‹ ŒuvresChapitre 54 sur 65 · DU CHANT TROISIEME · texte numérisé non relu

DU CHANT TROISIEME

NOTK il, PAGE 93.

Assis au cap Alcyme , auprès du (orabeau vide Où la mer entre et dort immobile et limpide.

Ce tombeau vide et découvert , que Ton croit reconnaître pour celui de Thémistocle , est placé au niveau du sol, dans un encaissement taiUé dans le roc au bord de la mer, à la pointe du cap où s'élevait le trophée de Salamine. L'eau de la mer, que les vagues agitées y jettent quelquefois , y séjourne, claire et tranquille, comme dans un bassin. On voit encore auprès du tombeau les débris du trophée. J'ai trouvé là une balle de plomb , de la forme d'une ohve aplatie et portant l'empreinte d'une étoile, qui a dû être lancée , il y a vingt et quelques siècles , par la fronde d'un Perse.

Ce n'est pas loin de ce trophée et de ce tombeau qu'est la ruine du tribunal du puits , où Thémistocle, avant d'aller mourir sur la terre étrangère, a peut-être demandé justice, mais en vain. Les exilés venaient, comme on sait, en appeler là du jugement qui les bannissait. Alcibiade y a com-

paru sur sou vaisseau , cai* les exilés plaidaient leur cause sans pouNoir toucher la terre de la patrie. Les avocats et les juges se ])arlaieut et se irpondaient rie la inei' et du rivage.

Alhèiu's saluait le pacha de l'iviliée!

Ceci n'est point une liction poétique, nmis un récit tout littéral.

?yOTE 23, PAC.E 101.

Et rilymetle embaumé ses royaumes d'abeilles.

Le Grand Seigneur prélève sur le miel de l'Hymette un tribut en nature, comme sur le mastic de Chics.

Le tableau qu'on donne ici en passant des produits et du commerce de la Grèce ne pouvait être qu'une indication. Au miel, au blé, au riz, aux raisins, aux figues, à la soie, aux bestiaux, il faudrait ajouter l'huile, le coton, le bois de construction, etc.

La Morée peut produire annuellement environ trente millions; elle en payait douze aux Turks.

NOTK 24, PA(ÎK 101.

De vingt libres états un esclave héritier

Aux vrais maîtres revend l'eau même des fontaines.

(Voy. Pouquevillc, \(»j(i[if. en (irèce., tome IL)

.•i2(i NOTES DU POÈME DE LA (iUECE.

iNOTK 25, PAGE 101.

Un eunuque au iront noir est le patron d'Athène^.

Athènes était SOUS la protection spéciale du grancl-euiuique (K\zlar-agassy, c'est-à-dire le maître des fdles'; elle formait son apanage.

lue jeune Athénienne, amenée esclave au sérail, a attiré, en 1()00, cette protection sur sa patrie.

NOTi: if), PAGi: 103.

Vn lioninie , en ce moment assis sur le rivai^e.

Kn traçant ce portrait j'avais devant les yeux la figure d'Odyssée; mais les discours que je lui prête, hien que je les aie entendu tenir par des Grecs, ne sont pas, il faut l'avouer, tout à fait sendilables à ceux qu'il tenait lui-même au temps où je l'ai vu en Grèce. Odyssée d'ailleurs, hien qu'il n&fùt pas fort lettré, l'était toutefois davantage (|ue je ne l'indique ici. .l'ai surtout voulu donner dans la ))ersonne de ce chef une idée du chef albanais en général.

>()Ti: 27, PAGE 10 i.

Et jamais aux pachas n'ont remis leuis épécs.

?fons nous trouvions un jour v^vec un Albanais dans la plaine de Troie. Nous lui ex|)liquions sur le lieu même les conihals d'Acliille et d'Hector, et toute la guerre des Grecs ronlrc les 1 Voxcns : u Mais les Turks? dit le soldat de Souli ,

Cosa facevano i Turch i ? que taisaient alors les Tiirks ? » Pendant tous nos beaux récits il avait été préoccupé d'une idée fixe. H ne comprenait pas un temps où il n'y eût pas de Tui'ks, et des guerres où ils ne fussent pas les ennemis.

>'OrE -28, PAGE 104.

Et je sais des chansons pleines de ces liéros.

