‹ ŒuvresChapitre 27 sur 65 · II · texte numérisé non relu

II

lie. POEME DE LA GRECE.

Le voilà qui , lester, de montagne en montagine Chemine bondissant tel qu'un beau léopard.

Et sa ehanson, dans les airs, l'accompagne : « Adieu j forêts, collines et vallons! )i Et sa voix se prolonge , et la roche frappée L'imite, et la renvoie à l'oreille trompée. Qui, d'échos en échos, entend : «Allons! allons! » Lui-même écoute, et rit , et descend vers la plaine: Et sa voix se prolonge... autant que son haleine : Éhohé! ha!

Ali-pacha! *■"

«J'ai, près du lac, entendu des oiseaux Se dire : 11 pleut du sang, et la Morée est noire. Quatre vautours , qui passaient sur les eaux , A l'aigle blanc buvant dans les roseaux Criaient : Viens-tu ? c'est du sang qu'il faut boire. Khohé! ha!

Ali-pacha !

' " ) Le rcfrjin doniii' à cette; clianson c>t une sorti; (h; cri Cîuîoiicé que l'All)anais prolonge on elTct sur les montagnes, en imitant à la lin la voix de quelqu'un qui, à force décrier, perdrait la respiration: Alipacha ha. Dans Êhohé on reconnaîtra, si l'on vetit, le cri ànti(|He

(VÈvohé. Ce cri , el surtout celui d'Ali-iJaclia dans la bouclie d'un Albanais (jui va défendre la liberté , \ieut sembler jilus caraotérisliipie qu'un autre refrain plus noble el plus poétiipie ([u'il eût été facile d'y substiiner. Au reste, si l'on ne trouve pas qu'il prOte à la chanson ipielque , vérité locide on peut le siqiprimer ; il esl en dehors des coiqtlcts.

CHANT VII. I.KS .M<).NTA(iNi-S. ir

" Ali-pacha, par Khourchid assiégé, Dans son château du Lac est prisonnier de guerre. Entre chakals le meurtre est engagé.

Le pallikar, sur leuis petits vengé.

En renfuniaiit iait hurler leiu' tanière.

r:iiohé ! ha !

Ali-pacha!

«Prenez, enlants, et servez le visir.

Dit la bombe envoyée au camp du Météore : '"' Et, pleine d'or, elle en offre à choisir. — ?son. Pour combattre et vivre à mon loisir, Tripolitza m'en promet plus encoiv.

Éhohé î ha !

Ali'pacha!

< Roulez, torrents! je frissonne enchanté. Que le tonnerre est doux , et que la guerre est belle ! Que du mojisrpiet la subite clarté Me plaît, semblable à l'insecte d'été Qui ])orte, au soir, un éclair sous son aile! Ehohé ! ha !

Ali-pacha!

" l.r camp (les Soiilioles. Ali-pjiclia assicfji- , y lit jnlor un Jour tiin l)oinl>e qui renri'riii.iil six mille s(M|iiiiis i;l un hillel de sa main, par liMpic il li'S pressait (le rev«;nir:i son ailiaiici' cl d'aliandoimiTli' siTasiinicr.

« J'ai , pour lier les enfants des pachas, De ma corde de laine entouré ma ceinture; J'emmènerai les plus riches agas , Et l'odalisque aux plus hrûlants appas : Mon beau vautour, le reste est ta pâture!

Ëhohé ! ha !

Ah -pacha !

« Que , lorsqu'en pleurs leurs belles Éminés Enivreront ma coupe, en mes bras prisonnières, A la charrue , en buffles , enchaînés.

Par nos enfants les ïurks aiguillonnés, De l'Achéron labourent les rizières. **'

Éhohélha!

Ali-pacha î

« Je reviendrai près du nid d'é[)ervier Gravir, et de l'ermite enrichir la chapelle. Au précipice est pendu son sentier :

Le brave seul y peut aller prier.

Ea foudre tonne? il prie à côté d'elle.

Éhohélha!

Ali-pacha ! »

(") L'Adicroii csl la rivière de Soiili , maiiitinaiil le (iivkis on Fleuve Noir. Un iiaclia priroiinier fut envoyé avec d'aiilres Turks à Souii pour travailler aux eliani|is «ons la surveillance des Umuuics. (Voyez note 8'». )

CHANT Vil. LHS MONTAGNES. 149

Tel des monts l'Albanais suit le sentier penchant : Et, s'enivrant des cris que lui-même il exhale. Du pistolet joyeux il fait siffler la balle, Et leste, il continue à chanter en marchant.

Mille autres, que le Nord. soudain vient de répandre, Se hâtent, connue lui d'or et d'honneur jaloux ; Des monls de tous côtés je les entends descendre, Et leurs placjues d'argent sonnent sur leurs genoux.

Viens, pallikar! viens, honmie noble et brave.

Qu'importe ici que dans ton libre chant.

Par habitude, hélas! non par penchant,

A ton insu se môle un cri d'esclave ! liientôt, au jour nouveau sur la Grèce jeté, Du klefte et des pachas tu perdras la mémoire. Dès que d'une patrie il connaît la beauté. Le brave apprend bientôt la véritable gloire . La véritable liberté.

Il grandira, le jour! de semblables courages Materont son midi , qui les doit épurer :

Qu'ils régénèrent ces rivages.

Dont les lois à leur tour les vont régénérer. Sourires déprisants, suspendez vos outrages : Trente ans d'indépendance ont su, vers d'autres mers,

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