‹ ŒuvresChapitre 30 sur 65 · CHANT VIII. LK DÉPART DE LA FLOTTE. !7I · texte numérisé non relu

CHANT VIII. LK DÉPART DE LA FLOTTE. !7I

Do degrés en degrés au comble parvenue, Éclate; et tous ensemble, en s''écriant soudain, Les yeux étincelants de pleurs et de colère , Sur leur ceinture armée ils ont porté la main. Qui n'a pas à venger quelque perte bien chère? ^°7 Presque tous , des parents ; l'un un fils, l'autre un frère. Celui-là, le front pâle et l'œil fixe, a tout bas Réprimé sa douleur qu'à l'orgueil il immole; Ce vieillard à l'écart vient de porter ses pas; Des pleurs mouillent sa joue : il s'assied sans parole;

Un fils lui reste et le console.

Mais le vieillard ne le voit pas.

Et les chefs cependant , aux crimes du Bosphore , Bien qu'un pareil récit les saisisse d'horreur, En cercle curieux, prêtent l'oreille encore. Il semble que notre âme ait besoin de terreur ; Elle suit, entraînée, un penchant qu'elle ignore: Ainsi que quehjuefois notre œil épouvanté, Vers un spectacle affreux qu'il fuit et qu'il abhorre. D'un pouvoir invincible est malgré lui porté. '( Et comment! » disent-ils, comme si leur pensée

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Voulait, par traiitres maux cherchant à s'occuper. Distraire le malheur qui vient de la frapper, Ou trop fière , craignait d'en paraître aiTaissée ; « Et comment ! tant de Grecs, sous un sort si fatal? Vos propres yeux l'ont vu? quoi! ce vaste carnage? Que dites-vous encor? ni le sexe, ni l'âge"' Khandjéris?Mourousi? les princes du Fanal? '"^ Quoi ! l'affreux chevalet, les osselets, le pal? '"y Quoi! les ongles de fer rougis dans la fournaise? Les saints pasteurs d'Hémus, d'Andrinopleetd'Éphèse? Et tant de sang chrétien coule dans l'Atmeidau? El lui-même aux bourreaux préside le sultan? » ''"

« —Oui. nos yeux, et non pasdes rumeurs incertaines. Nos propres yeux, hélas! nous l'ont trop bien appris : Et l'Atmeidau en vain, de ses mille fontaines, En son cirque romain, par les bourreaux repris. Voudrait laver le sang que les chrétiens meurtris

Versent sous les mains africaines.

Et présent, sous le ciel immobile et serein, Le despotisme est là qui. tel qu'un dieu d'airain, Tandis que le sang fume, en respire l'hommage, A l'ombre des cyprès assis, nmette im^ge! Et tous, courbés autour de l'affreux souverain . Des éventails de plume agités par leur main.

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J'écoutais, le reifard sur cos tahh'.'iiix fixé : Tout à coup quelle idée en mon sein a passé!

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Connue une mère encor nouvelle Qui voit, (levant ses pas, un enfant jeune et beau Tomber sous une roue, ou s'ensfloutir sous l'eau. Frissonne, et songe au sien qu'elle a laissé loin d'elle. Des rives d'Istaniboul , vers des pays plus chers. Mon âme , eu palpitant , s'envole épouvantée , Et, de ses souvenirs saisie et tourmentée,

A l'eutour des limpides mers.

RetoiH'ne à chaque rive avec regret quittée, J'ai cherché du regard les toils que j'ai connus : Mes hôtes, mes amis, (jue sont-ils devenus? Au loin j'ai demandé d'une vue inquiète Le couvent que j'aimais, au pied du mont Hv mette. '"

J'ai nommé Chios en tremblant.

Ile charmante î heureuse mère Des filles aux yeux noirs, nu rire étiucelant !

A-l-on vu le metnire sanglant Empreint sur la fontaine, et la roche d'Homère? '" Smyrne 1 au bord du Mélès a-t-on versé des pleurs? ' '^

Mi POÈME DE LA GRÈCE.

Le sang a-t-il coulé dans la rue enchantée "4 Que de leur nom charmant les roses ont dotée?

Qui sait jusqu'où le meurtre étendra ses fureurs! Du moins THercine est loin , et non sans défenseurs. 0 c'est là qu'ont d'abord couru mes yeux rapides î 0 du lac Copaïs les trois aimables sœurs!

Et la plus jeune ! aux yeux purs et timides ,

Au front touchant, de pâleur embelli !

Souffrante en souriant sur ses divans splendidesî L'Hercine aux belles eaux a deux sources limpides . L'une, de la mémoire, et l'autre, de l'oubli : "^ J'ai bu dans la première; et, sans même y souscrire.

Du doux et triste et ravissant sourire

Mon cœur ému doit s'émouvoir toujours.

Hélas! et moi, j'étais soutfrant comme elle.

Long souvenir de deux rapides jours !

Que la pitié dans ses yeux était belle î Ah! si la main des Turks... Mon Tombasis! accours! Vole, roi des vaisseaux , à ma voix qui t'^appelle. Comme un aigle puissant la prendre sous ton aile, Et ravir ma colombe à la faim des vautours.

CHA?sT NEUVIÈME

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