Tout le monde a lu l'intéressant recueil de ^\. Tauriel, et l'ouvrage où M. Lemercier a fidèlement reproduit envers les chants des montagnards et des matelots grecs.

Andrutzos, père d"Odvssée, est surtout célèl)re par son héroïque retraite à travers la ^lorée en 1770, lorsque, après le départ de la flotte russe , il traversa avec sa petite armée l'espace qui sépare le élague de Vostitza , harcelé- par des bandes sans nond)re, et pendant une semaine entière livrant bataille presque a chaque heure du jour et de la nuit, sans pain et sans sommeil ; sau^ ant enfin ses trois cents braves après avoir laissé, dans un dernier combat, trois mille ïurks sur le champ de bataille. C'est la ce que disent les récits des Grecs, peut-être exagérés.

Lambros, pendant le même temps, faisait des prodiges sur mer. C'est ce Lambros qui , après l'abandon des Russes , ne pouvant plus servir la Grèce à la tète d'une ilotte , se fil corsaire pour la ser\ ir encore, ou du moins pour se venger.

Voyez, dans le recueil de M. Fauriel, les notices des chansons I, II, XII, XIV, XX, XXVII, XXXII, sur Christos, Boukovallas, Zidros, Zacharias, Andrikos, Kontoiannis, iNikotzara.

Kontoiannis parait, selon la conjecture fie M. Fauriel.

avoir, comme Andrutzos, Lambros et Colokotroni , père du chef actuel de ce nom, pris part à l'insurrection de 1770. Le sabre de Kontoiannis est célèbre , et se transmet de père en fds avec cette inscription :

O— Ole; Tupàvvc'JC ^î"' ^r,(ùil , K' È).£ijÔ£po; 'o riv (4'J<Ju.ov ^ri, Ao';a , -'.u/r. , ^fyvi tcj , Eî/ ao'vov TG cr.ih': to'j.

« A celui qui ne craint point les tvrans, qui vit libre dans « le monde, et dont la gloire et l'honneur sont la vie, à celui- « là seul appartient ce sabre. » ( Chamonn grecques.)

Ce jour, témoin fameux de la fuite d'Ali.

Célèbre combat du 20 juillet 1792. Ali-Pacha, qui avait vu du haut du mont Bogorizza les femmes de Souli et Moscho à leur tète décider la déroute de sou armée, quinze ou vingt fois plus nombreuse que celle des Souliotes, se sauva sans s'arrêter jusqu'à Janina , et y fit proclamer que les hal)itants eussent à se renfermer dans leurs maisons, avec l)eine de mort pour quiconque serait aperçu même à sa fenêtre. Tl ne voulait pas qu'on vît rentrer en ville les débris honteux de son armée.

11 avait fait crier à Moscho, dans la mêlée, qu'il ferait tuer son fils si elle allait plus avant , iar un fils de Moscho était alors eu otage à Janina ; mais elle lui répondit qu'elle en saurait faire un autre, comme la comtesse de Forli, qui , en pareille circonstance, fit comprendre la même chose, d'un geste plus expressif et plus énergique que toutes les paroles.

r.HAM" THOlSlk.MF. .T20

>'OTK 30, VXGL 105.

Et Moscho, qui portait en ce jour Irioniphant Sur un bras son fusil , sur l'autre sou entant.

« C'est ici Soiili lu laineuse, Soiili la reiioniiiiée , où vont « en guerre les petits enfants , les femmes et les filles , où la « femme de ïzavella Moscho ) combat le sabre à la main, « son nomTisson à ini bras, le fusil a l'antre, et le tablier « plein de cartouches. » ( Chansons fjrecques, tome 1.)

>()TK ;n, PA(iK 105.

Tonibèreiil , n\ rluinlanf . jusqucs à la dernière.

Elles étaient soixante. Ceci se passait le 1 5 ou 1 G décembre de l'année 1803, près de Zalongos, quatre jours après la prise de Souli.

C'est dans cette action que M. Ary Scheffer a puisé le sujet de son tableau des femmes souliotes, où il a reproduit avec un talent si remarquable, siu- les belles physionomies grecques , tous les genrts d'héroïsme et d'émotion qui ont pu naître d'une semblable catastrophe.

