De tous deux à la fois. Oui , d'Épaminondas ^' Les enfants à l'œil noir ont quitté la faucille; Le bord du Pamisus d'armes au loin scintille ; Ceux que j'ai vus bergers, je les revois soldats. Et voici les vainqueurs de Bardouni brûlée Qui, vers Tripolitza par Constance entraînés, '^ Suivent de l'Eurotas la charmante vallée, Et contre le soleil de Sparte et d'Amyclée Se sont de lauriers-rose en passant couronnés. Près du fleuve, les fils d'Armyros et du Magne Marchent, et leurs fusils, s' essayant vers les cieux Appellent de leurs coups joyeux Ceux cpii passent sur la montagne : '^

ns POEME DE L.V (JHECE.

Plus d'un voit près de lui sa robuste coiiipaG^ne, Qui suspeiul à son dos, sans peur de Feiinemi , Comme dans un hamac, son enfant endormi.

Tandis qu'au pied du Pinde, ô visir de Morée, De Tours de Tébélen tu poursuis la curée, "' De ton propre repaire as-tu prévu le sort? Vois-tu les femmes même , à leurs époux mêlées Sm- ces roides sentiers, d'un héroïque effort, Traîner avec fureur, aux canons attelées. Contre Tripolitza le tonnerre et la moi't.

Vois-tu ceux-là qui. menaçant Corinthe , Montent vers les dervends, dont les gardes ont fui, "^ Kt qu'entre ces sapins, où brille la croix sainte. Le diacre Dikaïos mène en foule après lui? Lem- clameur, qu'à Trézèue Égine a répétée. Du mont Géranien remplit le long sentier : ('e sont les moissonneurs d'Athène et de Platée. (Test Thèbes, Eleusis, Mé2:are. et ITsllime (Mitier, Aimés de faux, de pieux , de lances de cormier. De lii.sils. titip litUL^iciiqjs à leui' rouille lidèles,

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Qui, de repos usés, vieux avant la saison, Seulement de Mégare, au temps de la moisson,

Épouvantaient les tourterelles. "'' Leurs balles maintenant aux Turks seront mortelles; J'en crois ces cris, j'en crois môme cette chanson :

'< Gloire à la croix! viens, sainte Panasrie, "" Ton enfant dans les bras, regarder nos travaux ! Demain toute la plaine au loin sera rougie. Comme un champ semé de pavots.

" Si Thèbe est lente, et tardive sa terre, "^ Ses blés en sont plus beaux, ses épis plus nombreux. Gloire à la croix! allons, humectant la poussière, '< Rafraîchir notre été poudreux.

« Du mois fécond avançons les rosées , Atin ([u"à la moisson de ïhèbe et d'Eleusis Nous rapportions bientôt nos faux, mieux aiguisées, Teintes du sang des Osmanlis. »

Ai[)si du long sentier qui monte et (pii serpenle Sous leurs pieds gravissants ils ont vaincu la pente. Et, du haut des dervends, leurs menaçantes voix. Kt leurs joyeux regards, descendent à la fois Siu' le golfe d'Atlirnc et la iiici- dt,' l^épante. '"

Corinthe en a frémi. Ses cyprès les ont vus Accourir tout à coup , en torrents imprévus. Sou rocher crénelé ne sait pas la défendre. Ses cyprès sont en feu , son sérail est en cendre : Et vers ïripolitza fuit son Bey souverain. Riche et beau Kiamil, tu fuis! hélas, en vain. ^" Je voudrais, si je dois en croire mon présage , N'avoir jamais connu ta voix ni ton visage , Ni dans ton beau palais qui s'éteint consumé Bu de tes coupes d'or le moka parfumé.

An cri victorieux de Thèbe et de l'Attique La victoire répond, des rochers de Daulis. Vieiment-ils de l'OEta, ces tiers armatolis ^' Aux rouges brodequins, à la blanche tunique. Sous leur manteau velu guerriers de foruje antique? Diacos leur a dit : Allons, nobles enfants! Et Diacos , grossi de leur troupe hardie , Du Parnasse neigeux roulant sur Livadie, Jusques à Karistos a vu fuir les turbans.

CHANT SEPTIÊx^IE

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