‹ ŒuvresChapitre 45 sur 65 · I.A VAl.LKI-: 1) OLV.MIMK. VÎ · texte numérisé non relu

I.A VAl.LKI-: 1) OLV.MIMK. VÎ

L'àmc doucement échaiiiléo , Sous les platanes ilc rAl[)li«M' Assis rêveur au hi'uit de l'eau.

Voilà bien les contours du vallon olyiu|)i(iue ; C'est l'Hippodrome que je voi ; C'est Saturne qui devant moi Élève encor sa cime antique; De ces gradins tumultueux Qu'agitait un peuple nombreux.

Par le sol l'empreinte est gardée :

Et les nobles eaux du Cladée Mouillent encor un lit ombreux ;

Mais j'interroge en vain sur ces rives muettes Ces échos sacrés dont la voix , Aux cris de la Grèce, sept fois Répétaient le nom des athlètes; Mais ces spectateurs assemblés.

Qui de leurs tlots amoncelés Inondaient tout ce vaste espace, Ha])ides comme l'eau qui passe , Dès longtemps se sont écoulés.

Le vallon «'st muet, cl vide, et solitaire; La voix des hommes n'y vient pas;

230 POÉSIES SUR LA (illËCi:.

Le bruit de mes sonores pas Seul y fait retentir la terre :

Seul le sauvage clievrier.

Étendu sous quelque olivier, D'Olympie occupe la place : Et jette au passant la menace D'un regard inhospitalier.

0 France î ma patrie ! un jour si fortunée ! Louvre, colonne, arcs triomphaux!

Monuments à mes yeux si beaux , Voilà donc votre destinée !

Ainsi , le voyageur épris De la gloire et de ses débris .

Viendra donc , de quelque contiée Maintenant peut-être ignorée , Chercher la place où fut Paris I

Quand il suivra, pensif, les rives de la Seine Et ses rares et basses eaux , Qu'entre l'épaisseur des roseaux L'œil verra scintiller à peine , De nos arts foudlant les trésors.

S'il demande le Louvre alors.

Aux lieux où s'éleva sa gloire ïrouvera-t-il plus de mémoire

LA VAl.I.KI-; F) OLYMPir. 231

()\\v je II Cl) trouve sui' ces Ijord^!

.) ai (ItMiidiidé rAlpliéc à ses propres rivagc^>; Mais ils \w m'ont pas entendu .

Fa m'ont seulement répondu Des mots bizarres et sauvages Pise est veuve de son renom ; El, passager de ce vallon.

Moi seul dans l'Élide peut-être Connais au bord qui la vit naitic Sa plaee, sa gloire et son nom.

Et les rois eependanl élèvent des colonnes Pour les porter à l'avenir 1 Et l'athlète an long souvenir Cherelie à consacrer des couronnes ' VA moi-même, dans ces déserts, Loin des bords ([ui me sont si chers, Poussé d'une aussi toile envie.

Je poursuis au prix de ma vie Un bruit qu'emporteront les air.^!

Quoi! la gloire, Ui gloire à tout honnne si chère. Serait-elle un songe aussi vain Que celui dont j'ai vu souelain S'enfuir l'image mensongère?

i32 POÉSIES SLK LA GRÈCE.

Que dis-je ! Ali î l'hoinme peut mourir. Les plus hauts monuments périr.

Les nations changer de face .

D'autres peuples prendre leur place , Que d'autres viendront conquérir ;

Mais, j'en ose attester Olympie, et moi-même. Moi qui , spectateur curieux .

En cherchant ces bords glorieux , D'avance ai dédit mon blasphème.

Non , non ; ce n'est point une erreur Que ce bruit, des tombeaux vainqueur, Qui , prolongeant nos destinées .

A travers quatre mille années Fait battre encore un noble cœui'.

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