La prise de Souli a été représentée sur le théâtre d'Odessa. Une pièce existe chez nous, sur ce sujet, qui exciterait bien des nobles sentiments, si elle j)ouvait être jouée.

Il y a, dans cette pièce héroïque, la plus belle scène peutêtre qu'ait faite :\r. Lemercier, et dans cette scène, un mot, Oui, mon fils, qui porte la terreur jusqu'au subhme; avec ce simple mot, notre grand et cher Tahna eût fait frissonner une salle entière.

•nn NOTES DU POÈME DE LA GRÈCE.

>OTE 3-2, PA(.E 10(i.

II est un cliamp. noiiinié le ciiiunp de rAtiatlième.

Le lieu que ces vers désignent est à deux heures environ de Patras , sur un plateau qui dominait la plaine et le golfe (le cliamp de l'âne). 11 parait que cet usage d'auathématiser un coin de terre, en y jetant des pierres et des cailloux et en prononçant le nom d'un ennemi qu'on dévoue , n'est pas particulier à cet endroit. 'Voyez ce que dit à ce sujet Pou- ([ueville, Voijaf/e en Grèce ^ cliap. xcix. )

>OTE 33, PAGl:: 107.

L'autre lampe . éclairant l'image qui console . Commence à balancer sa veille de la nuit.

Les vaisseaux de l'Archipel ont leur l'anagie , comme ceux de la ^féditerranée leur Madone , devant l'image de laquelle une lampe suspendue hrùle toute la nuit.

>OTL 3i, PAC.i: 10 S.

La coupe de parfum au matelot ({ui prie A présenté du soir reiiccns habituel.

Dans les vaisseaux grecs, le soir, à TlieiUT de VAve Maria, on allume une coupe d'encens ([u'on laisse fumer un momenl dc\nnl riniagc de la Panot/ir, la Tnidc-Saintc: puis,

CHANT THOlSlKMi:. 331

après en a\(»ir parfumé et coiiiiik' saiictilu' rintéricMir du l);Uiineiit, ou va la présenter au capitaine, et tour a tour a chacun des matelots, (pii de la main attirent un peu d'encens 'sers leur \ isaw et l'ont le signe de la croix. Cet usage poétique doit tirer son origine de l'aucieune Grèce.

NOTES

DU CHANT OUATRIÈME

A\ez-vous Ml la reine de l'Aurore, La cité merveilleuse, épouse des sultans, Dont les palais léiiers. fragiles, éclatants . D'un triple amphitéàtre enchantent le Bosphore ?

]Vous plaçons ici la traduction anglaise :

"" Queen of the morn 1 Sultana of the Easl ' City of wonders, on \vhose sparkling breast, Fair. slight, and tall. a thousand palaces Fling their gay shadows over golden seas 1 Where to^vers and dômes bestud the gorgeous land . And countless masts, a mimic forest stand ; \Miere cypress shades the minaret's snowy hue And gleanis of gold dissolve in skies of blue. Daughter of Eastern art , the most divine , Lovely yet faithless bride of Constanline, Fair Istamboul, whose tranquil mirror ilings Back Avith delight thy thousand colourings. And vvho no equal in the world doth know, Save thy own image pictured thus belov.' !

Dazzled . amazed . nur eyes. half-hlinded . fail , While s\veeps the phantasm pasi our gliding sail ,

CHANT or.vrniKMK. Xi-.i

Like, as in l'estive scène, sonie sudden light Rises in clouds of stars upon fhe nio:ht.

Stiuck b\ il splondour noser seen bofore, Drunk irom the perfumes wasted from the shore, Approaching near thèse peopled groves , \ve deem Thaï from enchantment rose the gorgeous dream . Day without voire, and motion wilhout soiind , Silently beautifui ! The haunted ground Is paved with roofs beyond the bounds of sight , Countless , and colon red , wrapped in golden light. ' Mid gro\os of cypross, measiireless and vast . In thousand forms of circlos , crescenls , casf . Gold glitters, spangling ail the ^vide extent . And flashes back to Heaven the rays it sent. Gardens and dômes, bazaars begem the woods: Seraglios , harems , peopled solitudes , Where the veil'd idol kneels; and vistas through Barr'd lattices , that give the enamoured view , Flowers, orange-trees , and waters sparkling near, And black and lovely eyes. — Alas, that Fear, At those Heaven-gates , dark sentinel should stand, To scare even Fanry from her promisod land! "

iVOTK 3(;, pa(;e 112.

