‹ ŒuvresChapitre 26 sur 65 · LES MO^'TAG^ES · texte numérisé non relu

LES MO^'TAG^ES

LinstiiTPrliun diins les montagnes. — Les Klelles descendenl . et viennent au secours des Moiéoles. — Les chefs, Pétro-Bey. Colocotroni . Odyssée. ~ Chanson du pallikar. — Premières aiïaires. — Combats de Marathon, de Valletzi, de Fontana . de Klégna. - .A)ipel à la commisération des puissances de l'Europe.

CHAiNï si:rTiÈMi:

LES MO?s TAGNKS

Lors({iic la nior noircit . qu'au ciel tonne un orage Qu"(îveillant en sursaut, tous les monts assoupis. Sur le Pinde ou TAlhos, qu'il secoue avec rage. Le vent courbe les bois comme des flots d'épis. Soudain , surpris en mer, le timide caïque Kuit à Corcyn;, ou rentre au golfe Thermaïque ; Tons les oiseaux craintifs, sous les feuilles tapis.

Ii4 POÈME DE LA GRÈCE.

Frissonnent : mais alors les aigles sont en fête ; Mais , semblables entre eux à ces hardis vaisseaux Qu'au large on voit, du port, balancés sur les eaux. Comme en leur élément bondir dans la tempête , Tous les braves oiseaux, tous les kleftes des airs, Excités par l'écho des tonnerres tjui grondent, Sur les rocs à grands cris s'appellent, se répondent. Descendent dans le vent, montent dans les éclairs, Et, gais de la tempête, aux terreurs qu'elle envoie, Aux coups, dont les chakals, féroces et tremblants. S'épouvantent en troupe, au fond des bois, hurlants, Ils lancent le défi de leur sauvage joie.

Tels les fiers montagnards à l'orage guerrier Volent; telle aux rochers, remparts de Livadie, Soudain leur foule accourt, de péril enhardie; Tel du Magne a paru le puissant épervier. ^"^ Sa voix va , sur les bords de la fertile Zante , Réveiller le vieil aigle endormi près des flots, ^'^ Qui déjà vole, et plane au sommet d'Olénos; Et l'autre aigle qui porte un nom connu du Xanthe,''^ D'Ithaque a fait trois fois crier tous les échos. Le voilà sur l'OEta. D'heure en heure agrandie, La guerre et sa nouvelle, en rapide incendie,

C») Petr(>-l)ey. —0>) Colocolroni. — (<=) Odyssée. Voyez iiolf Hi.

CHANT VU. LRS M()NT.\(iN F- S. Uii

De somniels en sommets gagne, monte, s'étend: Agrapha la reçoit, le Tomaros l'entend, La prolonge à son tour ; et ses échos sonores En frappent de Souli les plus hauts météores. '"" Et vous y répondez, vous, monts de Botzaris, Vous, rochers protecteurs des secrets liméris. ^''' Vous, nuageux vallons, où le fils de l'Épire, Sur les hauteurs du Pinde, avec fierté respire. Où les Kleftes sont rois, où, comme eux sans r(>pos, Les patients bergers, toujours prêts aux alarmes, Conduisent tout armés les paisibles troupeaux. Et dorment sous le ciel sans déposer leurs armes.

Le pallikar, à ce bruit entendu.

Quitte en sursaut la couche dt" ramée.

Où sur le roc à l'ombre il dormait étendu. Déjà son fusil brille à son dos suspendu : 11 met trois sequins d'or dans sa ceinture armée. Et le voilà (jui marche ! et pour la Grèce il part.

{•) On donne ce nom. en Tlicssalio cl en Épirc , :i fies monWgne-^ ou plnlôt des roclicrs, de forme très parliculièro, el qnl de loin rosscnihlent :i (!.' gigîinlesqncs obélisques . grossièrement tailles. ( Voyez note 83. ) •

( b ) Liméris , postes on stations de Kleftes,

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