Ah! ([lie de sa splendeur 1 Hiiropéen séduit, etc.

On vante beauc<)ii|), et avec i-aison, le premier aspect de (iênes qnand on v arrive par mer, ceini de tapies quand on \ \ient par le golfe, l'entrée de Londres par la Tamise , couverte d'innombrables vaisseaux. Mais rien de cela n'éi^ale la première vue de Constantinople, lorstpie, venant du château des Sept T(>nrs, on voit s'avancer la pointe du sérail , la triple ville, et tout le Bosphore avec ses palais et

:j;ii NOTKS l)L l'OHMI- DK LA GRÈCE.

ses gulistaus {"). On ne sait plus où l'on est , il semble qu'on soit trompé par quelque illusion; il y a dans ce qu'on éprouve quelque chose du rêve. Mais il ne faut point aller voir de près et en détail le magique théâtre. Tout est bien sale deriière les décorations. Les coulisses sont partout mortelles à l'imagination.

Quand on pénètre dans l'intérieur de cette belle Constantinople, on ne voit plus que des rues mal pavées, étroites, tortueuses; point ou peu de belles maisons. Toutes ces maisons de bois, peintes en rouge et en noir, ouvrent la plus grande partie de leurs fenêtres sur une cour intérieure : il est facile de concevoir ([uel aspect inanimé cela donne aux rues, qui ont l'air de ruelles; on se figure que la véritable l'ue est de l'autre coté. De la tristesse, du silence; quelques bruits d'eau, quelques fontaines, auprès desquelles sont assis sans parler des gens à gros turbans gris qui font la pobce avec un bâton '' ; quelques places où l'on trouve des arabas ou chariots tout attelés de leurs bœufs, et des chevaux de main tout bridés, ([ui attendent les passants, comme font nos fiacres et nos cabriolets ; çâ et là quel([ue Turk à cheval suivi d'un ou de])lusieurs serviteurs, quekpie femme voilée qu'accojnpagne une négresse, ([nel((ue men-

(•■) Jardins (II- (leuis.

C") Ceci élail exact liîer encore, cl iic l'est déjà plus atijourd'liui. Depuis la deslriiclion des janissaires, ces gens, qui appartenaient au corps dt!> janissaires, ont disparu. Quelqu'un qui arrive en ce moment de Constantinople, dit (|ue l'aspect de celte ville a changé, et que la i-évointion qu'y a faite le sultan Mahmoud lui a donne un air presque européen. Ainsi, an lieu de es hommes assis et armés de hâtons, on voit se pvomener, comme dans nos villes d'Europe, des sentinelles armées de fusils, des patrouilles, elc. (1827.)

cil A. NT orATJUKMi:. 335

(liante tendant la main : voilà l'intérieur de Constantiuople. Ce serait en omettre le trait le plus caractéristique et le plus général (pie d'oublier les chiens (pii remplissent les rues et qui occupent en lou<;ues files la place du ruisseau. Ils sont là dans des trous avec leurs petits, au milieu de la poussière et des diilfons. 3Iaip;res, endormis, malades, ils obstruent incessamment le passa^^e; on est toujours au moment de leur marcher sur le corps : ils ne se dérangent jamais; ils se sentent cbez eux. ILs vivent là, pauvres et dénués qu'ils sont, de la charité des fidèles. Lorsque quelque Turk s'arrête devant une bonticpic de boulanger pour y acheter du pain et en faire la distribution aux chiens du quartier, il est curieux de les voir tous deviner dès l'abord son intention, se réunir en cercle autour de lui, le regarder tirer son argent de sa poche en suivant de la tète tous ses mouvements. Chaque quartier a ses chiens, et un chien en chef qui domine les autres. Ils ne se jettent sur la pitance que lorsque le chien a'ja a donné le signal en prenant luimême un lopin. Si un chien d'un autre (piartier venait prendre part à leur banquet, il serait reconduit de suite par la rue entière, et non sans morsures.

Les bazars et les bézestins sont peu lemarquables, si ce n'est par leur saleté, et il faut toujours les traverser avec précaution à cause de la ])este. Les cafés sont nombreux, uiais un aveugle pourrait les croire vides, tant la foule y l'ait silence. On les voit remplis de Turks et d'hommes de toutes nations qui fument ; si l'on v cause , c'est à voix basse.

Quelque chose pourtant rappelle dans ces rues et dans ces places r(''clat dont la première vue de Constantinople a frappé Tétranger. L\ril est attiré (;ii et la par quelque belle

mosquée ou quelque l)rillante chapelle de sultan dont on aperçoit, à travers un grillage , les tombeaux recouverts de cachemires et éclairés d'énormes cierges, auprès desquels un prêtre lit et prie nuit et jour. Chaque diapelle de sultan a auprès d'elle sa fontaine , son école publique, et souvent un hospice. Les grandes mosquées ont de même leur hospice , leur collège et leur fontaine. Les mosquées sont innombrables à Constanîinople. Les plus belles de toutes, sans parler de Sainte-Sophie, ([u'il faut d'abord admirer pour obéir à l'usage, sont la Suleïmaniè , celle de ?Nouri- Osmani (la lumière d'Osman), et surtout celle du sultan Ahmed, près de l'Atmeidan (hippodrome), bâtie par le sultan dont elle porte le nom, au temps où Henri IV et Louis \lll régnaient en France. La porte de cette charmante mosquée, modèle d'architecture moresque, est un des ouvrages les plus élégants qui aient été faits en ce genre ; et tout l'édifice, entouré de beaux platanes et de beaux cyprès, éclate avec grâce au milieu de la verdure. On ne saurait oublier parmi les splendeurs de Constantinople la fontaine de Top-hana et celle de Sainte-Sophie. L'eau est le plus grand luxe de cette capitale.

Le sérail, espèce de quatrième Aille ajoutée à la ville hanke, à la ville turque et à Scutari, est grand connue l'est à Paris le faubourg Saint-Germain ou au moins toute l'île Notre-Dame; dix mille personnes y habitent, employées aux plaisirs, au service ou à la garde du sultan. Il en |)ourrait contenir le double. Il est diflicile d'y pénétrer plus avant que la première, ou , par grande faveur, la seconde cour. Les dômes, les globes d'or, les coupoles (pi'on voit s'élever derrière les hauts uuus, du milieu des ombrages.

semblent annoncer nne grande magnificence; mais dans l'intérienr, les appartements, ceux du sultan lui-même, sont loin, dit-on, d'être aussi splendides que l'imagination pourrait le supposer, bien qu'ils ne soient pas toutefois sans richesse et sans éclat. Ce sont des salles où les dorures ne manquent pas, mais souvent peu éclairées, sans autres meubles que des divans et des nattes ou des tapis , sans autre ornement» sui- les murs que des chiffres de sultans, ou qiiel- ([ues versets du Coran , ou quelques peintures qui représentent des arabesques et des fleurs (").

Trois fléaux parmi les cyprès Élever leurs formes affreuses.

Cette fiction en est à peine une. La présence de ces trois fléaux détruit bien vite en réalité l'enchantement que la |)remière vue de Constantinople pouvait faire éprouver.

{') On sait qui* les Tiuks ne peignent jamais de personnages ; leur religion le leur a défendu, pour les détourner du culte des idoles. L'ne singulière superstition prête sa force aux préceptes du Coran, les Mémoires r/'im Grec parlent d'un tableau représentant une bataille : on y voyait peint avec une grande exactitude les vaisseaux, les boulets sillonnant l'air, les Imnibes éclatant sur une ville ; il n'y nianipiait cpi'une cliosc : les combattants. Les Turks croitint (ju'après leur mort, an jour du jiigomcnt , les (lersonnages qu'ils auraient créés sur la toile pourraient venir leur demander une âme.

Cependant on voit dans la mosquée de Sainte-Sophie deux figures colossales d'anges à genoux, conservées du temps de Constantin. Nous demandions à des Turks comment, dans la principale mosquée de Constantinople, on avait pu laisser, contre la euutume et la religion , ces deux statues ailées. « Quoi! dirent-ils, ces deux grands oiseaux? » et ils ne surent en donner la raison, ("es (igures d'anges ont sans doute été laissée;» là comme trophées de victoire.

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